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D'où vient l'expression "passer du coq à l'âne" ?

D'où vient donc l'étonnante expression "passer du coq à l'âne"? Muriel Gilbert nous surprend, une fois encore...

Un statue représentant un coq, un chat, un chien et un âne en Allemagne
Un statue représentant un coq, un chat, un chien et un âne en Allemagne
Crédit : Patrik Stollarz / AFP
Un bonbon sur la langue : Les expressions
03:15
Muriel Gilbert

En ce moment, amis des mots, on est branchés expressions, vous et moi. J’ai reçu un message cette semaine sur langue@rtl.fr de Baptiste, âgé de 15 ans, qui vit dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il se demande (il paraît que ça le "taraude") à quelle figure de style correspond l’expression "passer du coq à l’âne". Il y a des dizaines de figures de style, mais ici on a affaire à une métaphore, tout simplement.

Rappelons que, selon le Larousse, c’est ce "procédé par lequel on substitue à la signification d’un mot ou d’un groupe de mots une autre signification qui s’y rapporte, en vertu d’une analogie ou d’une comparaison implicite". Et il donne l’exemple de "l’hiver de la vie" pour évoquer la vieillesse.

Au passage, ce côté implicite, cher Baptiste, c’est ce qui fait la différence entre métaphore et comparaison. Si vous dites "la vieillesse, c’est comme l’hiver", ce n’est plus une métaphore, c’est une comparaison.

L'évolution de l'orthographe en cause

Mais d’où vient cette image bizarre "du coq à l’âne" ? Sauter du coq à l’âne, c’est passer sans logique apparente, de manière désordonnée, d’un sujet à l’autre. Le coq et l’âne ont si peu en commun que cela fait image. Mais Claude Duneton, l’un des papes français des expressions, fait l’hypothèse dans son livre intitulé La Puce à l’oreille qu’il pourrait s’agir d’une erreur, et d’un saut entre espèces moins grand qu’il n’y paraît.

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Car figurez-vous que, "jusqu’à la fin du XIIIe siècle au moins, l’ane [sans accent circonflexe] est le mot (…) qui désigne la cane, la femelle du canard". Or le terme s’est "peu à peu confondu avec asne, le baudet", qui s’écrivait à l’origine ASNE, mais dont on a cessé de prononcer le S (qui s’est transformé en accent circonflexe sur le A). Mais l’ane-palmipède et l’âne-baudet étaient trop proches, cela prêtait à confusion, et c’est le baudet qui a gagné : il a gardé le nom d’"âne".

Mais comment la cane est-elle devenue… cane ? Eh bien, au XIIIe siècle également, caner signifiait "caqueter" : de là on a formé le nom du canard (le "caquetard", en quelque sorte). Et sa femelle est devenue la cane, mot qui avait par ailleurs l’avantage de ressembler à son ancien nom, ane.

Cane ou canne ?

Petit point orthographe en passant on écrit sans trait d’union "passer du coq à l’âne" mais avec deux traits d’union "faire un coq-à-l’âne". Pourquoi ? Parce que, en mettant un article devant "un coq-à-l’âne", on a créé un nom commun, "coq-à-l’âne", ce que l’on matérialise par ces petits traits qui "unissent", comme leur nom l’indique, les différentes parties du nom.

Ah, et ne confondez plus (je vois souvent cette erreur) la cane, femelle du canard, qui ne prend qu’un N, et toutes les autres cannes (celles qui servent à marcher, à pêcher, à faire du sucre… que sais-je ?) qui ont deux N. Mon truc pour ne pas l’oublier ? Mme Canard a deux ailes mais un seul N !

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