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Edwige Diaz à Bordeaux le 11 mars 2022.
Crédit : ROMAIN PERROCHEAU / AFP
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"Il nous accuse d'être complices d'ingérence étrangère, c'est absolument faux." Sur RTL, la députée Rassemblement national de Gironde, Edwige Diaz, réfute les récents propos de Gabriel Attal concernant les ingérences russes dans la campagne pour la présidentielle de 2027. Après avoir été victime d'une opération de désinformation menée par le réseau Matriochka, l'ancien Premier ministre et candidat Renaissance pour 2027 avait dénoncé sur RTL une tentative de Moscou de "voler l'élection aux Français".
Il avait également estimé qu'il fallait s'attendre à d'autres ingérences de ce type d'ici à l'élection au printemps prochain, soulignant qu'"il faut probablement s'attendre à une ingérence du Kremlin pour certains candidats, comme Marine Le Pen". Sans accuser directement Marine Le Pen d'être complice de ces ingérences, Gabriel Attal avait souligné qu'elle "a toujours défendu les intérêts du Kremlin".
"Il raconte n'importe quoi", fustige aujourd'hui la députée RN sur RTL, pour qui "la vraie ingérence étrangère, c’est qui détient les financements de votre pays. Or, la moitié de notre dette est possédée par des états étrangers, ça, c’est la véritable ingérence étrangère".
Rappelant que lors de la présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait bénéficié du soutien de Barack Obama, Edwige Diaz estime que "selon monsieur Attal, il y a des bonnes et des mauvaises ingérences étrangères". La vidéo de soutien de Barack Obama avait en réalité été publiée le 4 mai 2017, soit deux jours avant le second tour de l'élection présidentielle, et non des mois à l'avance comme dans le cas des contenus de désinformation visant Gabriel Attal, mais aussi Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe.
"J'admire la campagne qu'Emmanuel Macron a menée (...) il a mis en avant le rôle important que la France joue dans l'Europe et dans le monde", disait alors l'ancien président américain dans sa vidéo.
Marine Le Pen n'avait pour sa part pas eu de soutien comparable, Donald Trump ayant déclaré qu'il ne savait pas qui elle était lorsqu'elle avait salué sa victoire. Quelques semaines plus tard, en avril 2017 (toujours en période de campagne électorale) Donald Trump s'était finalement exprimé dans un entretien à l'agence Associated Press, affirmant que Marine Le Pen "est la plus forte sur les frontières" et que "quiconque est le plus dur contre le terrorisme islamique radical et le plus dur sur les frontières se débrouillera bien aux élections", rapporte Le Monde.
Réfutant toujours toute notion d'ingérence étrangère, Edwige Diaz souligne qu'une commission d'enquête parlementaire avait été présidée par le député RN Jean-Philippe Tanguy sur les ingérences russes. "Tous les services de l’État ont dit qu’il n’y avait pas d’ingérences étrangères en France", affirme-t-elle sur RTL.
En réalité, la rapporteure Renaissance de la commission, Constance Le Grip, avait conclu que "toutes les personnes que nous avons auditionnées nous l’ont dit et confirmé : à l’heure actuelle, c’est la Russie et la Chine qui constituent les principales menaces en termes d'ingérences étrangères contre notre pays".
Des extraits du rapport de la commission avaient été dévoilé dans la presse, dans lesquels le RN était par ailleurs décrit comme "courroie de transmission" de la Russie en France. Le RN avait dénoncé un rapport biaisé, Jean-Philippe Tanguy affirmant dans ses propres conclusions que "la France est bien protégée" pour "faire en sorte que les grandes puissances étrangères ne puissent pas interférer avec le destin de la nation".
Après les tentatives d'ingérence ayant récemment visé les candidats ou potentiels candidats à la présidentielle de 2027, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a prévenu vendredi que Paris "ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère". Il a toutefois appelé à faire la distinction entre des ingérences et le fait qu'un "responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays", ce qui "ne constitue pas un acte de manipulation du débat public".
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