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François Bayrou à Matignon
Crédit : Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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L’ancien Premier ministre, François Bayrou, candidat malheureux à trois élections présidentielles (2002, 2007, 2012) le jure : il ne s’ajoutera pas à la longue liste de prétendants déjà déclarés. Mais il ne compte pas pour autant se mettre en retrait pendant cette campagne.
N’allez surtout pas dire à François Bayrou, du haut de ses 75 ans cette année, qu’au fil du temps, il est devenu un vieux sage. Lui qui incarne mieux que personne depuis près de trois décennies le centre de la vie politique n’a pas prévu de jouer les seconds rôles. Pourquoi autant de prétendants à l'Élysée échangeraient-ils avec cet éphémère Premier ministre si ce n’est pour profiter de son influence.
Après tout, c’est bien lui qui a permis à Emmanuel Macron il y a 10 ans d'être élu, répète-t-il souvent. "Parce que le risque est immense. Parce que les
Français sont désorientés. J’ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre", avait-il annoncé à l'époque. Un ralliement "qui a changé la donne" dont est convaincu François Bayrou.
Mais alors à qui apporter ce précieux soutien en 2027 ? Pour le moment, personne ne semble trouver grâce à ses yeux. Il est "insatisfait de l'offre politique actuelle", rapporte l’un de ses fidèles. Alors en coulisses, François Bayrou et ses amis sondent : Bernard Cazeneuve, François Hollande, Thierry Breton, Bruno Le Maire, Jean Castex.... Ces derniers ne sont pas encore alignés sur la ligne de départ, mais aux yeux du Palois, ils présentent chacun des atouts.
Des atouts que n’ont ni Édouard Philippe ni Gabriel Attal, "partis trop tôt". De là à en faire des poulains ? Pourquoi pas, à moins que François Bayrou ait un autre plan en tête.
Car a-t-il vraiment décidé de ne pas être candidat en 2027 ? C’est en tout cas ce que rapportent la plupart de ses proches. Après sa démission forcée de Matignon l’année dernière, sa défaite surprise à Pau en mars, l'affaire Bétharram qui l'a beaucoup affecté, François Bayrou a définitivement tiré un trait sur son rêve élyséen.
Et puis la course de petits chevaux ? Ce n’est plus de son niveau, pense-t-il. À l’heure où l’espace central pullule déjà de candidats, sa "singularité", défend-il en privé, c’est justement de ne pas en être. Il compte bien s’en servir pour peser et pour "fédérer".
Pour ce faire, il va se lancer dans le genre d'opération dont seul lui a le secret : rapprocher les différentes formations du centre - du centre droit au centre gauche - pour mieux influer sur les débats. Voilà pourquoi il s'apprête à lancer une Fédération du centre. Il sera question de la dette, son grand sujet de prédilection, mais aussi de "fracture" entre les classes populaires et les élites.
Après tout, "à plusieurs on est toujours plus fort", comme dit l'adage, d'autant plus si aucun autre candidat ne s'impose. Après tout, François Bayrou le prédisait lui-même en privé il y a quelques mois : "En 2027, le vainqueur sera un outsider." Lui-même ? Réponse dans les toutes prochaines semaines.
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