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"Une conséquence en terme de natalité" : pourquoi les coupes budgétaires sur les familles interrogent en pleine baisse démographique

Le projet de budget 2027 envisage un gel des APL et un recentrage de l'allocation de rentrée scolaire. Ces pistes inquiètent l'Unaf, qui alerte sur leurs effets pour le pouvoir d'achat des familles et la natalité.

Une jeune fille marche vers son école (image d'illustration).

Crédit : Frederick FLORIN / AFP

"Quand on cherche à faire des économies, on s'attaque de plus en plus aux familles modestes", constate Guillemette Leneveu, directrice générale de l'Unaf

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Juliette Vignaud & Amandine Bégot

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Vers un coup de rabot pour les familles ? Sébastien Lecornu est à la recherche d'un effort budgétaire de 54 milliards d'euros d'économies pour son projet de loi de finances 2027, visant un déficit à 5% du PIB. La marche est haute car le déficit en 2026 a déjà dérapé à 5,4%, au lieu des 5% espérés, selon Bercy. Les ministères, les retraités les plus aisés seront notamment mis à contribution, à l'instar des familles. 

"La branche famille mérite au global une remise à plat", a jugé le Premier ministre dans les colonnes du Figaro. Il plaide pour un "recentrage" de l'allocation de rentrée scolaire, notamment. Un "gel" des APL (aides personnelles au logement) est aussi possible, a-t-il dit. 

Parmi ses pistes, le Premier ministre vise ainsi l'allocation de rentrée scolaire, soumise à conditions, et destinée aux familles ayant au moins un enfant de 6 à 18 ans. Une décision regrettée par Guillemette Leneveu, directrice générale de l'Unaf (union nationale des associations familiales). "Raboter la politique familiale, c'est s'attaquer au pouvoir d'achat des familles", lance-t-elle sur RTL Midi ce vendredi 18 septembre, particulièrement pour les plus modestes.

D'autant plus dans "un contexte très compliqué pour les familles", selon Guillemette Leneveu. "Les parents qui ont des enfants disent avoir de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois, à affronter les dépenses. On est sur plus de deux tiers des familles qui nous disent avoir vraiment des contraintes", déplore-t-elle, pointant un "décrochage en deux ans". Selon l'Unaf, les dépenses sur l'alimentation, l'habillement et les loisirs sont déjà rognées par les familles, faute de moyens. 

"Une conséquence en termes de natalité"

Ces coupes budgétaires sont aussi contreproductives sur la question de la démographie. À l'Unaf, plus de 60% des familles déclarent ne pas se lancer dans un projet d'enfant pour des questions financières. "Les freins financiers existent", insiste Guillemette Leneveu. "Quand on réduit la possibilité pour des familles de faire face aux dépenses d'enfants, ça pose un problème. Et c'est une des conséquences en termes de natalité", affirme-t-elle.

Selon elle, ces coups de rabot, comme le gel des APL, sont à rebours de la création du congé de naissance. "Si dans le même temps, on annonce qu'on va geler les allocations, les APL pour le logement, il y a quand même une forme de contradiction", pointe la directrice de l'Unaf. Et de dénoncer : "Geler les APL, c'est mettre davantage en difficulté les familles face à la première charge qu'elles doivent supporter, des charges de logement." 

Selon Sébastien Lecornu, il sera néanmoins proposé "des mesures de soutien aux familles, par exemple avec la création d'un 'prêt à taux zéro natalité' pour faciliter l'accès à la propriété d'un logement adapté pour les familles". Le gouvernement ambitionne de réduire "d'un tiers" le déficit de la Sécurité sociale en 2027, alors que celui-ci atteindra au moins 23,2 milliards d'euros en 2026.

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