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Le "parti patriote", un moyen pour le FN de s'éloigner de son image de formation d'extrême droite ?

DÉCRYPTAGE - Évoqué par Marine Le Pen, un grand rassemblement avec, entre autres, les partis de Jean-Pierre Chevènement et de Nicolas Dupont-Aignan pourrait aider le Front national à se défaire de l'image de parti d'extrême droite qui le gêne.

Marine Le Pen en conférence à Cournon-d'Auvergne, le 2 octobre 2014.
Marine Le Pen en conférence à Cournon-d'Auvergne, le 2 octobre 2014.
Crédit : THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Romain Renner
Romain Renner

Invitée de C politique, sur France 5, dimanche 23 novembre, Marine Le Pen a évoqué pour la première fois l'éventualité d'une alliance de plusieurs partis qu'elle juge "patriotes" pour "assurer l'avenir de la France". Outre son propre parti, la présidente du Front national engloberait dans cette formation "les partis de Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan et Philippe de Villiers".

Si le Front national n'évoque que très rarement des possibilités d'alliance avec d'autres partis, cette formation politique "patriote" va dans le sens de l'engagement du Front national depuis plusieurs années maintenant. Les personnalités citées en exemple par Marine Le Pen font notamment partie d'une liste de personnalités que les adhérents au réseau social du FN ("les Patriotes"), peuvent choisir pour définir la ligne politique qui leur correspond le plus.

Chevènement, la "caution" de gauche ?

Si Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan sont deux personnalités clairement identifiées à droite, le choix de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Intérieur d'un gouvernement socialiste, n'est pas anodin. Choisir cette figure de la gauche permet à Marine Le Pen d'appuyer son argumentaire niant l'appartenance du FN à l'extrême droite. Une affiliation qu'elle qualifiait sur RTL de "faute déontologique, acte de militantisme et bavure intellectuelle".

Mais cette alliance, simplement évoquée par la candidate à la présidentielle de 2012, n'est même pas au stade de projet. La métamorphose entamée avec l'appellation "Rassemblement Bleu Marine" n'en est qu'à sa première étape et il faudra probablement encore attendre avant de voir d'autres responsables politiques se joindre au parti de Marine Le Pen.

Des responsables politiques réticents

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"Je ne nie pas que le Front national soit (...) un parti patriote. La vitrine du FN a changé, c'est évident. Mais la boutique est un peu poussiéreuse et l'arrière-boutique est choquante, car elle reste profondément imprégnée des idées du passé (...) L'union des patriotes se fera lorsque le FN aura vraiment changé", estimait notamment Nicolas Dupont-Aignan, dans une interview accordée au JDD, en novembre 2013.

Évoqué en octobre dernier par Robert Ménard, le rassemblement des "souverainistes" n'emballe pas non plus Philippe de Villiers. "J'ai quitté la vie politique par la grande porter, ce n'est pas pour y rentrer par la cuisine", balaie l'ancien candidat à la présidentielle (1995 et 2007). Envisagé comme allié potentiel dès 2002, Jean-Pierre Chevènement a toujours rejeté cette idée : "Le Front national restera le parti de l'ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté". Le parti patriote semble donc, pour le moment, promis à rester au stade d'idée.

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