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Alain Finkielkraut entre à l'Académie française

Le philosophe va devenir un immortel ce jeudi 28 janvier après une cérémonie et une élection polémiques du fait de sa personnalité "clivante".

Alain Finkielkraut, le 10 avril 2014
Alain Finkielkraut, le 10 avril 2014 Crédit : AFP
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron
Journaliste RTL

Alain Finkielkraut a été élu non sans grincements de dents en 2014 à l'Académie française. L'écrivain qui se qualifie d'"héritier des Lumières" est considéré comme un "néo-réac" par ses détracteurs. Il sera reçu jeudi 28 janvier sous la coupole. L'écrivain s'est dit intimidé au micro de RTL et très angoissé par le discours qu'il doit prononcer. "Je suis intimidé, je sais qu'il y aura des roulements de tambours, je mettrai le costume que j'ai essayé, j'aurai l’épée à la main, je devrai présenter mon discours debout devant une salle pleine donc j'ai toutes les raisons d'avoir peur mais les dés sont jetés", a-t-il déclaré

S'il est ravi de rejoindre cette noble institution fondée par le cardinal de Richelieu, son élection n'est pourtant pas allée de soi. Il a certes été élu au premier tour par 16 voix sur 28 mais son nom avait été barré d'une croix, en signe de désaveu, sur huit bulletins. Car l'essayiste de 66 ans, habitué des plateaux de télévision et animateur d'une émission de philosophie à la radio, est une personnalité "clivante" et donne des coups autant qu'il en reçoit. "Je suis maintenant l'élu de tous, j'en accepte l'augure. Pour le reste, beaucoup de gens d'une certaine gauche refusent de regarder une certaine réalité en face, je suis traité de néo-réac et je sais que ça va continuer", a reconnu Alain Finkielkraut sur RTL. Il se dit prêt à faire face aux critiques et s'adonner aux joutes verbales qu'il aime tant.

Une épée ornée d'une vache normande

Comme le veut la tradition, Alain Finkielkraut, enfant unique de juifs polonais rescapés de la Shoah, fera jeudi l'éloge de son prédécesseur sous la coupole, le dramaturge d'origine belge, Félicien Marceau. Reporter à Radio Bruxelles entre 1940 et 1942, Félicien Marceau fut condamné par contumace à la Libération à 15 ans de prison pour collaboration avant que le général de Gaulle ne lui accorde la nationalité française. 

Avant la cérémonie, ses amis lui ont remis son épée d'académicien. Sur cette arme symbolique, le philosophe a demandé que soit gravée une vache normande, un Aleph, première lettre de l'alphabet hébraïque, et cette phrase de Charles Péguy qui résume son engagement: "La République Une et indivisible, notre royaume de France". 

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