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Mise en orbite de la première fusée privée européenne : "Ça donne un coup de vieux à Ariane", souligne François Lenglet

Isar, start-up allemande, a réussi son premier lancement spatial avec mise en orbite samedi 5 septembre 2026. Si cette prouesse annonce un nouveau canal de lancement pour l'Europe, François Lenglet questionne l'efficacité des fusées Ariane.

La fusée Ariane 6 à Kourou (image d'illustration).

Crédit : jody amiet / AFP

Mise sur orbite de la première fusée privée européenne : une vraie révolution mais aussi un clou dans le cercueil d'Ariane

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Mise sur orbite de la première fusée privée européenne : une vraie révolution mais aussi un clou dans le cercueil d'Ariane

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François Lenglet - édité par Marie-Lys de Fremond

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Samedi 5 septembre avait lieu le décollage de la fusée Spectrum depuis le nord de la Norvège. Derrière son lancement se trouve ISAR, start-up allemande et première société privée européenne à avoir réussi un lancement spatial avec mise en orbite de cinq petits satellites. L'événement est révolutionnaire, d'autant plus qu'il signe la naissance d'un nouveau canal de lancement pour l'Europe, au moment où ses besoins de lancement de satellites civils, militaires et scientifiques explosent. 

L'Europe, numéro 1 avec Ariane il n'y a pas si longtemps, est aujourd'hui tellement démunie qu'elle aurait été bientôt obligée de faire appel aux capacités de lancement américaines. En cause, Ariane 6, la fusée européenne et largement française, a été beaucoup plus longue que prévu à mettre au point et ne peut réaliser qu'une dizaine de lancements par an. L'italienne Vega a quant à elle subi un grave revers et a été arrêtée, tandis que le lanceur russe Soyouz est inaccessible depuis l'invasion de l'Ukraine. 

Le fossé entre l'Europe et les Etats-Unis

En 2025, l'Europe a réalisé sept lancements : 4 pour Ariane et 3 pour Vega, alors que sur la même année les États-Unis en ont réalisé 181, dont 170 attribués à SpaceX. Soit un lancement américain tous les deux jours contre un lancement européen tous les deux mois. À noter également, la différence de prix : SpaceX est à 2.000 dollars le kilo lancé, alors qu'avec Ariane la facture grimpe à 5.000 dollars.

Mais la fusée est surtout ralentie par des règles européennes exigeantes, notamment celles du retour géographique. Dès qu'un pays européen investit dans le projet, il est en droit d'exiger qu'une partie du matériel soit fabriquée sur son sol. La géographie industrielle d'Ariane occasionne donc d'interminables marchandages, et un surcoût d'au moins 10%.

L'émergence mondiale du secteur spatial privé

Ainsi, l'allemand Spectrum, qui va monter en puissance avec des coûts plus faibles, est une bonne nouvelle pour l'autonomie européenne mais reste un concurrent pour Ariane. Celle-ci va d'ailleurs lancer sa propre startup Maya, qui ambitionne de fabriquer des fusées réutilisables à l'instar d'Elon Musk. 

À écouter aussi

L'héritage de l'ancien monde du spatial, où tout était public et sous le contrôle d'agences gouvernementales, est donc fini. Le secteur a été investi par le privé aux États-Unis, et l'Europe suit avec dix ans de retard. Sans oublier que les États-Unis bénéficient de deux avantages : la souplesse du privé pour l'exécution, et l'importance des commandes publiques, notamment militaires, qui sont quatre à cinq fois supérieures à celles de tous les pays européens réunis.

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