3 min de lecture

Un maillage "essentiel" pour 2027 ? Le RN a conquis les villes moyennes aux municipales, mais reste à la peine dans les métropoles

Avec des dizaines de victoires dans des villes moyennes au second tour des municipales ce dimanche 22 mars, le Rassemblement national se félicite d'une "percée historique". Le parti à la flamme se heurte néanmoins au plafond de verre dans les grandes villes comme Toulon, Nîmes ou Marseille.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, le 2 septembre 2025 à Matignon

Crédit : RTL

Juliette Vignaud

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Jordan Bardella l'assure : le Rassemblement national a réalisé "la plus grande percée de toute son histoire" à l'occasion du second tour des élections municipales, ce dimanche 22 mars. "Jamais le RN et ses alliés n'ont compté autant d'élus sur le territoire français. Dans plusieurs dizaines de communes. Nous sommes appelés à faire nos preuves", a déclaré le patron du parti à la flamme, probable candidat RN à la présidentielle de 2027.

Marine Le Pen a aussi salué la réussite dans des "dizaines" de communes. "Il y a une foison de villes moyennes qui ont été gagnées", a-t-elle souligné. Au final, le RN "multiplie par six ou par sept" son contingent d'édiles et s'apprête à envoyer "des milliers de conseillers municipaux" dans les mairies du pays, s'est-elle réjouie au micro de France Télévisions. 

Sébastien Chenu parle sur TF1 d'une "moisson incroyable", quand Andréa Kotarac évoque "une pluie de victoires" sur RTL. Au premier tour, les candidats du parti d'extrême droite avait déjà gagné dans 24 communes, dont une dizaine de maires sortants réélus comme Louis Aliot à Perpignan

Une "stratégie d'implantation locale"

Le Rassemblement national peut en effet se réjouir d'une série de victoires dans des villes moyennes, avec moins de 100.000 habitants, dont Agde (Hérault), Carcassonne (Aude), Carpentras (Vaucluse), Orange (Vaucluse), La-Seyne-sur-Mer (Var), ou encore Menton (Alpes-Maritimes). Le RN fait aussi une percée plus au Nord à Montargis et Amilly (Loiret) et Liévin (Pas-de-Calais). 

À lire aussi

Le parti à la flamme réussit également à obtenir une première mairie dans l'Ouest, avec La Flèche (Sarthe) et deux nouvelles communes en Moselle (Amnéville et Saint-Avold). Le RN a aussi remporté sa première mairie en Meurthe-et-Moselle, Val-de-Briey, commune de 7.000 habitants où réside le député Frédéric Weber, et en Alsace, à Wittelsheim.

Des gains qui signent pour Marine Le Pen "la confirmation de la stratégie d'implantation locale du RN". "C'est un vrai tissu de villes moyennes qui s'ajoute à la performance de Jordan Bardella aux européennes", analyse l'éditorialiste Christophe Barbier sur RTL. Un maillage "essentiel" pour 2027, estime-t-il.

"Ce qu'on voit se dessiner, c'est la France des villes de moins de 100.000 habitants, à peu près 50% des Français", a expliqué Jean-Sébastien Ferjou, fondateur d'Atlantico, au micro de RTL. "Le RN est en train de s'implanter sur des petites et moyennes villes", a-t-il précisé, parlant d'une "victoire incontestable et majeure (...) sur cette France là." 

Les grandes villes, un "plafond de verre" pour le RN ?

Pour les plus grandes villes, c'est un camouflet pour le parti à la flamme. Laure Lavalette n'a pas réussi à ravir Toulon (Var), l'une de ses principales cibles de conquête. Idem pour Franck Allisio, pour qui la marche était trop haute à Marseille (Bouches-du-Rhône) face au sortant Benoît Payan, candidat de la gauche hors LFI - deux villes dont les résultats ont "déçu" Marine Le Pen.

À Nîmes (Gard) aussi, où le parti d'extrême droite a perdu face à un professeur communiste. La menace RN était pourtant réelle sur la ville antique, avec la candidature de l'ex-maire de Beaucaire, Julien Sanchez, venu en conquérant. Des "déceptions", a reconnu Laurent Jacobelli sur France 2, pour mieux en rejeter la faute sur "la droite la plus bête du monde", qui a préféré "faire gagner un communiste à Nîmes et une ancienne socialiste à Toulon".

"Le parti, qui reste très clivant, se heurte à un plafond de verre dans les plus grandes (villes) où le contexte national joue davantage", résume Olivier Costa, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), interrogé par Ouest France. "Comme La France insoumise, le RN bénéficie d’une base très solide mais a beaucoup de mal à la dépasser, parce qu’il est soit très aimé soit très détesté."

Des résultats qui s'expliquent par la "sociologie" des Français, selon Jean-Sébastien Ferjou. "Les Français qui vivent dans des grandes villes ont des comportements électoraux relativement différents de ceux qui vivent dans une France plus rurale ou de ville moyenne." "On a une France qui reste fracturée d'un point de vue politique", abonde Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna Harris Interactive, notre partenaire pour ces élections municipales. Mais lui dit constater "une forte progression du RN dans des territoires où jusqu'à présent il était extrêmement faible". 

Reste à voir comment cela se traduira en 2027 : pour l'heure, selon notre premier sondage RTL / M6, Jordan Bardella devance largement tous ses concurrents, quel que soit le scénario, avec 35 à 36% des intentions de vote.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info