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L'Élysée refuse l'accès aux enquêteurs financiers lors d'une perquisition en lien avec l'organisation des cérémonies d'hommage au Panthéon

Des enquêteurs et magistrats du Parquet national financier en charge des investigations sur l’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéon se sont vus refuser l'entrée à l'Élysée ce mardi 14 avril.

La façade principale du palais de l'Élysée vue depuis la porte d'entrée.

Crédit : Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Des enquêteurs financiers se sont rendus ce mardi 14 avril au matin à l'Élysée dans le cadre d'une enquête sur les conditions d'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon à une même entreprise, a appris l'AFP de source proche du dossier, confirmant une information du Canard Enchaîné. Mais l'accès à l'Élysée n'a pas été autorisé aux enquêteurs, a indiqué le Parquet national financier.

Les enquêteurs et magistrats du Parquet national financier chargés d'investigations sur l'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon n'ont pas été autorisés à accéder à l'Elysée mardi, a indiqué le procureur de la République financier, Pascal Prache. Ils se sont vu opposer le fait que l'article 67 de la Constitution entraînait "l'inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République", a-t-il précisé dans un communiqué.

"Des enquêteurs se sont présentés ce matin à la présidence de la République", a confirmé l'Elysée, assurant qu'il leur avait été indiqué que "les documents des agents de l'Élysée, détachables de l'activité du chef de l'Etat, et ainsi communicables, leur seraient transmis sur demande". 

Ces "opérations de perquisition" ont visé mardi "divers lieux", dont des "domiciles", a de son côté ajouté Pascal Prache, sans donner davantage de détails.

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Selon l'article 67 de la Constitution, le président de la République n'est, en règle générale, pas responsable des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner ni faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite. La dernière perquisition de l'Elysée remontait à 2018, dans l'affaire Benalla, sous le premier mandat d'Emmanuel Macron.

Une enquête sur l'attribution de marchés publics relatifs à l'organisation de cérémonies de panthéonisation

Au coeur des investigations, "les conditions d'attribution de certains marchés publics relatifs à l'organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN)", a poursuivi le procureur, sans donner davantage de détails sur le fond du dossier.

Selon Le Canard Enchaîné, qui a révélé l'affaire, les enquêteurs s'interrogent sur le choix d'une même société d'événementiel, Shortcut Events, pour organiser les cérémonies d'entrée au Panthéon des femmes et hommes illustres depuis 22 ans. Sollicitée par l'AFP, l'entreprise n'avait pas répondu dans l'immédiat.

Chaque panthéonisation a été facturée à l'Etat "autour de 2 millions d'euros", estime l'hebdomadaire satirique. Shortcut Events est également, toujours selon Le Canard, derrière l'organisation de plusieurs événements, comme le 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach, en Normandie, en juin 2024.

"Chargée d'organiser des cérémonies de panthéonisation dès 2002, la société Shortcut Events a pleinement profité de la multiplication des hommages nationaux sous la présidence d'Emmanuel Macron en remportant systématiquement les appels d'offres", selon le journal Le Monde.

D'après le quotidien, le CMN a attribué, en 2025, la cérémonie d'entrée de Robert Badinter au Panthéon - d'une valeur de 2,4 millions d'euros - à une autre agence, Auditoire, mettant ainsi fin à la série de marchés remportés par Shortcut Events. Ces appels d'offres étaient-ils pipés ? Ou tout simplement cette société était-elle la meilleure? C'est ce que cherche à déterminer la justice financière.

En amont de cette information judiciaire, le Parquet national financier avait diligenté une enquête préliminaire en décembre 2023, a par ailleurs souligné le procureur Pascal Prache. Les investigations sont confiées à la Brigade financière et anti-corruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne, a-t-il ajouté.

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