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Gabriel Attal, le 11 mars 2026
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
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Gabriel Attal porte plainte contre Marine Le Pen pour avoir utilisé le mot "Renaissance" - le nom de son parti - sur son affiche de campagne révélée la semaine dernière. Le candidat Renaissance a fait de la lutte contre le RN un axe majeur de sa campagne, lui qui est candidat officiellement pour 2027.
Gabriel Attal, c'est ce jeune homme pressé qui a grimpé quatre à quatre les marches du pouvoir. Ministre du budget un peu plus d'un an, de l'Éducation nationale cinq mois seulement. Puis en janvier 2024, Matignon à 34 ans. Il reste Premier ministre six mois tout juste à cause de la dissolution. Un coup d'arrêt, le premier pour lui, brutal.
Le golden boy de la politique est sonné, jambes et souffle coupés. Avec Emmanuel Macron, la rupture est consommée. Pour se refaire, Gabriel Attal prend le parti présidentiel, Renaissance qui devient son écurie. Il se tourne tout entier vers son ambition suprême, gravir la dernière marche, la plus haute, l'Élysée.
"Parce que j'aime profondément la France et que j'aime profondément les Français, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République", déclarait-il.
Parti bien avant lui, Édouard Philippe fait la course en tête au sein du bloc central. Le candidat Renaissance se lance donc en challenger. Il le revendique, car il rêve de rejouer le match Chirac-Balladur de 1995. C'est l'histoire d'un outsider qui dépasse le favori resté sur son camp à soi. La comparaison largement relayée par les équipes de Gabriel Attal a tendu les relations avec son rival.
Une stratégie à la Jacques Chirac pour rattraper son retard. Gabriel Attal y va à fond d'ailleurs. Il accélère, pied au plancher, dès le printemps : un livre, une tournée de dédicaces, la carte "vie privée avec des confidences" sur son couple avec le commissaire européen Stéphane Séjourné, un grand meeting...
"Il confond vitesse et précipitation, désapprouve un artisan de la victoire d'Emmanuel Macron en 2017. Il va arriver en septembre, il aura cramé toutes ses cartouches. Quand les autres vont démarrer ses critiques, Gabriel Attal n'en a cure".
Sa campagne va être "la caravane du Tour de France", promet-il. Cet été le candidat veut mixer des événements très populaires et des déplacements thématiques sur l'environnement ou les gens du voyage, par exemple. "Sa stratégie est simple, être partout tout l'été", résume un proche. Il peut se le permettre car son parti est très riche. 25 millions de trésorerie en début de campagne et cela lui donne un avantage considérable sur ses adversaires.
Mais ce n'est pas tout. L'un de ses lieutenants avertit : "Attention à ne pas tomber dans l'excès de com'. Là, ce qu'il faut, c'est qu'il rallie des poids lourds, qu'il travaille ses réseaux politiques". Les ténors de son camp lui tournent le dos, ils lui reprochent principalement une aventure individuelle, trop de marketing, pas assez de clarté sur la ligne.
Le pari d'Attal est de faire sans eux puisqu'il promet une nouvelle république. Cet automne, il prévoit un deuxième meeting et la présentation de son programme. "Je suis celui qui dévoile le plus de mesures", clame-t-il. Il veut pousser les feux jusqu'au début 2027 dans l'espoir de doubler Édouard Philippe. S'il le décide, Gabriel Attal a les moyens de tenir jusque-là et même au-delà".
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