2 min de lecture

"Ne surtout pas culpabiliser les femmes" : sur RTL, Yaël Braun-Pivet veut s’inspirer des pays nordiques pour doubler le dépistage du cancer du sein

Yaël Braun-Pivet plaide pour une refonte du dépistage organisé du cancer du sein. Sur RTL, la présidente de l'Assemblée nationale, elle-même touchée par la maladie en 2022, appelle à lever les freins concrets qui éloignent encore de nombreuses femmes de la mammographie.

Yaël Braun-Pivet, le 12 juillet 2022

Crédit : JOEL SAGET / AFP

Cancer du sein : "Je suis en forme et je suis heureuse de pouvoir en parler", clame Yaël Braun-Pivet sur RTL

00:04:59

Amandine Bégot & Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

À l'occasion d'Octobre rose, le mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a témoigné sur RTL de son parcours, mardi 14 octobre. Atteinte par la maladie en 2022, elle suit aujourd'hui une hormonothérapie. L'élue estime que les campagnes d'information ne suffisent plus à faire progresser la mammographie de dépistage en France, où seules 47% des femmes éligibles y ont recours. 

Beaucoup de femmes repoussent encore ce dépistage, faute de temps, par peur du résultat ou de la douleur, mais aussi en raison des difficultés à obtenir un rendez-vous, d'un centre trop éloigné de leur domicile ou d'horaires incompatibles avec leur travail. Pour Yaël Braun-Pivet, il faut donc sortir d'une logique de reproche. "Il ne faut surtout pas culpabiliser les femmes qui n'y vont pas", affirme-t-elle. "Moi, je voudrais vraiment aussi qu'on ne soit pas dans le reproche."

Une convocation avec un rendez-vous déjà fixé

Yaël Braun-Pivet propose de changer de méthode dans le dépistage organisé du cancer du sein. "Mais il ne suffit pas d'en parler, en fait", insiste elle. Elle souhaite s'inspirer de plusieurs pays nordiques, notamment au Danemark, en Finlande et en Suède, où les taux de participation atteignent selon elle "82-83%".

La différence, explique-t-elle, tient au fonctionnement même du dispositif. "Les femmes, elles vont recevoir une vraie convocation pour aller se faire dépister avec un rendez-vous qui est d'ores et déjà fixé", détaille la présidente de l'Assemblée nationale. Autrement dit, il ne s'agit plus seulement d'inviter les patientes à prendre elles-mêmes rendez-vous, mais de leur proposer directement une date, une heure et un lieu pour leur mammographie.

Pour la présidente de l'Assemblée nationale, ce modèle permettrait de changer d'échelle. "Quand on donne le rendez-vous directement, on arrive à jusqu'à 83% de dépistage organisé", souligne-t-elle. "Chez nous, on doublerait le taux et donc on aurait aussi de meilleurs résultats sur la survie." Elle rappelle le lien direct entre dépistage précoce et chances de guérison : "Quand on est dépisté, plus on est dépisté tôt, plus nos chances de guérison sont importantes."

Faciliter l'absence au travail

L'élue ne limite pas la question au seul système de santé. Elle estime que les employeurs peuvent eux aussi contribuer à rendre le dépistage plus accessible. Elle imagine par exemple qu'une salariée convoquée pour une mammographie puisse s'absenter sans devoir poser une demi-journée de congé.

"Des employeurs aussi qui, par exemple, pourraient accepter l'absence dans la journée d'une personne qui va se faire dépister", avance Yaël Braun-Pivet. Avant d'ajouter : "Chacun pourrait faire un geste, vous voyez, pour favoriser ce dépistage." Son angle est clair : pour améliorer le dépistage organisé du cancer du sein, il faut moins compter sur la seule bonne volonté individuelle et davantage sur une organisation collective capable de simplifier réellement le parcours des femmes.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée