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Jean-Michel Basquiat, consumé par la gloire

PORTRAIT - Le peintre décédé d'une overdose à 28 ans est considéré comme l'un des génies de son art.

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L'Homme du jour du 04 octobre 2018 Crédit Image : Anatol Knotek / Rex Fea/REX/SIPA | Crédit Média : Isabelle Choquet | Durée : | Date : La page de l'émission
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet Journaliste RTL

Il est au coeur d'une exposition événement à la Fondation Louis Vuitton et depuis quelques jours, une place de Paris porte son nom : Jean-Michel Basquiat est à l'honneur. 

C'est un génie devenue une marque de luxe. 110 millions de dollars pour son nom au bas d'une toile, c'est le record. Les people se l'arrachent : Johnny Depp, Robert De Niro. Une décennie de création, et Basquiat a bouleversé l'art contemporain : 1.000 toiles, 2.000 dessins, une explosion de formes, de couleurs, de sons, un mélange détonant. 

Picasso, Matisse, Warhol, la Bible, le jazz, Charlie Parker et Malcolm X, les masques africains, le vaudou, la BD, les collages. Bande-son des années 80, punk trépidant, hip-hop syncopé, new wave hypnotique... Et puis des mots, chinés comme de vieux objets : poèmes, interjections, menu de restaurant... Des mots raturés comme bâillonnés : racisme, exclusion. Comme en musique, il fait du sampling, de la récup, du recyclage. Le gamin de Brooklyn capte la vie et restitue son monde.

Son seul objectif : la célébrité

D'abord des dessins d'enfants, les musées, les leçons de peinture. Et puis sa mère dépressive, finalement internée. Son père haïtien autoritaire, la rage adolescente. La chambre graffitée du sol au plafond déjà, il fume du shit et sniffe de la colle, déjà. 

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Tout l'ennuie : la politique, la religion, l'école. Pas de diplôme mais une incroyable culture artistique. Il commence à graffer dans les bas-fonds sous le nom de Samo : "Same old shit", toujours la même merde. Il court les soirées, court les filles, tire le diable par la queue. Un seul objectif : être connu, et ça marche. 

Alors il graffe "Samo is dead", tue le gamin des rues et devient Basquiat le peintre, la coqueluche du New York artistique. Il y croise forcément Andy Warhol, mentor, collaborateur, rival aussi... Mais ami toujours. La presse adoube l'enfant radieux : poétique, excentrique qui change de coiffure comme d'humeur  : dreadlocks, iroquois... Un jour même, crâne à moitié rasé, pour donner l'impression de rentrer et sortir en même temps.

Anéanti par la mort d'Andy Warhol

Années 80, années fric et années flambe. Il vit comme une pop star, butine Madonna, voyage en Concorde... Pieds nus en costume Armani, il aligne les billets et les rails de coke. L'argent lui brûle les doigts, la drogue lui brûle la cervelle, il devient parano. Il peint, il dessine, pas toujours bien, mais toujours plus, plus de toiles, plus d'argent, plus de drogue... 

Puis Warhol meurt. Inconsolable, Basquiat est anéanti. "Plus personne à qui parler", dit-il. Il meurt l'année suivante d'une overdose, à 28 ans. "Jean-Michel a vécu comme une flamme", dit un graffeur. "Il s'est consumé dans une lumière vive. Puis le feu s'est éteint. Mais les braises sont encore chaudes."

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Dans les coulisses de l'expo consacrée à Basquiat Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : M6 | Date :
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