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Bruno Retailleau, le 2 juin 2025
Crédit : Thibaud MORITZ / AFP
Candidat pour 2027, Bruno Retailleau ne part pas avec les attributs classiques d’un favori à l’élection présidentielle. Le président des Républicains apparaît d’abord comme un homme pudique : "Je ne suis pas du style à mettre mon épouse sur scène", dit-il. Une réserve qui tranche avec les codes adoptés par plusieurs vainqueurs de la présidentielle avant lui.
À cela s’ajoute une erreur tactique que ses adversaires internes n’ont pas oublié, son départ de l'exécutif en octobre 2025, après le très éphémère premier gouvernement de Sébastien Lecornu. L’un d’eux résume crûment la séquence : "Sa sortie ratée du gouvernement l'a replacé en Ligue 2."
Sur le fond aussi, les critiques existent. Son positionnement conservateur nourrit les réserves, y compris chez les siens. Nicolas Sarkozy lui a fait comprendre dans la presse qu’il n’était pas en phase avec le pays. Un élu LR, peu convaincu par son président de parti, glisse même : "Ça va manquer un peu de champ tout ça."
Chez les opposants du Vendéen, le grand jeu consiste à parier sur le moment où il renoncera à la présidentielle. Mais c'est oublier que Bruno Retailleau est un homme têtu, très têtu, peu enclin à s’arrêter en chemin. Un de ses soutiens rappelle d’ailleurs ce qui fonde, selon lui, une partie de son crédit auprès des Républicains : "Vous oubliez tous que Bruno a été fidèle à (Françoisà Fillon jusqu'au bout. C'est pour ça qu'il plaît aux militants LR. Quand le vent a soufflé très fort, il n'a pas trahi."
Autour de lui, les conseils contradictoires se multiplient. Certains le voudraient plus "trash" ou plus "cash", avec plus de "panache", d’autres plus "rond", d’autres encore plus "autoritaire". Lui prévoit de ne pas écouter tout le monde.
Dans son équipe, on sait que le candidat part avec plusieurs handicaps. Mais "on ne va pas le changer et en plus, ça ne fonctionnerait pas", répond un proche. Le même ajoute : "Et en plus, les Français ont envie de sérieux et Bruno, il est sérieux."
Ceci dit, dans les mois qui viennent, Bruno Retailleau va mettre beaucoup d'énergie pour casser son image. Il le reconnaît lui-même : "On me reproche mon caractère austère. Il y a un décalage entre ce que je suis et ce que j'inspire." Les gens doivent voir ses "os", son "sang" et sa "chair", dit-il.
Reste que Bruno Retailleau doit aussi composer avec un mal ancien de la droite : la fragmentation. Un vétéran rappelle que Jacques Chirac lui-même avait été lâché par tout le monde. Aujourd’hui, les sceptiques ont des noms : Jean-François Copé, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy... Tous expriment en privé des jugements très durs sur lui.
Face à ce tir de barrage, une élue de droite s’emporte : "Mais bon Dieu, Bruno est le seul qui incarne un mini-espoir. Et c'est le moins mauvais de nous tous." Sa colère vise autant les critiques contre l'ancien ministre de l'Intérieur que le spectacle bien connu offert par son camp, celui de la division et des portes qui claquent.
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