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Nicolas Sarkozy, le spécialiste du come-back

DÉCRYPTAGE - En apparaissant aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d'un discours pour les municipales à Paris, l'ancien président poursuit son retour. Revenir : une opération qu'il avait déjà réussie entre 1995 et 2002.

Nicolas Sarkozy le 7 octobre 2013 à Paris
Nicolas Sarkozy le 7 octobre 2013 à Paris Crédit : Thomas Samson
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Nicolas Sarkozy continue à orchestrer son retour en ponctuant l'actualité de petites apparitions. C'est aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris que l'ancien président s'est affiché lundi 10 février.

En pleine bataille pour les municipales à Paris, la rivale d'Anne Hidalgo a donné un discours devant quelque 2.000 militants et sous le regard de Nicolas Sarkozy, assis au premier rang. L'ancien chef de l’État justifie sa présence en évoquant "un geste d'amitié pour Nathalie, qui a été une porte-parole courageuse pendant ma campagne".

Un retour sur les réseaux sociaux

Nicolas Sarkozy a réactivé mardi 21 janvier son compte Instagram. L'ancien président de la République, à la recherche de proximité avec les Français, poursuit ainsi son opération de reconquête de l'opinion, après avoir déjà relancé ses comptes Facebook et Twitter, sur lesquels il communique ponctuellement avec ses soutiens.

Nicolas Sarkozy se trouve actuellement dans une position qu'il a déjà connue par le passé : celle du revenant. Et ça tombe bien, l'ancien président a l'expérience du come-back réussi.

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Évidemment, les tactiques sont différentes. Blacklisté après la défaite d’Édouard Balladur en 1995, Nicolas Sarkozy avait dû rivaliser de patience et de choix stratégiques judicieux pour revenir sur le devant de la scène. Il avait profité du premier septennat de Jacques Chirac pour se refaire une santé politique. Ce coup-ci, Nicolas Sarkozy opère son retour par le biais des médias. Des différences, certes, mais surtout de grandes similitudes.

Renouer avec les Français

Que ce soit en 1995 ou en 2012, Nicolas Sarkozy s'est servi de sa défaite pour renouer avec la base de l'action politique : le contact avec l'électorat. Maire de Neuilly depuis 1983 et député depuis 1988, celui qui a fait l'erreur de soutenir Édouard Balladur aux dépens de Jacques Chirac se concentre dès 1995 sur ses mandats et assoit sa popularité locale. Le résultat est là : en 2002, Nicolas Sarkozy est réélu à la mairie de Neuilly avec 68,78% des voix et prend la tête des Hauts-de-Seine puis de l'UMP (85% des voix) en 2004.

La présence de l'ancien chef de l'État sur les réseaux sociaux obéit à la même logique. Sans mandat - il a rapidement renoncé à prendre la direction de l'UMP pour mener les législatives 2012, comme il le dit dans Campagne intime -, Nicolas Sarkozy peut régulièrement s'adresser aux Français. Là encore, la tactique est efficace : plusieurs dizaines de milliers de likes à chaque publication Facebook et 11 millions d'euros récoltés suite à son appel aux dons après la non-validation de ses comptes de campagne. L'ancien président semble maîtriser les règles de la politique 2.0.

Profiter des errements de la droite

Nicolas Sarkozy est également adepte de l'adage "reculer pour mieux sauter". S'il s'éloigne de la scène nationale en 1995, il revient aux affaires dès 1997 en devenant secrétaire général du RPR. Il conduira même une liste aux européennes de 1999 - pour une défaite cinglante (12,82% des suffrages). Et c'est paradoxalement lorsque la droite va mal que l'ancien maire de Neuilly brille, la défaite aux législatives de 1997 l'ayant ramené au premier plan.

Un schéma qui se répète depuis sa défaite de mai 2012. Son nom n'est jamais autant évoqué que lorsque la droite patine. L'affrontement Fillon/Copé à la fin de l'année 2012 et les mauvais sondages en vue des municipales sont autant de bonnes raisons de croire au retour du grand patron. A Paris, on évoque même son intégration à la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet pour apporter du soutien à une candidate en grande difficulté.

Présence médiatique maîtrisée

Celui dont la candidature en 2017 ne fait presque plus de doute a, en plus, appris à maîtriser sa présence dans les médias. Sa parole s'est faite rare - un commentaire sur la situation syrienne, un vrai-faux off sur son retour en 2015 - mais toujours aussi commentée. Nicolas Sarkozy jouit surtout d'un atout inestimable : ses soutiens parlent pour lui. Résultat : l'ancien président ne sature pas les écrans de sa présence médiatique mais son nom reste sur toutes les lèvres. Henri Guaino, Christian Estrosi, Bernadette Chirac, Jean-Pierre Raffarin ou encore Jean-Louis Borloo ont en commun de régulièrement évoquer le cas Sarkozy. Une sorte de service avant-(re)vente qui ne peut que mener qu'à un come-back.

Comble du luxe pour l'ancien président : les déboires de François Hollande. Les difficultés de son successeur et l'incapacité de l'UMP à en profiter servent de plus en plus les intérêts de Nicolas Sarkozy. De là à dire que l'ancien chef de l’État se réjouit de cette situation, il n'y a qu'un pas.

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