4 min de lecture Nicolas Sarkozy

UMP : où en sont les chantiers de Nicolas Sarkozy, trois mois après son élection ?

DÉCRYPTAGE - Le président de l'UMP a pris la tête d'un parti divisé, mis à mal par les affaires et la montée en puissance du Front national. La tâche est donc loin d'être aisée.

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Voilà trois mois que Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de l'UMP. Vainqueur devant Bruno Le Maire et Hervé Mariton le 28 novembre dernier avec 65,4% des voix, l'ancien chef de l'État a pris ses fonctions le 2 décembre. En succédant au triumvirat composé d'Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy s'est engagé dans un grand chantier de rénovation censé permettre à l'UMP d'aborder la présidentielle 2017 dans les meilleures conditions pour déloger François Hollande de l'Élysée.

La remise en route de l'UMP

La première mission de l'ancien président de la République consiste à ressouder les liens d'une famille désunie, minée par deux ans de luttes intestines dans le sillage du duel Copé/Fillon. "Le climat est meilleur que ce qu'il était dans les deux dernières années", estime François Fillon, pourtant pas toujours tendre avec Nicolas Sarkozy. Mais les membres de l'UMP sont encore loin de tous marcher dans la même direction.

L'émergence de plusieurs courants au sein du parti, symbolisée par l'installation d'un improbable et incompatible duo Kosciusko-Morizet/Wauquiez aux postes de numéros 2 et 3, complique la tâche du président. Nicolas Sarkozy est pour le moment pris en tenaille entre les tenants d'une ligne droitière, à la frontière du Front national, et les défenseurs d'un rassemblement de la droite et du centre.

La pacification de l'UMP en cours ne peut pas faire oublier l'absence de ligne politique claire. S'il assure être prêt à ne pas être candidat en 2017, Nicolas Sarkozy se rappelle sûrement que sa montée en puissance entre 2002 et 2007 lui avait permis de mettre l'UMP au pas. Il avait fait taire les voix divergentes et transformer son parti en machine de guerre électorale pour porter sa candidature.

La préparation des batailles électorales

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La question de la ligne politique est d'autant plus importante que l'année 2015 sera électorale. Aux départementales du mois de mars succéderont les régionales de décembre. Deux scrutins que l'UMP se doit de remporter afin de préparer sereinement la primaire de 2016.

La montée en puissance du Front national, grand vainqueur des élections européennes 2014  accroît les difficultés de l'UMP, qui doit lutter face à un parti qui séduit de plus en plus son électorat. Le psychodrame de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs qui a vu l'UMP longuement hésiter sur la marche à suivre en cas de second tour FN/PS, sert le discours de Marine Le Pen. La présidente du FN mise de plus en plus sur une nouvelle bipolarisation de la vie politique française avec le Front national d'un côté et tous ses adversaires de l'autre.

Nicolas Sarkozy a en tout cas tranché : son parti ne s'alliera jamais au Front national. "Tout responsable UMP qui conclura un accord avec le Front national sera exclu", a-t-il déjà assuré par deux fois.

Un nouveau parti

Le retour de Nicolas Sarkozy aux affaires s'est accompagné de l'annonce de la formation d'une nouvelle force politique. L'ancien Président la veut transpartisane et souhaite s'éloigner du schéma des partis politiques traditionnels. D'abord annoncée pour janvier 2015, la consultation des militants devraient finalement se faire au printemps, après les départementales. La réflexion concernant le nouveau nom de l'UMP - Le Rassemblement ? - a, elle, déjà débuté.

Reste à définir des propositions et un programme précis. L'UMP, encore à la traîne, semble avoir mis la machine en route et placé quelques pions. Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue d'une convention sur le logement, le 18 mars, ainsi que la formation d'une équipe chargée de réfléchir "à la place de l'islam dans la République". Au cours d'une interview donnée le 19 février dernier à la radio, le président de l'UMP a également détaillé quelques positions de son parti sur la question de la lutte contre le jihadisme et la réduction de la dette publique.

La cure d'austérité de l'UMP

Un audit financier publié en juillet dernier faisait état d'un déficit de 74 millions d'euros dans les caisses de l'UMP et de la nécessité absolue de ramener la dette à 55 millions d'euros en 2017. Entamée par Luc Chatel en septembre dernier, l'assainissement des comptes du premier parti d'opposition se poursuit avec Nicolas Sarkozy.

Aucun bilan chiffré n'est toutefois venu valider les premières mesures prises par le président de l'UMP, dont les décisions les plus commentées concernent la suppression des dosettes de café gratuites, le remplacement de l'eau minérale par de l'eau de source et la réduction de la consommation de bouteilles d'eau et de jus de fruit durant les réunions.

Selon Le Monde, Nicolas Sarkozy aurait également retiré quelques onéreux privilèges à certains responsables de l'UMP. Le quotidien cite en exemple le forfait téléphonique de 10.000 euros par an de Rachida Dati et la modification de l'abonnement AFP de Nadine Morano.

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