4 min de lecture Présidentielle 2017

Macron ou Le Pen, quand la presse choisit son camp

"Le Figaro" et "La Croix" se positionnent en faveur d'Emmanuel Macron, à cinq jours du deuxième tour de l'élection présidentielle.

Revue de Presse - La Revue de Presse Amandine Bégot iTunes RSS
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Adeline François : Macron ou Le Pen, quand la presse choisit son camp Crédit Média : RTLnet | Date :
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Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'était il y a pile deux mois, le 2 mars dernier, "Macron en marche à tous petits pas" titrait en une Le Figaro, qui dénonçait le projet attrape-tout d'Emmanuel Macron. Deux mois plus tard, Le Figaro se fait une raison. "Macron fait la course en tête" titre le journal, mais c'est surtout l'édito de Paul-Henri du Limbert qui nous renseigne sur la soudaine M"acron-compatibilité" du Figaro.

"Entre le programme économique et social d'Emmanuel Macron et celui de Marine Le Pen, il n'y a pas photo", écrit-il. "Le premier propose des mesures de bon sens, la seconde préconise une forme invraisemblable de régression. Si Emmanuel Macron est élu, il ne découvrira pas la situation. L'incapacité de François Hollande à y faire face l'a transformé en rebelle. Il faut souhaiter pour le pays que sa rébellion dure et prospère", écrit l'éditorialiste du Figaro qui conclut : "À cette aune, on lui dispensera simplement un conseil : moins il aura de socialistes dans sa majorité, plus il aura la liberté d'être révolté." Le Figaro sort du bois, mais n'en oublie pas les fondamentaux.

Cazeneuve appelle à voter Macron

La Croix aussi a fini par prendre position, le journal catholique avait décidé jeudi dernier de donner la parole jusqu'au second tour à des intellectuels chrétiens et puis finalement, il y a l'édito de Guillaume Goubert ce matin. "Chacun, quelle que soit sa place, doit se déterminer, prendre ses responsabilités. Le moment est venu pour La Croix de prendre les siennes. Face à ce qui risque d'advenir avec Marine Le Pen, l'abstention ne suffit pas. Le programme d'Emmanuel Macron ne peut recueillir notre pleine adhésion. Mais parce que ce candidat a fait un choix de rassemblement et de confiance dans l'avenir, nous lui apportons notre soutien." Libération publie ce matin un cahier de 16 pages anti-FN, "pourquoi c'est toujours non" titre Libé, référence à la fameuse une d'il y a 15 ans avec le "NON" écrit sur le crâne de Jean-Marie Le Pen. Libé qui publie aussi une tribune du Premier ministre Bernard Cazeneuve appelant à voter Macron, et sommant Jean-Luc Mélenchon de se prononcer sous peine de faute morale.

Les éditorialistes qui s'accordent à dire ce matin que les meetings et les déclarations de ce week-end ont donné le "la" de cette dernière ligne droite. "Les deux finalistes simplifient leurs discours, durcissent leurs attaques", note Benoît Gaudibert dans L'Est Républicain, tandis que pour Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace, "l'apathie des heures qui ont suivi la qualification des deux finalistes a pris fin. Et le rythme cardiaque du pays va s'accélérer avec le débat de demain soir qui aura une importance qu'on ne mesure sans doute pas pleinement aujourd'hui".

Les patrons craignent le FN

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Les patrons aussi sortent du bois. Le phénomène est suffisamment rare pour être souligné, plusieurs chefs d'entreprises, de tout secteur d'activité et de toute taille, ont accepté de s'exprimer dans les colonnes du journal Les Échos sur la menace que représente selon eux une possible entrée de Marine Le Pen à l'Élysée. On vous en a parlé ce matin dans les journaux de RTL et vous avez pu entendre Thierry Breton le patron d'Atos à 8h. "Que les patrons sortent ainsi du bois est exceptionnel", soulignent Les Échos. Ils sont habituellement très réticents à prendre des positions politiques, ne pas insulter l'avenir. On y lira le PDG de Veolia, le patron de Leclerc, celui de Michelin. "Les catastrophes économiques, très peu pour moi, le monde est déjà assez dur comme ça", dit Martin Bouygues. Et puis il y a les mots de Marie-Hélène Radigon, vice-présidente d'ESP, une PME de 15 salariés qui fabrique des pompes hydrauliques. La taxe sur les importations coulerait son entreprise, elle qui fait venir des pièces de Roumanie et qui distribue des produits italiens. "Je mets la clef sous la porte et je vais ailleurs." "Projet FN : les entreprises sonnent l'alarme", à lire dans Les Échos ce matin.

La neutralité a fait long feu. Et là on parle de tabac, Le Parisien-Aujourd'hui en France revient ce matin dans une double page sur l'échec du paquet neutre. On a plus fumé au 1er trimestre 2017 qu'il y a un an. Rien qu'au mois de mars, il s'est vendu le nombre stratosphérique de 4 milliards de cigarettes en France. "Il est temps de se poser des questions sur la pertinence de ce choix, explique un addictologue. Les photos de malade sur les paquets sont destinées à faire peur. Mais par exemple chez les jeunes on sait que le gore produit une certaine fascination. En ce qui concerne les adultes on est allé trop loin en les diabolisant. Pour lutter avec succès, il faut que la personne aidée ait confiance dans celui qui lui donne des conseils. S'il passe pour un donneur de leçons, ça ne fonctionnera pas. "

Un pneu à la gomme de pissenlits

On termine avec des gommes et des bonbons. De la gomme d'abord avec le journal L'Équipe qui nous parle ce matin de la découverte faite par le fabricant de pneus Continental. On aura bientôt un pneu à la gomme de pissenlits, les ingénieurs ont découvert que la racine du pissenlit contenait un latex qui a toutes les propriétés requises pour faire un pneu. Et c'est révolutionnaire car pour l'instant, la  seule source naturelle de caoutchouc c'est l'hévéa, un arbre qui ne pousse que sous les tropiques. Son cours est très variable et son acheminement très coûteux. Les fabricants de pneus estiment qu'il y a urgence à sortir du bois.

De la gomme et des bonbons aussi, les Carambars redeviennent français ce matin. La société Carambar & Co voit officiellement le jour ce 2 mai. À lire dans Le Figaro éco, dans Les Échos et dans La Croix. Cela s'appelle Carambar and co car il y  a aussi les bonbons Kréma et La Pie qui chante, sans oublier le chocolat Poulain, les rochers Suchard, le chewing-gum Malabar et les pastilles Vichy. Autant de marques qui étaient américaines car détenues par le géant Mondelez qui les a revendues et l'acquéreur est donc français. C'est le fonds  Eurazéo associé à des investisseurs. À partir d'aujourd'hui les Carambars redeviennent français, "750 emplois sauvegardés" expliquent Les Échos. On ignore s'ils ont conservé le poste de rédacteur des blagues.

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