5 min de lecture
Jack Lang face à Marc-Olivier Fogiel, le 4 février 2026.
Crédit : RTL
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Mettre RTL en favori sur Google
Jack Lang, ancien ministre socialiste de la Culture, se retrouve au cœur de la polémique en raison de sa correspondance par mail avec Jeffrey Epstein. Il a reconnu avoir rencontré Epstein en 2010, par l’intermédiaire de Woody Allen, mais a toujours assuré ne rien avoir à se reprocher.
Invitée sur RTL, ce mercredi 4 février, l'actuel président de l'Institut du Monde arabe explique ne pas avoir connu Jeffrey Epstein "comme prédateur sexuel". "C'était pour moi un inconnu que j'ai découvert grâce à Woody Allen. Progressivement, il est devenu un ami", se remémore-t-il tout en relativisant. "Le mot amitié, il faut l'utiliser avec précaution".
"On a tendance à oublier que cet homme était, quand je l'ai connu en tout cas, un homme cultivé, passionné d'art, passionné de culture", poursuit l'ancien ministre. Jack Lang tient d'ailleurs à préciser que lorsqu'il rencontre des gens, il ne leur demande pas "leur casier judiciaire, leur histoire personnelle". "Je me suis constitué des liens avec des tas de gens que je ne connaissais pas qui m'ont apporté leur intelligence, leur talent. Et c'est ma passion des êtres, la passion des personnes que je ne connais pas".
Si Jack Lang affirme être "tombé des nues" en découvrant les crimes sexuels du financier, décédé en prison en 2019, les échanges de courriels tirés des "Epstein files" détaillent des discussions dont certaines suscitent des questions.
En 2017, par exemple, l'assistant de Jack Lang écrit à Epstein : "Jack demande si le vol est déjà enregistré à l'aéroport de Marrakech. Auriez-vous des précisions sur l'endroit où il atterrira ?"
Sur RTL, l'ancien ministre explique avoir "eu la chance" dans sa vie "de rencontrer beaucoup de gens comme lui [Jeffrey Epstein, ndlr]." Mais n'apporte pas de précisions supplémentaires sur ce voyage au Maroc. "Combien de fois ai-je eu la chance d'aller dans les jardins de Majorelle, à la maison de Saint Laurent", explique-t-il tout en confirmant avoir déjà voyagé dans le jet privé avec le milliardaire.
Questionné sur d'éventuelles contreparties financières, notamment lors de la vente d'un riad au Maroc pour plus de 5 millions d'euros, Jack Lang réfute et préfère balayer la question : "C'est à dormir debout." Et de poursuivre : "Quelqu'un vous demande de vous trouver dans un endroit X, vous demande de proposer à l'homme, le vendeur, je ne sais pas quoi, de transmettre sa proposition. Moi, j'étais simplement là, un messager, et basta.
Des questions se posent également sur les raisons de la générosité d’Epstein envers Jack Lang et sa famille. En mars 2014, l'assistant de sa fille lui demande si Caroline Lang peut se rendre à Miami avec ses deux filles. Caroline Lang et sa petite-fille se sont donc rendues dans la villa d’Epstein. "Mais la générosité, ça existe, Merde ! Excusez-moi de le dire", bondit le président de l'Institut du Monde arabe au micro de RTL.
"Vous lisez les choses avec les lunettes de ce qu'on sait aujourd'hui des crimes abominables. La générosité, ça existe dans la vie. Et moi-même, je le suis par tempérament et j'ai la chance de connaître des gens généreux avec qui nous échangeons, nous travaillons ensemble. Il était gentil, il était courtois, il était aimable, pas seulement avec moi", insiste-t-il.
Et de poursuivre : "La générosité, c'est en contrepartie. C'est pas ma culture, c'est pas ma conception des choses. Moi, je rencontre beaucoup de gens avec qui j'établis des rapports sans les connaître".
Lors d'un autre échange, le milliardaire adresse un mail à Jack Lang intitulé "Petit Prince", daté du 28 janvier 2013, dans lequel il demande : "L'enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités, être testé, à quelle fréquence, test standardisé, exemple de projet ?".
Cet échange est la seule référence aux enfants entre le Français et l'Américain. Selon France Info, Jack Lang aurait d'abord envoyé à Jeffrey Epstein, un document présenté comme un projet éducatif nommé "Petit Prince", dont l’objectif reste indéterminé. Caroline Lang, elle, le qualifie alors de simple sommaire et précise qu’il ne constitue pas un projet complet.
Face à ce message, l'ancien ministre assure ne pas savoir de quoi il s'agit. "Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre, je ne peux pas vous raconter des histoires, je ne sais pas", martèle-t-il. Et si la justice française venait à enquêter sur cet échange en particulier, Jack Lang assure "être blanc comme neige" dans cette histoire. Et d'ajouter : "Je ne crains rien".
Concernant la pétition signée par Jack Lang en 1977, rédigée par Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie, qui réclamait la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et enfants de moins de 15 ans, il explique aujourd'hui regretter d'avoir apposer sa signature "dans le contexte actuel".
"On cite toujours le nom de Mazeneff, mais on ne cite pas le nom de Foucault, on ne cite pas le nom de Sartre, on ne cite pas le nom de Barthes, Catherine Dolto... Ces intellectuels qui, à un moment donné souhaitaient que l'éducation des enfants soit beaucoup plus ouverte, c'est tout", précise l'ancien ministre de la Culture.
Face à Marc-Olivier Fogiel, Jack Lang est également revenu sur les liens entre sa fille et Epstein. Pour rappel, Caroline Lang a cofondé une société offshore avec Jeffrey Epstein, financée par ce dernier à hauteur d’environ 1,4 million d’euros. La structure, domiciliée aux îles Vierges américaines, avait pour objet l’acquisition d’œuvres d’art.
"Je ne suis pas le connaisseur de ce dossier. Ma fille est passionnée par le cinéma, par l'art, et elle a eu cette idée merveilleuse, qui a plu, je crois, à Jeffrey Epstein, de mettre au point un système pour financer, pour acheter les œuvres à de jeunes artistes. L'erreur qu'elle a peut-être commise, c'est qu'elle a laissé faire. Elle ne s'est pas occupée du reste. La société a été constituée par un administrateur et basta, c'est tout".
L'ancien ministre l'assure : "Elle n'a pas prélevé un centime et ça lui a même coûté très cher. Lorsqu'elle a appris cette histoire en 2019, elle a dû dissoudre la société et ça lui a coûté de l'argent".
Enfin, Jack Lang doit-il démissionner de l'Institut du monde arabe (IMA) après ces nouvelles révélations ? La réponse de l'intéressé est clairement non.
"L'IMA est plus solide que jamais. L'IMA, aujourd'hui, est reconnue en France, dans le monde. J'ai reçu d'ailleurs, depuis toutes ces histoires, des milliers de messages venant des pays arabes, de France et d'ailleurs, croyez-moi, la confiance dans le président de l'IMA est totale", affirme-t-il sur RTL.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte