3 min de lecture

Un indice "extrêmement mauvais" : comment les fumées des incendies affectent la qualité de l'air dans le Sud-Ouest

L'indice de la qualité de l'air reste "mauvais" à "extrêmement mauvais" sur une large partie de la Gironde et des Landes, en raison des incendies qui sévissent dans ces deux départements. Car les fumées contiennent un mélange de gaz et de particules fines qui affectent la qualité de l'air.

Une photographie prise le 24 juillet 2026 montre l'entrée de la ville de Biscarosse, dans le sud-ouest de la France, sous un ciel voilé d'un gris jaunâtre par la fumée d'un incendie de forêt qui se propage dans les environs.

Crédit : ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Laurène Rocheteau

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Un air irrespirable ? L'indice de qualité de l'air reste "mauvais" voire "extrêmement mauvais" sur une large partie de la Gironde et des Landes, en proie aux incendies depuis bientôt une semaine. Les fumées dégagées par un incendie peuvent "contenir des particules et différents composés irritants susceptibles d’avoir des effets sur la santé, notamment chez les personnes sensibles", rappelle Atmo Nouvelle-Aquitaine, la branche locale de l'observatoire de la qualité de l'air. 

Publié chaque jour sur une échelle allant de "bon" à "extrêmement mauvais", l'indice Atmo est établi sur le même principe que l'indice européen de la qualité de l'air, c'est-à-dire en calculant les concentrations de cinq mêmes polluants : l'ozone, le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre, et les particules en suspension dites "particules fines" (PM10 et PM2.5). 


Sur la commune de Biscarrosse, par exemple, où l'incendie est toujours en cours ce lundi, les indices pour les particules fines PM10 et PM2.5 sont tous les deux "extrêmement mauvais" ce lundi, et devraient le rester pour la journée de mardi. 


"Les fumées d'un incendie peuvent être transportées sur plusieurs dizaines de kilomètres par le vent", rappelle Atmo. C'est d'ailleurs pour cela que les fumées de l'incendie ont été perçues par des habitants vivant très loin de la zone des incendies ces derniers jours. Sur les réseaux sociaux, certains habitants de Lyon affirmaient même ce week-end sentir la fumée des incendies en Gironde, poussée vers l'est par le vent. 

Une évolution rapide en fonction du vent

Le site Feuxgironde.fr, qui modélise l'évolution prévue du panache de fumée en fonction des données météorologiques, montre bien l'impact du vent : alors qu'une tache violette sur la carte symbolise un panache de fumée au-dessus des Landes et de la Gironde qui s'étend jusqu'au Tarn-et-Garonne ce lundi, le changement prévu du sens du vent dans les prochaines 24 heures semble dissiper le nuage de fumée sur ce modèle météo. 

À écouter aussi

Cette éclaircie du ciel pourrait toutefois n'être que de courte durée, car une nouvelle dégradation des conditions météo pourrait bien compliquer la tâche des pompiers mobilisés sur le front des incendies dans les prochains jours. Avec l'arrivée d'une nouvelle vague de chaleur, le taux d'humidité va chuter : de 50% ce lundi après-midi, il passera à 30% mardi. 


Mais le vent va surtout changer de direction à plusieurs reprises : de nord-nord-est, il changera en vent d'est à sud-est ce mardi, avant un retour du vent d'ouest mercredi, ce qui pourrait de nouveau ramener des fumées vers l'intérieur du territoire et signifie surtout que les flammes devront être combattues dans tous les sens. 

Bien suivre les recommandations

Pour la journée de mardi, "des indices mauvais, très mauvais et extrêmement mauvais sont prévus sur une grande partie de la Gironde et des Landes", prévient Atmo Nouvelle-Aquitaine, qui rappelle que les "fumées d'incendie contiennent un mélange de gaz et de particules fines pouvant irriter les yeux, le nez, la gorge ou les voies respiratoires". L'observatoire recommande alors, pour les habitants qui peuvent encore rester chez eux, de "limiter l’entrée des fumées dans les habitations en gardant les fenêtres et les portes fermées lorsque le panache est présent". 

Le pneumologue Mathieu Molimard, pharmacologue au CHU de Bordeaux, rappelle quant à lui que même si le port du masque FFP2 est fortement recommandé pour les populations vivant dans le secteur, il "ne protège pas vis-à-vis des gaz, du monoxyde d'azote produit par les fumées, des aldéhydes, notamment l'acroléine qui nous irrite quand on ressent la fumée, tout cela n'est pas filtré."

"Le masque FFP2, c'est mieux que rien, mais ce n'est pas la solution à tout. On peut se protéger avec lorsqu'on n'a pas le choix, que l'on doit absolument faire quelque chose à l'extérieur et qu'il y a des fumées", ajoute-t-il, rappelant au passage qu'il "faut l'avoir bien ajusté sur le visage parce qu'un masque mal mis ne sert à rien. En outre, sa durée de vie, entre 4 et 8 heures, est limitée : une fois humidifié par la respiration, il ne filtre plus correctement".

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée