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Des données "sensibles" de particuliers : quelles informations ont été dérobées lors du piratage du fisc ?

Au moins 678.000 particuliers et professionnels sont concernés par le vol de données orchestré lors du piratage du fisc fin juin. La Direction générale des finances publiques a annoncé qu'ellle communiquerait dès le début de semaine auprès des personnes concernées.

Un cybercriminel (illustration).

Crédit : HO / CEOP / AFP

AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Le fisc a confirmé vendredi avoir été victime de deux intrusions et vols de données, fin juin et fin juillet, visant son système informatique et les fichiers cadastraux, confirmant les revendications d'un cybercriminel publiées sur le "darkweb" ces derniers jours. Au moins 678.000 particuliers et professionnels sont concernés par le premier vol de données, le plus sensible, tandis que le vol de données cadastrales concerne 200.000 comptes, selon les premiers décomptes de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). 

Au moins 678.000 particuliers et professionnels, dont "un peu plus de professionnels", selon la DGFiP, "ont fait l'objet d'un accès aux données de revenus de référence". 

Si les données des particuliers sont "sensibles" et concernent notamment les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence, et le taux de prélèvement à la source, celles concernant les professionnels le sont "moins" et sont souvent déjà publiques (numéro de Siren, adresse de l'entreprise, du mandataire). 

La seconde fuite revendiquée par "ZeroBytes" concernerait 250.000 lignes selon le hacker, et associerait l'identité et l'adresse des titulaires de droits sur des parcelles cadastrales. La DGFiP évoque "200.000 comptes", mais a "encore des approfondissements à faire". 

Deux attaques revendiquées

Le hacker affirme que ces lignes correspondraient à plus de deux millions de titulaires de biens, plusieurs personnes pouvant être associées à une même parcelle. La DGFiP nuance la sensibilité de ces données : "il est relativement simple, à condition de motiver sa demande, d'avoir accès aux données cadastrales détaillées". 

Les deux attaques ont été revendiquées sur un forum de revente de données du "darkweb" par un cybercriminel dissimulé sous le pseudonyme "ZeroBytes", qui a déjà un historique d'intrusion dans des cibles françaises, a constaté un journaliste de l'AFP. La première offensive, confirmée par la DGFiP, remonte à fin juin et a visé le portail "impots.gouv.fr" du fisc. 
 
Une seconde attaque, perpétrée fin juillet, a ciblé le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC). Pour y pénétrer, le hacker affirme avoir contourné "l'authentification multifacteur", ce système imposant une double vérification pour se connecter. Il aurait interrompu lui-même le téléchargement de données, trop lent selon lui. 

Une communication du fisc en début de semaine

Contacté par l'AFP via ses coordonnées de la messagerie Telegram, "ZeroBytes" a déclaré que son accès au système cadastral avait été "rapidement suspendu après la publication" de sa revendication, jeudi soir. "ZeroBytes" dit être "un groupe de deux personnes", sans "motivation précise" si ce n'est "l'argent, j'imagine". 

Concernant la première attaque, Bercy a reconnu jeudi un "accès illégitime" survenu fin juin, à la suite d'une "usurpation d'identité", et a indiqué vendredi soir avoir notifié l'incident à la Cnil (Commission nationale de l'Informatique et des Libertés). Mais cette confirmation n'est survenue qu'au lendemain de la mise en vente, mercredi, des données par le pirate. 

Le syndicat Solidaires Finances Publiques a dénoncé vendredi une communication "tardive". "Il aura fallu attendre la revendication du cybercriminel le 12 août et la révélation dans la presse, pour que la DGFiP informe officiellement de cette fuite de données", déplore-t-il. La DGFiP s'est engagée vendredi à communiquer "dès le début de la semaine prochaine à l'ensemble des usagers concernés". 

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