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Les pensions de retraite gelées jusqu'à 2030 ? Pourquoi cette mesure refait surface à Matignon pour réduire le déficit

Pour rétablir l’équilibre financier du système des retraites, le Comité de suivi des retraites recommande de ne plus revaloriser les pensions jusqu’en 2030. Une mesure qui permettrait de limiter les dépenses, mais qui inquiète les syndicats, qui dénoncent une perte de pouvoir d’achat pour des millions de retraités.

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Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Retraites : pourquoi le gel des pensions jusqu'en 2030 refait surface pour réduire le déficit

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Pierre Herbulot

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Les pensions de retraite pourraient-elles ne plus augmenter pendant plusieurs années ? C’est la piste relancée par le Comité de suivi des retraites.

Ce groupe d’experts rattaché à Matignon recommande de sous-indexer les pensions de retraite afin de remettre les comptes à l’équilibre. Concrètement, cela reviendrait à ne pas revaloriser les pensions pendant au moins trois ans, jusqu’en 2030.

Aujourd’hui, les retraites sont normalement indexées sur l’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités. Elles ont ainsi été revalorisées de 0,9% en janvier, de 2,2% en 2025 et de plus de 5% en 2024. Si cette recommandation était appliquée, les retraités ne verraient pas leurs pensions diminuer, mais ils ne bénéficieraient plus non plus des hausses annuelles liées à l’évolution des prix.

Une économie pour les finances publiques, mais une perte de pouvoir d’achat selon les syndicats

Pour les défenseurs de cette mesure, le gel des pensions permettrait de freiner l’augmentation des dépenses dans un système déjà déficitaire. Les pensions représentent aujourd’hui près de 400 milliards d’euros par an. Avec une inflation estimée à 1,8% sur l’année, ce coût grimperait à environ 407 milliards d’euros en 2027, sans modification des règles actuelles.

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Les syndicats s’y opposent toutefois fermement. Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA, estime qu’une telle décision pénaliserait directement les retraités et l’économie. "Ça s'appelle une mesure simpliste et c'est une mesure effectivement qui est efficace financièrement mais qui est inefficace sur la consommation, sur le PIB de la France. Si vous donnez moins de pouvoir d'achat aux retraités, il y a moins de consommation, donc moins de production derrière. Et puis vous avez aussi moins de rentrées fiscales", dénonce-t-il au micro de RTL.

Cette proposition n’est pas inédite. Le Comité de suivi des retraites l’avait déjà formulée l’an dernier. Elle avait même été intégrée au projet de budget de l’État avant d’être finalement abandonnée. Sa réapparition intervient alors que le financement des retraites reste l’un des principaux défis des finances publiques. 

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