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Un peu plus d'un millions de téléphones 2G sont encore actifs à l'approche de l'extinction du réseau en France
Crédit : AFP
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Un téléphone chargé, mais incapable d'appeler les secours, un usager bloqué dans un ascenseur dont le bouton SOS ne répond plus, ou une personne âgée tombée seule chez elle, sans que son médaillon puisse donner l'alerte... Ces situations pourraient devenir réalité d'ici la fin de l'année pour les appareils connectés en 2G, ce réseau vieillissant et énergivore appelé à disparaître dans les prochaines semaines.
L'extinction nationale de la 2G est entrée dans sa dernière ligne droite en France. Après trente ans de service, les opérateurs débranchent progressivement cette technologie lancée dans les années 1990 pour passer des appels et s'envoyer des messages entre téléphones portables, puis tombée en désuétude à l'heure de la 4G et de la 5G.
Orange a commencé à éteindre ses premières lignes le 31 mars dans une dizaine de départements du Sud-Ouest, du Lot à la côte basque. La ville de Nice suivra ce mardi 22 septembre, avant deux vagues les 6 et 20 octobre dans le reste des métropoles. SFR et Bouygues Telecom lui emboîteront le pas entre mi-novembre et mi-décembre.
À trois mois de l'échéance, un constat s'impose : la France n'est pas prête à achever la bascule. L'Arcep, le régulateur chargé de veiller à ce que l'extinction du réseau respecte l'équilibre concurrentiel et l'intérêt des consommateurs, assure à RTL que le rythme actuel ne permettra pas de renouveler tout le parc avant les dernières extinctions nationales. Les campagnes d'information et les reprises des opérateurs n'ont pas suffi à accélérer la transition.
Selon nos informations, un peu plus d'un million de cartes SIM étaient encore utilisées dans des téléphones uniquement 2G fin juin, et leur nombre n'a diminué que d'environ 150.000 depuis les derniers chiffres communiqués par l'Arcep fin mars.
Derrière ces appareils se trouvent souvent des personnes âgées, qui n'ont jamais ressenti le besoin de passer au smartphone. "Une grosse partie des utilisateurs 2G sont des seniors dont les usages se limitent aux appels et aux SMS et qui ne voyaient pas l'intérêt de changer tant que leur téléphone fonctionnait", explique à RTL Valérie Olek, directrice France de Doro, fabricant spécialisé dans les téléphones destinés à cette cible.
À clapet ou à grosses touches, ces mobiles offrent un écran lisible et parfois un bouton SOS. S'ils fonctionnent uniquement en 2G, ils ne pourront plus appeler ni envoyer de SMS après la coupure, même pour joindre les secours.
Pour savoir si un mobile est concerné, plusieurs indices peuvent mettre la puce à l'oreille : des réseaux disponibles en Edge ou en 2G, la référence du modèle, ou une date d'achat supérieure à 10 ans. Le plus simple restant toutefois de contacter son opérateur qui pourra vérifier directement la compatibilité du terminal et confirmer s'il doit être remplacé.
Les opérateurs ont commencé depuis plusieurs mois à prévenir leurs clients par SMS ou par courrier. "Certains seniors se demandent si c'est bien vrai ou s'il s'agit d'une arnaque", constate Valérie Olek.
Changer ne signifie pas nécessairement acheter un smartphone coûteux. Les premiers téléphones 4G à grosses touches sont vendus autour de 40 euros. La plupart coûtent moins de 100 euros et les modèles les plus équipés environ 130 euros. Certains opérateurs proposent également des appareils à prix réduit avec leurs forfaits.
Pour certains utilisateurs, cette extinction peut toutefois être l'occasion de franchir le pas du smartphone. "La question revient souvent. Est-ce que je reste sur le même type de téléphone ou est-ce que je passe au smartphone ?", explique Valérie Olek.
Recevoir les photos des petits-enfants, rejoindre le groupe WhatsApp de la famille, utiliser une application de transport ou réaliser certaines démarches administratives peuvent finir par faire pencher la balance
L'enjeu dépasse largement les seuls téléphones. Pendant des années, la 2G a été intégrée à une multitude d'équipements qui n'avaient besoin que de transmettre quelques données ou de passer un appel.
Plus de 600.000 appareils connectés restent également à adapter. Environ 200.000 dispositifs de téléassistance doivent ainsi encore être remplacés. Ce sont notamment les bracelets ou médaillons portés par des personnes âgées pour appeler à l'aide en cas de chute. Si une personne tombe seule chez elle et que son appareil dépend toujours de la 2G après la coupure, l'alerte ne pourra plus être transmise.
Le remplacement du matériel est dans ce cas à la charge du prestataire de téléassistance. Les utilisateurs ou leurs proches peuvent néanmoins le contacter dès maintenant pour vérifier que leur équipement est bien compatible avec la 4G.
Le même problème se pose dans les ascenseurs. Environ 230.000 systèmes de téléalarme doivent migrer vers une technologie plus récente. Mais la mise à niveau prend du temps.
"Les syndics ont déjà signé les ordres de service aux ascensoristes. Mais chaque boîtier doit être remplacé physiquement par un technicien. Les interventions avancent donc au fil de l'eau en fonction des livraisons de matériel et des disponibilités. Certaines devraient encore se poursuivre en 2027", indique à RTL l'Unis, première organisation dédiée aux professionnels de l'immobilier.
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