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Raphaël Glucksmann, fondateur de Place Publique, au Grand Jury le 31 mai 2026.
Crédit : Crédit : Nicolas Kovarik -Agence 1827/RTL
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TikTok dans le viseur de Raphaël Glucksmann. Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6 ce dimanche 31 mai, le co-président de Place publique a fait du réseau social chinois l'un des symboles de la crise que traverse aujourd'hui l'école publique.
"Aujourd'hui, il y a l'école et face à l'école, il y a TikTok", a-t-il lancé. Pour l'eurodéputé, les réseaux sociaux concurrencent directement le travail des enseignants et participent à la diffusion de contenus qui remettent en cause leur autorité. "Quand vous êtes enseignante et que vous faites cours, puis qu'un influenceur capte ensuite l'attention de votre élève, et que celui-ci vous répond : 'Ce n'est pas vrai, j'ai lu l'inverse sur TikTok', vous êtes en permanence face à des boîtes noires contrôlées à Pékin ou dans la Silicon Valley".
S'il ne réclame pas une interdiction immédiate de la plateforme, Raphaël Glucksmann fixe une ligne rouge. "Ce que je veux, c'est que TikTok, comme tous les autres réseaux sociaux, respecte nos lois. Et si TikTok, comme c'est le cas aujourd'hui, ne respecte pas nos lois, il faudra le bannir".
Cette critique des réseaux sociaux s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'école, développée dans son livre Nous avons encore envie - Pour un sursaut patriotique (Allary Éditions). Il y défend une revalorisation du métier d'enseignant et une refonte de l'école publique, qu'il considère comme l'un des piliers de la République.
Interrogé sur ses propositions, l'eurodéputé a notamment insisté sur la rémunération des professeurs. "Nous avons des enseignants en primaire en France qui sont payés 17% de moins que la moyenne de l'OCDE. Un enseignant français est moins payé qu'un enseignant portugais ou slovène. Nous avons les professeurs les plus mal rémunérés au regard de notre richesse en Europe".
Pour lui, le débat actuel sur l'éducation se concentre trop souvent sur des mesures secondaires. "Ce que j'entends aujourd'hui dans cette campagne ou pré-campagne, c'est une série de gadgets où l'on explique : l'uniforme, pas l'uniforme, le brevet, pas le brevet".
Raphaël Glucksmann plaide également pour davantage de mixité sociale dans l'enseignement. Il dénonce une "concurrence déloyale" entre public et privé et souhaite conditionner davantage les financements publics accordés aux établissements privés. "Il y a 43% des collégiens du public qui sont issus de milieux défavorisés, quand ce n'est que 18% dans le privé", souligne-t-il.
L'élu estime enfin que l'école publique doit redevenir une priorité nationale. "Nous protégerons l'école, nous revaloriserons les enseignants et nous ferons de l'école publique le pilier de la République, ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être".
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