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Jordan Bardella et Marine Le Pen à Châlons-en-Champagne, le 18 mars 2026
Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP
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C'est le parti autour duquel s'agencent toutes les stratégies en vue de 2027. À un peu plus d'un an de l'élection présidentielle, un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche confirme le score du Rassemblement national (RN). D'après cette enquête, 35% des Français interrogés voteraient pour Jordan Bardella, lors du premier tour du scrutin. Dans l'hypothèse où Marine Le Pen est candidate, le pourcentage est de 31,5%.
À douze mois du scrutin, la question n'est plus de savoir qui pourrait battre l'extrême droite au premier tour. Donné en tête au premier tour dans tous les sondages, le Rassemblement national conserverait son avance et pourrait ainsi remporter la prochaine élection présidentielle, selon l'étude publiée le 28 mars. Notre premier sondage Toluna Harris Interactive pour RTL et M6, dévoilé le 22 mars, confirme cette avance pour Jordan Bardella et Marine Le Pen. D'après l'étude, le président du RN dominerait largement le premier tour et rassemblerait 35% ou 36% des voix en fonction des scénarios testés.
Quid du second tour ? Sur les six configurations testées, seul Édouard Philippe serait en mesure de battre Jordan Bardella, avec un score serré (51,5% contre 48,5%). Face à Marine Le Pen, l'ancien Premier ministre obtiendrait 53% contre 47% toujours au second tour. Face à Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bardella l'emporterait avec 71,5% des intentions de vote, contre 28,5%. Dans l'hypothèse où Raphaël Glucksmann atteint le second tour, le président du Rassemblement national l'emporterait aussi à 58,5% contre 41,5%. Si Bruno Retailleau se qualifie pour le second tour, là encore l'eurodéputé RN serait élu président de la République à 58%, contre 42% pour le président des Républicains.
L'hypothèse d'un second tour face au RN "crée une excitation supplémentaire", a souligné Alain Duhamel au micro de RTL, lundi 30 mars. Tout en précisant que l'année à venir redistribuera les cartes à mesure que le scrutin approche, l'éditorialiste prédit "une campagne présidentielle plus radicalisée qu'autrefois". "Une campagne présidentielle est toujours animée et polémique mais cette fois-ci, on l'aborde avec, à l'extrême gauche et à l'extrême droite, des partis plus puissants que d'ordinaire", explique-t-il.
Les sondages récents ne suffisent pas à anticiper le résultat de l’élection, mais ils témoignent du chemin parcouru par le RN dans l’opinion publique ces dernières années. Un an avant la présidentielle 2022, un sondage Elabe pour BFMTV datant d'avril 2021 donnait Emmanuel Macron vainqueur du scrutin avec 56% des intentions de vote, contre Marine Le Pen à 44%. En février 2021, le président sortant était donné gagnant à 48%, contre 38% pour la candidate RN.
Cette dynamique n'étonne pas Jean-Daniel Lévy. Joint par RTL.fr, le directeur délégué de Toluna Harris Interactive évoque "une tendance globale" qui n'est "pas inéluctable, mais qui apparaît comme étant pathologique". "Il y a une structure de comportement électoral des Français à l'élection présidentielle en 2017 et en 2022 qui a fait que le RN a très profondément progressé entre le premier tour et le deuxième tour de chacune de ces deux élections", souligne-t-il. Un élément aussi observé aux élections législatives puisque le groupe de députés Rassemblement national est passé de 9, à 89, puis à 143 députés.
Les derniers succès électoraux du RN constituent "autant d'indicateurs de tendance de l'opinion", analyse le politologue Bruno Cautrès. Auprès de RTL.fr, le chercheur au CNRS rappelle que "le Rassemblement national a connu un triomphe aux élections européennes de 2024. Le parti a gagné en voix lors des deux tours des élections législatives qui ont suivi, même s'il n'a pas gagné en nombre de siège".
Les deux figures du RN sont également plébiscitées dans le classement des personnalités politiques préférées des Françaises et des Français. "Ça fait maintenant des mois que Jordan Bardella et Marine Le Pen se disputent la première place, avec Édouard Philippe", souligne-t-il.
Les dernières élections municipales ont également permis au parti de valider "une progression très importante dans un certain nombre de communes", observe Bruno Cautrès. Ce scrutin a en outre été marqué par l'absence d'un "sursaut de mobilisation entre le premier tour et le deuxième tour" de la part d'électeurs qui souhaitaient faire barrage au RN, relève Jean-Daniel Lévy. "On a un double mouvement. D'abord, un mouvement de progression du Rassemblement national de manière systématique, élection après élection. Et un deuxième mouvement avec de faibles mobilisations contre le Rassemblement national au deuxième tour", détaille-t-il.
Si la dynamique en faveur du RN s'impose pour le premier tour de l'élection présidentielle, les projections sur le second tour du scrutin restent une photographie de l'instant "t" et ne présagent en aucun cas du choix des électeurs. "C'est un exercice hautement hypothétique", met en garde Bruno Cautrès. "Autant les sondages d'intentions de vote pour le premier tour commencent à nous dire des choses sur les grandes tendances et les grands rapports de force, mais pour le deuxième tour, les quinze jours entre les deux tours et le débat" seront décisifs, prévient-il.
Désormais, les projections du second tour qu'elles concernent la candidature de Jordan Bardella et Marine Le Pen évoquent des réserves de voix pour le RN Même si lors de la présidentielle de 2022, la candidate RN est passée de 24% au premier tour à 42% au second. Le parti pourrait bénéficier d'un report de voix "notamment à droite, de manière assez majeure". Un électorat qui pourrait désormais avoir "tendance à voter en faveur du RN et pas forcément pour le candidat macroniste", précise Jean-Daniel Lévy.
Selon Bruno Cautrès, tout dépendra "de l'offre de candidature du premier tour". "Si Les Républicains n'ont pas de candidats et qu'il y ait une entente entre LR et Horizon, avec une candidature unique d'Édouard Philippe, une partie de la frange la plus à droite de l'électorat LR pourrait se rabattre sur Marine Le Pen ou Jordan Bardella", évoque-t-il.
D'après une enquête réalisée pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, Édouard Philippe recueillerait 52% des intentions de vote au second tour, contre 48% pour Jordan Bardella. Un retournement par rapport aux scores mesurés en novembre par le même institut, le président du RN recueillait alors 53%, et le maire du Havre 47%. "À l'heure actuelle, l'ancien Premier ministre part d'un socle de départ plus élevé et qui lui permet de transformer les intentions de vote de manière plus massive", analyse Jean-Daniel Lévy.
La question du front républicain sera aussi centrale. Même si "il a tendance à s'étioler", constate Jean-Daniel Lévy. "Dans le cadre de nombreuses élections, il y a eu une augmentation de la participation entre le premier tour et le deuxième tour lorsque le RN était présent au deuxième tour. Mais depuis une dizaine d'années, c'est moins le cas.
Aux élections municipales, il n'y a pas eu de sursaut de mobilisation à Toulon et dans les villes dans lesquelles le RN avait un candidat qui était présent en deuxième tour et ou en capacité de pouvoir gagner", détaille le directeur délégué de Toluna Harris Interactive. Autant d'éléments à prendre en compte. "C'est là où la campagne devra livrer sa vérité", conclut Bruno Cautrès.
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