3 min de lecture

Marc Bloch entre au Panthéon : Emmanuel Macron rend hommage à un "défenseur ardent et inlassable de la laïcité"

Emmanuel Macron a fait entrer, ce mardi 23 juin, au Panthéon l'historien Marc Bloch, soldat et résistant assassiné par la Gestapo. Il s'agit de la sixième panthéonisation du chef de l'État, après celles de Simone Veil, l'écrivain Maurice Genevoix, Joséphine Baker, le résistant Missak Manouchian et Robert Badinter.

Marc et Simonne Bloch ont fait leur entrée au Panthéon ce 23 juin 2026

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Marie-Pierre Haddad

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

"Mort héroïque parce que stoïque". L'historien Marc Bloch, soldat et résistant assassiné par la Gestapo, est entré, ce mardi 23 juin, au Panthéon lors d'un hommage à l'auteur de L'Etrange défaite. Un ouvrage majeur sur la débâcle de 1940 considéré par Emmanuel Macron comme un avertissement contre le "conformisme" qui sape la "volonté française". 

Lors d'une cérémonie solennelle et ouverte au public, Emmmanuel Macron a salué la mémoire d'un homme "guidé par la volonté de comprendre leur vie et de partager leurs idéaux". Selon le chef de l'État, Marc Bloch et ses "enseignements" "nous obligent", contre "l’esprit de défaite".

"De cœur et de raison, authentiquement républicain, défenseur ardent et inlassable de la laïcité. Marc Bloch endure les conséquences de l’antisémitisme d’Etat initié par le gouvernement du maréchal Pétain", a ajouté le président de la République.

"Il est historien et l’histoire est un combat"

"Dans la France de la collaboration avide de prendre sa revanche sur l’affaire Dreyfus, le cas de Marc Bloch montre que dès qu’il faut s’en prendre à un juif, il se trouve toujours un préfet pour réquisitionner, un policier pour perquisitionner, un juge pour condamner un universitaire pour justifier un journaliste pour approuver, un voisin pour dénoncer, et tant d’autres pour détourner le regard. Ne l’oublions jamais", a-t-il poursuivi.

À lire aussi

En retraçant la vie de l'historien, Emmanuel Macron a salué la résistance "de pensée et d'écriture". "Il est historien et l’histoire est un combat", souligne-t-il. "Marc Bloch est pour nous ce testament permanent (...) Il a placé la méthode scientifique au cœur de sa discipline. Il entend lire le passé dans les mentalités des peuples", ajoute le président de la République.

Il a aussi remémoré la volonté de l'histoire à sauver "sa bibliothèque" et ses "5.000 livres" confisqués par le régime de Vichy et envoyé en Allemagne. "Marc Bloch résiste", "se bat" face à "la lacheté des uns" conjuguée à "la méchanceté des autres", explique Emmanuel Macron.  

"Voilà où mène inévitablement l'antisémistisme"

"Marc Bloch lie-t-il France et histoire, République et science, gouvernement et raison. Cette méthode et ce lien sont aujourd’hui encore les meilleurs antidotes contre les poisons de la révision historique", déclare Emmanuel Macron rappelant que le résistant a été "frappé, torturé, supplicié" et "passé sept fois au supplice de la baignoire". "Voilà où mène inévitablement l'antisémistisme dès lors que quiconque s'engage dans ces ténèbres", indique-t-il.

Le président a conclu son hommage avec solennité : "Ainsi Marc Bloch entre-t-il au Panthéon, vivant, devant nous. Et son lègue devient nôtre, formulé avec ses propres mots : 'La France demeurera quoi qu’il arrive la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J’y suis né, j’ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, je me suis efforcé à mon tour de la défendre de mon mieux'". "Vive Marc Bloch, Vive Simonne Bloch, la République, vive la France", termine-t-il.

Le "témoin du désastre de 1940"

Marc Bloch est une référence intellectuelle souvent invoquée par Emmanuel Macron. Fin 2024, en annonçant sa panthéonisation depuis Strasbourg, le président avait évoqué ce "témoin du désastre de 1940" - l'armistice conclu avec l'Allemagne nazie après la déroute de l'armée française - qui "écrivit pour les générations à venir le récit de cette Etrange défaite, celle de notre volonté française émoussée par le conservatisme, endormie par le conformisme, amollie par la bureaucratie, délaissée par une partie de ses élites". 

Il s'agit de la sixième panthéonisation du chef de l'Etat, après celles de Simone Veil, l'écrivain Maurice Genevoix, Joséphine Baker, le résistant Missak Manouchian et Robert Badinter. 

Si le protocole républicain imposait que les chefs de groupes parlementaires soient invités, Marine Le Pen n'était pas présente. L'eurodéputée Reconquête Sarah Knafo, initialement annoncée, était "retenue par d'autres obligations", a dit son entourage à l'AFP. 

"Le programme que défend l'extrême droite va totalement à l'encontre de Marc Bloch et pourtant, depuis une vingtaine d'années, l'extrême droite se met à le citer de façon permanente", a déploré sur franceinfo son arrière-petit-fils, Matis, historien lui aussi. "Il y a quelque chose qui nous paraît complètement contradictoire et nous agace profondément". 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée