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"On a 385 jours et en face il y a un iceberg" : après les municipales, la présidentielle est (déjà) lancée, gauche et droite se tournent vers 2027 et la bataille contre le RN

La fin de ces municipales a déjà donné un coup d'accélérateur en vue de la présidentielle, avec un des principaux candidats déclarés, Édouard Philippe, qui sort renforcé par sa réélection au Havre.

Édouard Philippe réélu maire du Havre le 22 mars 2026

Crédit : Lou BENOIST / AFP

Juliette Vignaud

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Les regards sont déjà tournés vers 2027. Les résultats du second tour des élections municipales sont tombés ce dimanche 22 mars, dernière séquence électorale avec la présidentielle. Les personnalités politiques ont commencé à tirer les enseignements de ces scrutins locaux, marqués par des alliances inattendues et critiquées au second tour entre La France insoumise et les socialistes dans plusieurs grandes villes, ainsi qu'une tentative de l'extrême droite de faire front commun avec la droite, restée dans l'ensemble vaine. 


"La bataille de France sera brutale, violente et cruciale", a d'ores et déjà prévenu Emmanuel Grégoire, qui l'emporte largement devant Rachida Dati, à Paris, avec plus de 50% de sa liste de la gauche unie hors LFI. Selon l'élu socialiste, la capitale "sera le cœur de la résistance à cette union des droites qui veut nous prendre ce que nous avons de plus précieux et de plus fragile : la simple joie de vivre ensemble". 

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Et d'ajouter : "Paris n'est pas et ne sera jamais une ville d'extrême droite." Lors de la campagne des municipales, Emmanuel Grégoire avait appelé ses partisans à faire bloc contre "l'union des droites" incarnée selon lui par Rachida Dati, qui ne pourra pas "être élue sans les voix de l'extrême droite".  

"Déconne pas la gauche", lance Ruffin face à l'"iceberg" du RN

"Déconne pas la gauche", a également lancé François Ruffin, candidat à la primaire de la gauche pour l'élection présidentielle, face à "l'iceberg" du Rassemblement national. "Je vis avec dans ma tête un compte à rebours: on a 385 jours (avant la présidentielle, NDLR) et en face il y a un iceberg (...) le Rassemblement national", a commenté le fondateur de Debout sur TF1. 

"On est à bord du Titanic et ce que j'entends ce soir sur vos plateaux télé, c'est des capitaines qui sont en train de se déchirer, de se bagarrer pour obtenir le gouvernail", a-t-il ajouté, en commentant les désunions à gauche, notamment entre socialistes et insoumis. François Ruffin a ainsi fustigé les "petits marquis et marquises de la politique" à gauche, appelant à l'union en 2027.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a aussi appelé au rassemblement en vue de la présidentielle. "La provocation outrancière" et "les dérapages antisémites" sont "une voie sans issue", a-t-il jugé, estimant que "les gauches irréconciliables" étaient aussi "une impasse".  "Il faut dans la durée une union qui est une culture politique et qui est une stratégie pour gagner", a aussi plaidé l'ex-insoumise Clémentine Autain, sur le plateau de LCI. Et d'ajouter : "En 2027, nous aurons besoin d'une candidature commune des gauches et des écologistes."

"La France insoumise fait perdre", estime Pierre Jouvet

Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste, a accusé le parti de Jean-Luc Mélenchon de "faire perdre" la gauche, au vue des résultats de ces municipales. "Ce que ce soir je constate, c'est que La France insoumise ne gagne rien, et pire, c'est que la France Insoumise fait perdre", a-t-il déclaré sur France 2. Le PS a remporté les villes de Paris et Marseille, où les candidats socialistes avaient refusé de faire alliance avec LFI, d'après les premières estimations. À l'inverse, dans les villes où des alliances se sont formées, comme à Limoges, les listes enregistrent des défaites.

Selon Pierre Jouvet, "à un an de la présidentielle, ce qui fonctionne, c'est le rassemblement de la gauche et des écologistes" sans LFI, "tel que nous l'avons fait au premier tour des élections municipales".  

Au contraire, LFI estime que la "percée" de la gauche de rupture se "confirme, s'amplifie et se renforce". "En tout état de cause, La France insoumise fait une entrée fracassante dans les conseils municipaux", a dit le coordinateur du parti Manuel Bompard, alors que la formation de gauche radicale, créée en 2016, avait largement enjambé le scrutin de 2020 en préférant soutenir des listes citoyennes.

Un appel lancé à la "gauche républicaine" pour 2027

Édouard Philippe, largement réélu au Havre - qui avait conditionné sa victoire à sa candidature à l'Élysée - a estimé, peu après l'annonce des résultats, que les électeurs savent "qu'il y a des raisons d'espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu'ils écartent les extrêmes et leur facilité". 

"Il faut un seul candidat de la droite et du centre, et peut-être même de la gauche républicaine qui refuse la France insoumise" pour "gagner la présidentielle" de 2027, a estimé, pour sa part, Gérald Darmanin, dont la liste sur laquelle il figurait a remporté la mairie de Tourcoing (Nord). "Il y a beaucoup de gens de gauche qui ont voté pour nous à Tourcoing, pour refuser la France insoumise", a-t-il souligné, en appelant en outre à "des politiques de sécurité" et "avoir de l'écoute sociale". 

Même son de cloche pour Gabriel Attal. L'ancien Premier ministre Renaissance a tendu la main aux électeurs de la gauche républicaine "écœurés" par les "accords" entre le PS et LFI lors des élections municipales, leur assurant "qu'ils trouveront toujours chez Renaissance une maison qui les accueille". Selon Gabriel Attal, ces résultats prouvent qu'une "immense majorité des Français" refusent la "dérive vers les extrêmes".

Le chef des députés LR Laurent Wauquiez a aussi estimé que "le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027". "Si on est divisés, il n'y aura pas de candidat de droite au second tour."

En embuscade, le Rassemblement national assure avoir réalisé "la plus grande percée de toute son histoire", annonçant notamment des victoires symboliques à Menton et Castres - malgré un échec notable à Toulon. "Jamais le RN et ses alliés n'ont compté autant d'élus sur le territoire français", a déclaré Jordan Bardella. Dans plusieurs dizaines de communes. Nous sommes appelés à faire nos preuves." Probable candidat du RN à la présidentielle, il a ajouté que "ces succès ne sont pas un aboutissement, mais un commencement", à un an du scrutin de 2027.

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