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Des Roms de bidonvilles recrutés en service civique pour accompagner leur communauté

24 jeunes Roms qui vivent dans des bidonvilles de la région parisienne ont été recrutés en service civique dans le cadre du projet "Romcivic" lancé par l'association Les Enfants du Canal.

Un camp de Roms à Saint-Ouen, le 27 novembre 2013 (photo d'illustration).
Un camp de Roms à Saint-Ouen, le 27 novembre 2013 (photo d'illustration). Crédit : AFP / KENZO TRIBOUILLARD
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

"On veut travailler comme tout le monde, avoir une vie normale, une vie comme toi." Pour la première fois, Romario et une vingtaine d'autres Roms exclus du marché du travail se sont engagés en service civique, premier pas vers une formation et peut-être un logement. Depuis novembre, 24 jeunes Roms qui vivent dans des bidonvilles de la région parisienne ont été recrutés en service civique dans le cadre du projet "Romcivic" lancé par l'association Les Enfants du Canal. L'objectif est d'intégrer ces jeunes en France et de leur offrir, au bout, l'opportunité de faire une formation.

Le service civique permet à des jeunes de 16 à 25 ans d'effectuer une mission d'intérêt général sur six à douze mois. Depuis sa création en 2010, 60.000 volontaires (58% de femmes en 2013) se sont engagés, selon l'agence du service civique. Pendant dix mois, à raison de 24 heures par semaine, ces Roms sont sensibilisés aux fondamentaux du droit grâce à la Ligue des droits de l'Homme et travaillent dans des campements qui ne sont pas les leurs, accompagnant une population peu francophone dans ses démarches administratives. Une mission pour laquelle ils perçoivent 467 euros mensuels.

"Pour travailler en France il faut parler le français"

Sur le quai de la gare vers la banlieue sud de Paris, Romario, 18 ans, marche vite, l'air décidé, prêt à retourner au campement de Montgeron où vivent une centaine de personnes, dont une quinzaine d'enfants. Avec ses coéquipiers, ils doivent retrouver une femme âgée et l'accompagner à l'hôpital. Dans cette petite commune d'Essonne, une centaine de personnes vivent discrètement dans un bidonville propret pris en étau entre un supermarché et une route où le ballet des voitures est incessant. A l'arrivée des jeunes en service civique, les habitants s'empressent de les convier dans leurs bicoques pour énumérer leurs problèmes.

Dans une pièce, Romario traduit les réclamations du jeune Roberto, qui souffre d'une hernie discale. "Nous reviendrons dans cinq jours pour t'emmener à l'hôpital", le rassure-il, sous le regard hagard du reste de la famille, figée sur les trois lits qui meublent la petite pièce chauffée par un poêle. Le contact n'a pas toujours été facile entre la population et les jeunes en service civique. "Évidemment, certains nous ont demandé au début 'comment vous avez fait pour être recrutés?'", confie Romario. La volonté ne suffit pas, selon lui, car "pour travailler en France il faut d'abord connaître la société française et parler le français".

Sceptiques sur la place d'une femme

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"C'est la première fois que je travaille de manière légale", reconnaît pour sa part Alina, 24 ans. Grâce à ses nouvelles connaissances en droit, cette mère de deux enfants n'a pas hésité à tenir tête aux forces de l'ordre avant l'évacuation de son propre campement, en décembre, démontrant ainsi sa détermination aux autres habitants, quelque peu sceptiques quant à la place d'une femme dans l'équipe du service civique.

"Ils ne nous font pas beaucoup confiance les gens dans les campements, parce qu'ils disent 'hier et avant-hier tu as été comme nous maintenant tu es plus blanc que nous?'", se désole-t-elle. "Pourquoi tu viens nous demander à nous ce qu'on vit, ce qu'on fait, ce qu'on mange puisque tu es comme nous?", lui disait-on, raconte encore Alina. Malgré cette réaction de "jalousie" des débuts, la jeune femme ne désarme pas et se dit déterminée à "aider les Roumains, leur expliquer leurs droits".

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