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Un prêtre porte un chapelet (illustration)
Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP
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De "simples mensonges" ne caractérisent pas juridiquement une escroquerie. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé, vendredi 10 juillet, un fidèle de 69 ans qui a soutiré plus de 230.000 euros à des prêtres âgés qu'il harcelait par courrier pour faire appel à leur charité chrétienne. "Avez-vous un cœur ? », implorait Évariste N. dans son flot de lettres manuscrites à des ecclésiastiques retraités, leur dépeignant de façon fallacieuse un homme en détresse, accidenté par la vie et ayant désespérément besoin d'un petit coup de pouce financier pour garder la tête hors de l'eau.
Touchés par sa cause, les hommes d'Église ont multiplié les petits dons par chèques ou espèces. C'est ainsi que la justice l'accusait d'avoir escroqué 235.330 euros entre juin 2019 et décembre 2025, lorsque cet habitant du Val-d'Oise a été arrêté à la suite d'un signalement du diocèse de Paris, à une trentaine de prêtres, en instrumentalisant la vulnérabilité de leur âge ou état psychique.
La 13e chambre du tribunal l'a relaxé vendredi du chef d'escroquerie car "le prévenu n'a jamais accompagné ses courriers d'aucune fausse facture, d'aucun faux commandement d'huissier, faux certificat d'hospitalisation, ni jamais fait intervenir un tiers à l'appui de ces mensonges" destinés aux prêtres qu'il "ciblait". En effet, a rappelé le tribunal présidé par Guillaume Daïeff, la jurisprudence "n'a jamais considéré que le ciblage des victimes ni la répétition de simples mensonges caractérisent des manœuvres frauduleuses" constitutives de l'escroquerie.
La formation a également écarté une requalification en abus de faiblesse, qui nécessite pour les victimes un "grave préjudice", au vu des faibles sommes données par chaque prêtre individuellement. La tribunal a aussi relaxé sa femme, qui était poursuivie pour recel. Selon les interlocuteurs, Évariste N. disait être sur le point d'être expulsé de son logement, avoir fait un AVC, devoir payer l'enterrement de son fils, avoir une fille qui avait fait une tentative de suicide... Tout cela était faux.
Quand il n'était pas occupé à écrire ses lettres de supplication, parfois simplement photocopiées d'un interlocuteur à un autre, ce père de trois enfants passait son temps au bar avec des amis, dépensant en pintes de bière l'argent tombé du ciel. "J'aime bien prendre un verre", a-t-il confessé aux juges lors du procès en juin. Dans son jugement, le tribunal note que cet ancien vendeur d'articles de sport, qui n'a plus occupé d'emploi salarié depuis une vingtaine d'années, s'est assuré par cette technique un revenu moyen de 2.800 euros par mois sur les six années de la prévention.
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