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Prix des carburants : le gouvernement envisage un décret pour encadrer les marges des distributeurs

Face à la flambée des prix du carburant dans les stations, l'exécutif réfléchirait à un mécanisme inédit pour encadrer les marges des distributeurs à partir d'un seuil fixé à 1,71 euro le litre. Mais rien n'est tranché à ce stade, selon Matignon.

Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).

Crédit : Elodie CLEMENT / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Le gouvernement envisage un encadrement des marges des distributeurs sur les prix des carburants à la pompe, afin d'"éviter des effets d'aubaine" liés à la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient, selon un projet de décret consulté par l'AFP mardi. La décision, révélée par Le Parisien, d'encadrer ces marges de distribution, "n'est pas tranchée", indique toutefois Matignon à l'AFP.

Selon les informations du Parisien, le gouvernement réfléchit à la mise en place "d'un dispositif exceptionnel de plafonnement des prix". Un projet de décret en Conseil d'État a été rédigé afin de prévoir "un seuil automatique" à partir duquel le dispositif pourrait s'enclencher. Ce seuil a été fixé à partir de 1,71 euro le litre : au-delà, l'État pourrait intervenir pour encadrer les marges des distributeurs. Autrement dit, il pourrait alors les plafonner. 

Concrètement, les marges ne pourraient pas être supérieures à ce qu'elles étaient à la moyenne de ce qu'elles étaient avant la guerre, c'est à dire au mois de janvier et février. Si les distributeurs assurent qu'ils ne gagnent qu'un ou deux centimes de marge par litre, le gouvernement rétorque que la marge est autour d'une trentaine de centimes. 

Un levier de pression sur les distributeurs et un signal pour les automobilistes

Ce décret, dans la poche du gouvernement, est un moyen de pression sur les distributeurs, puisque s'ils ne baissent pas les prix lorsque le prix du baril diminue, le décret attaque directement les marges. Mais aussi, surtout, il sert un signal politique pour mettre en lumière l'action du gouvernement face à la crise. Cette mesure serait vue comme un moyen de répondre au mécontentement des automobilistes, même si, pour le moment, aucune baisse des taxes sur le pétrole n'a été décidée, contrairement à nos voisins italiens, espagnols ou allemands.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, les prix moyens des carburants en France ont augmenté de 28 centimes pour le SP95-E10, 27 centimes pour le SP98 et 61 centimes pour le gazole. La barre symbolique des 2 euros le litre a été atteinte le 9 mars pour le gazole et le 1er avril pour le SP95-E10, l'essence la plus utilisée.

Le cessez-le-feu avait dans un premier temps entraîné la chute des prix des barils de pétrole, qui avaient flambé pendant la guerre. Mais après une chute, les prix du pétrole brut ont à nouveau repris leur hausse, au gré des derniers développements au Moyen-Orient, notamment l'échec de pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Selon les chiffres du gouvernement, les prix des carburants en France ont baissé en moyenne de 1 centime depuis la conclusion du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran, loin des 5 à 10 centimes de baisse attendus.

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