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UMP : la droitisation de Laurent Wauquiez agace son propre camp

Par ses récentes prises de position radicales, le secrétaire général du parti prend ses distances avec certains ténors de l'opposition.

Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez le 11 mars 2015 à Paris
Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez le 11 mars 2015 à Paris Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
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Laurent Wauquiez va-t-il trop loin ? Le secrétaire général de l'UMP, ne cesse, par ses prises de position à droite toute sur la politique pénale ou "l'assistanat", d'agacer ses collègues du parti. Certains y voient la patte de Patrick Buisson, l'ancien conseiller sulfureux de Nicolas Sarkozy.

Laurent Wauquiez, de la "droite sociale" (club fondé en 2010) à la droite décomplexée ? Nommé secrétaire général de l'UMP par Nicolas Sarkozy, le député de Haute-Loire concentre l'attention par ses prises de position tranchées, quitte à bousculer une partie de son camp.

L'ex-protégé de Jacques Barrot, grande figure de la démocratie chrétienne française décédé en 2014, a ouvert le bal en 2011 en fustigeant "les dérives de l'assistanat", véritable "cancer de la société française" à ses yeux. "Tous les coups ne sont pas permis face à la vulnérabilité des gens", lui avait alors rétorqué le "père" du RSA, Martin Hirsch.

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Désavoué par son mentor

En 2014, l'ex-ministre des Affaires européennes a publié un opus intitulé "Europe, il faut tout changer" vantant les mérites du protectionnisme et d'une sortie de Schengen et appelant au retour à une Europe des six. Ces prises de positions lui avaient valu une volée de bois vert au sein de l'UMP, mais également un cinglant désaveu public de la part de Jacques Barrot. Le mentor de Laurent Wauquiez avait vivement dénoncé le "populisme" de ces propositions.

Important maillon du retour de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP, Laurent Wauquiez persiste et signe. Le Mariage pour tous ? Il plaide pour son abrogation en cas d'alternance. Le meurtre d'une petite fille dans le Pas-de-Calais ? Il y voit le résultat de la politique pénale de Christiane Taubira

Cafouillage après le décès de la petite Chloé

Cette dernière prise de position a suscité de nouvelles dissonances à droite. Valérie Pécresse, notamment, a souligné que ce meurtre n'avait "rien à voir" avec la politique de la garde des Sceaux.

Dimanche, l'ancien ministre a finalement reconnu que les lois portées par Christiane Taubira n'étaient pas en vigueur au moment où le suspect de ce meurtre avait été libéré. Mais "ce que révèle ce drame, c'est que la France n'a pas besoin de désarmement pénal mais de réarmement pénal", a-t-il nuancé. 

Wauquiez fustige la "repentance"

Laurent Wauquiez a pris une nouvelle position tranchée ce lundi 20 avril, après l'hommage rendu par le secrétaire d'État aux Anciens combattants Jean-Marc Todeschini aux victimes du massacre de Sétif, en Algérie, en 1945. 

"La France a besoin de faire son travail de mémoire". Mais "nous sommes le seul pays à passer notre temps à nous excuser de notre histoire", a-t-il regretté, dénonçant une "repentance à sens unique".

Haro sur l'assistanat

Cette dernière thématique rappelle à s'y méprendre celles développées par Patrick Buisson, l'ancien journaliste d'extrême droite devenu conseiller de Nicolas Sarkozy, tombé depuis en disgrâce après la publication de ses enregistrements secrets pratiqués à l'Élysée.

Laurent Wauquiez est d'ailleurs un des seuls, à l'UMP, à reconnaître encore fréquenter ce conseiller. Mais il assure avoir "de profondes différences" avec Patrick Buisson, qui "considère que les thèmes principaux en France sont les thèmes régaliens : sécurité et immigration". De son côté, il pense que "les sujets sociaux sont un des problèmes essentiels de la France aujourd'hui parce qu'on a découragé le travail et qu'on ne fait plus du social mais de l'assistanat".

De grandes ambitions

Un thème d'accord probable cependant avec l'homme de l'ombre : le rapprochement avec le centre, prôné par Alain Juppé, serait une "profonde erreur". Ce à quoi le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a répondu que Laurent Wauquiez n'aurait pas le soutien des centristes pour les régionales en Rhône-Alpes-Auvergne.

Normalien, major de sa promotion à l'ENA, benjamin de l'Assemblée en 2004, le maire du Puy-en-Velay n'a jamais caché ses ambitions. Nicolas Sarkozy lui-même s'en était agacé pendant la campagne de 2012, quand son ministre avait "trop tiré la couverture à lui", lors du sauvetage de l'entreprise Lejaby, dans sa circonscription.

Soutien de François Fillon en 2012, Laurent Wauquiez a ensuite activement oeuvré au retour de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP, pour se retrouver numéro 3 du parti derrière une de ses grandes rivales, Nathalie Kosciusko-Morizet. En attendant une délicate synthèse de la part de l'ancien chef de l'État... 

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