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Yaël Braun-Pivet, le 19 novembre 2025, à l'Assemblée nationale
Crédit : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Et si c'était elle ? À moins d'un an de l'élection présidentielle, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet compte s'imposer dans la campagne dans la course élyséenne. Yaël Braun-Pivet, qui a été la première femme élue au perchoir en 2022, a réussi à s'imposer comme l'une des figures des dix dernières années.
En politique, on dit souvent que l'appétit vient en mangeant. Dans son bureau, au premier étage de l'hôtel de Lassay, où siègent les présidents successifs de l'Assemblée, Yael Braun-Pivet savoure. Qui aurait cru en 2016, lorsqu'Emmanuel Macron s'est invité par effraction dans la campagne, que cette mère de cinq enfants sans expérience politique aucune occuperait un jour l'un des bureaux les plus prisés de la République ?
Pas même elle. Elle a été élue députée face à un baron des Yvelines, puis présidente de la prestigieuse Commission des lois, presque par surprise. Pour Yaël Braun-Pivet, l'adage vaut mieux que tous les discours. Alors, lorsque Richard Ferrand, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron, est balayé aux législatives de 2022, elle n'hésite pas très longtemps avant de briguer son fauteuil.
Elle est comme ça, Yaël Braun-Pivet, instinctive. Dans une campagne éclair, elle fait même trébucher le candidat officiel de l'Élysée et s'impose. Instinctive, indépendante aussi, au point de susciter les moqueries. "Braun-Pivet, c'est notre Ségolène Royal à nous", raille souvent un ami du président.
Au perchoir, ses supporters louent ses bonnes relations sur tous les bancs, quand d'autres la dépeignent en maîtresse d'école, sanctionnant à tout va les députés récalcitrants. En 10 ans, elle a pris goût à son statut : les invitations, les conférences dans les lycées, depuis 2022, elle sillonne la France. Relayant les accueils chaleureux sur les réseaux sociaux, elle reçoit dans son bureau tout ce que le pays compte de grands patrons. Elle se paye même le luxe de refuser une invitation à l'Élysée pour cause d'anniversaire. Règle numéro 1, la famille, c'est sacré.
La présidente de l'Assemblée a-t-elle un appétit politique ? Assurément, oui. La question, c'est de savoir pourquoi. Une chose est sûre : plus question d'arrêter la politique, comme elle l'avait envisagé au soir de la dissolution. Elle compte bien rester dans la lumière, mais à quelle place ?
À l'hôtel de Lassay, elle reçoit les prétendants, ceux qui y pensent mais qui ne le disent pas, ceux qui réfléchissent, les journalistes. Il y a quelques mois, un proche d'Édouard Philippe en aurait bien fait sa Première ministre idéale.
Un ticket à la manière de Marine Le Pen et Jordan Bardella, pourquoi pas ? Même si elle juge aujourd'hui que le maire du Havre penche trop à droite pour elle. "J'ai envie de faire cette campagne", dit-elle en privé, espérant que d'ici l'automne, un candidat naturel s'impose.
Sans cela, il faudra bien "ouvrir le jeu", comme elle le dit. Partisane alors d'une sorte de primaire du bloc central auquel elle n'exclut pas de participer elle-même. Ne jamais rien exclure, c'est la règle numéro 2 de Yaël Braun-Pivet. Après tout, il y a dix ans, Emmanuel Macron, lui non plus, n'était toujours pas candidat à la présidentielle.
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