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"Marine Tondelier devrait se taire" : au cœur de l'été caniculaire, les Écologistes pris pour cible par la droite et l'extrême droite

Alors que l'été 2026 est marqué par des épisodes de canicule à répétition, une sécheresse historique, de violents incendies et des récoltes en souffrance, des élus de droite et d'extrême droite pointent du doigt la doctrine jugée punitive du parti de Marine Tondelier.

La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier, à la Maison de l'Amérique latine à Paris, le 19 janvier 2026.

Crédit : Blanca CRUZ / AFP

"Marine Tondelier devrait se taire" : au cœur de l'été caniculaire, les Écologistes pris pour cible par la droite et l'extrême droite

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Rachel Ducept & Quentin Menu

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Des centaines de milliers de personnes évacuées de leurs maisons ou lieux de vacances à cause des incendies. Des pompiers éreintés par des jours et des nuits de lutte contre des mégafeux. Des millions de Français suffoquant sous les fortes chaleurs.

Les conséquences environnementales, sanitaires et économiques de cet été caniculaire sont dramatiques. Et, en politique, point de concorde en vue. Pour les partis de droite et d'extrême droite, ces désastres sont la faute des écologistes.

L'eurodéputée Marion Maréchal-Le Pen évoque le "délire idéologique que promeuvent les écolos depuis des années", parlant même d'une "idéologie (...) meurtrière".

"Marine Tondelier, très clairement, devrait se taire, devrait prendre un grand verre d'eau froide", raille de son côté Julien Odoul sur Sud Radio. Le porte-parole du Rassemblement national estime que les Écologistes ne "s'intéressent pas à l'environnement" mais "à Gaza, (...) au keffieh du Hamas".

Le député accuse également les Verts d'avoir "refusé les débroussaillages", ce qui aurait contribué à amplifier les incendies.

Une fausse information relayée sur les réseaux sociaux et dénoncée par les Écologistes. Ils soulignent que cette polémique, qui date de 2022, est liée à un projet de gestion contesté d'une forêt usagère - au statut juridique particulier - de La Teste-de-Buch (Gironde), mais ne concerne pas les autres forêts.

De son côté, Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l'élection présidentielle, appelle à "en finir avec l'écologie punitive".

Les Écologistes pris comme boucs émissaires

Accusés par l'extrême droite d'écologie punitive, de refuser la climatisation ou le développement de mégabassines, les Écologistes deviennent les boucs émissaires de cette crise climatique. Mais eux se défendent d'être à l'origine du problème.

En juin, Marine Tondelier a reconnu que l'urgence pour son parti dans les années 70 n'était pas la climatisation, mais "de se battre pour qu'il n'y ait pas de changement climatique". Elle considère aujourd'hui que la climatisation est désormais "nécessaire" mais rappelle que cela ne constitue pas une solution pour atténuer le dérèglement.


"Concentrer le débat sur la climatisation" en début d'été "a été un moyen pour l'extrême droite ou la droite de ne pas parler de climat", estime l'eurodéputé David Cormand cité par l'AFP. Une manière, selon lui, de refuser "de regarder en face les causes structurelles de cette situation" et de "cantonner la réponse à des solutions techniques".

"Ces mégafeux se multiplient parce que les forêts sont de plus en plus sèches, de moins en moins robustes, résilientes. C'est le cas en Gironde avec la monoculture du pin, insiste Léa Balage El Mariky, députée et porte-parole du parti. Mais c'est aussi parce que nous n'avons plus assez de moyens, notamment pour les services de sécurité civile."

Pris pour cible de toutes parts – des syndicats agricoles jusqu'à Elon Musk –, les écolos ont pourtant bien du mal à riposter. Leur candidate à la présidentielle, Marine Tondelier, peine à imposer ses propositions. Abolir les privilèges climatiques ? Pas de réaction. Organiser une réunion de crise sur les incendies à la rentrée ? Pas de réponse non plus.

Les propositions des écologistes "avancent malgré tout"

"À eux seuls, les 1% les plus riches sont responsables de 20% de l'augmentation de la température mondiale entre 1990 et 2020", avait expliqué la cheffe de file des Écologistes dans Libération, plaidant pour un ISF climatique, la suppression des niches fiscales fossiles, et la taxation des superprofits des entreprises pétro-gazières et du transport maritime pour financer la transition écologique.


Mais les propositions des écologistes "avancent malgré tout", estime David Cormand. "Et le fait qu'elles soient désormais aussi violemment attaquées par nos adversaires montrent d'ailleurs qu'ils les perçoivent comme une menace".


En juin, la proposition de Marine Tondelier de congés climatiques pour protéger les travailleurs des aléas climatiques a d'ailleurs reçu un certain écho. Selon un sondage, 58% des Français y sont favorables.

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