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Surmortalité à cause de la canicule : sur RTL, l'urgentiste Bruno Mégarbane regrette que des mesures n'aient pas été prises "bien en amont"

Invité de RTL, le chef du service des urgences de l'hôpital Lariboisière dénonce une impréparation face au réchauffement climatique, qui a occasionné un bond de mortalité cet été.

Le professeur Bruno Mégarbane, chef du service des urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris, sur RTL le 20 août 2026

Crédit : RTL

Surmortalité à cause de la canicule : sur RTL, l'urgentiste Bruno Mégarbane regrette que des mesures n'aient pas été prises "bien en amont"

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Stéphane Boudsocq & Benjamin Pierret

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7.300 : c'est le nombre de personnes mortes à la suite de vagues de canicule de l'été 2026. Le bilan qui n'est pas définitif - il sera publié au mois d'octobre - mais une donnée est déjà certaine : les plus de 75 ans constituent les principales victimes de ce bond de mortalité. Pour le chef du service des urgences de l'hôpital Lariboisière Bruno Mégarbane, invité ce jeudi 20 août sur RTL, ce chiffre est la résultante d'une impréparation. 

Fin juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la livraison de 30.000 climatiseurs dans les hôpitaux. Une décision salutaire mais tardive, selon le spécialiste : "On regrette que ces mesures n'aient pas été prises bien en amont", déclare-t-il. 

"On sait qu'on est dans une période de réchauffement climatique et que les étés vont être de plus en plus difficiles. Or, beaucoup d'hôpitaux ne sont pas climatisés : on estime qu'à peu près 50% des lits d'hospitalisation qui peuvent accueillir des patients fragiles ne sont pas climatisés. La température à l'extérieur n'est pas compatible avec un soin adéquat, et expose le patient à un risque de coup de chaleur y compris à l'hôpital."

Les coups de chaud, "une agression extrême du corps"

Des coups de chaleur qui peuvent être fatals : "Quand on fait un coup de chaleur important, amenant aux urgences puis faisant l'objet une hospitalisation en réanimation, malheureusement on ne s’adapte jamais. On va perdre de la fonctionnalité et de l'espérance de vie dans les années qui viennent (...) C'est une vraie agression extrême du corps humain, c'est très violent et tous les organes en gardent des séquelles. Notamment le système nerveux central : il peut y avoir des séquelles, une perte d'autonomie importante."

Bruno Mégarbane souligne, néanmoins, les efforts de solidarité envers les personnes âgées observés ces dernières semaines : "Le nombre de morts correspond à 50% des morts de la canicule de 2003 malgré des températures plus élevées cette année." Un progrès dû, selon lui, aux registres de personnes fragiles mis en place au niveau communal, ainsi qu'à la création, "dans les Ehpad, de pièces climatisées ou rafraîchies pour accueillir les plus fragiles. "Mais malheureusement ça n'a pas suffi", conclut-il. "Encore beaucoup de sujets âgés restent isolés dans des appartements inadaptés."

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