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Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko remercie Emmanuel Macron pour son soutien face aux attaques racistes, bien que tardif

Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a remercié Emmanuel Macron de son soutien - qu'il a trouvé tardif - face aux attaques racistes dont il a été la cible, lors d'une rencontre mardi 14 avril durant laquelle il lui a remis un courrier dénonçant les insuffisances de l'État.

Bally Bagayoko et Emmanuel Macron.

Crédit : M6 / AFP

AFP

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Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a remercié Emmanuel Macron de son soutien - qu'il a trouvé tardif - face aux attaques racistes dont il a été la cible, lors d'une rencontre mardi 14 avril durant laquelle il lui a remis un courrier dénonçant les insuffisances de l'État. L'édile a indiqué à l'AFP que, lors de cette première rencontre à Saint-Denis, le chef de l'État s'était "voulu rassurant" à son endroit, indiquant "qu'il condamnait bien sûr les actes racistes et qu'il était intransigeant sur cette question".

Depuis sa victoire au premier tour, l'élu d'origine malienne a en effet été la cible de propos polémiques sur l'antenne de la chaîne CNews et de nombreux commentaires racistes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", au lendemain du dépôt de plainte du nouveau maire.

Emmanuel Macron s'est rendu à Saint-Denis pour assister, "comme chaque année", précise son entourage, au concert des élèves des maisons d'éducation de la Légion d'honneur, des internats destinés aux descendantes des décorés de cet ordre dont il est le grand maître. L'échange entre les deux hommes a eu lieu lors de l'accueil républicain du président, en présence des différents élus locaux, avant le début du concert, a précisé l'entourage d'Emmanuel Macron. C'était un "échange cordial et républicain", "il y a eu une poignée de main", "cela a duré très peu de temps", selon la même source.

Bally Bagayoko a annoncé avoir profité de l'occasion pour lui remettre "un T-shirt 'Stop au racisme', qui fait écho au rassemblement tenu début avril" à Saint-Denis, où plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées à son appel. Il lui a aussi remis un courrier de quatre pages dans lequel il a exprimé "le regret que ce soutien [présidentiel] n'ait pu s'exprimer publiquement, ni au moment où ces attaques étaient les plus virulentes".

Bagayoko invite Macron à une marche républicaine contre le racisme le 3 mai

Dans ce courrier, il a aussi alerté le président sur les difficultés majeures qui touchent sa commune, notamment en raison d'un sous-financement de l'État. "Ce que j'observe, c'est que c'est insuffisant", a résumé auprès de l'AFP Bally Bagayoko. Se voulant intransigeant, l'élu LFI a plaidé la cause de sa commune de 150.000 habitants "qui souffre des inégalités sociales et territoriales que les services de l'État laissent prospérer depuis de trop nombreuses années."

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Dans cette lettre, consultée par l'AFP, il déplore par ailleurs les premières mesures provisoires de carte scolaire pour la rentrée 2026, une réduction de moyens qu'il juge "difficilement compatible avec les ambitions nationales de réussite éducative et de luttes contre les inégalités scolaires". Bally Bagayoko y dénonce également les "dysfonctionnements importants" à la sous-préfecture de Saint-Denis, où les longs délais pour l'obtention et le renouvellement des titres de séjour ont des conséquences "très lourdes" pour les usagers, telles que "perte d'emploi, difficultés d'accès au logement."

"Contrairement aux fake news qui circulent", tance le maire, il a indiqué que les effectifs de la police municipale et que le dispositif de vidéoprotection seraient maintenus, tout en critiquant l'effectif de police nationale "structurellement insuffisant" pour répondre aux besoins de sa commune.

Il s'est aussi dit "à la disposition" du gouvernement "pour avancer très concrètement", se voulant rassembleur : pour "essayer de faire une jonction entre la banlieue et Paris", a-t-il dit mardi soir à l'AFP, une marche républicaine contre le racisme est prévue le 3 mai dans la capitale, dans la continuité du rassemblement du 4 avril à Saint-Denis.

Dans son courrier et en personne mardi soir, Bally Bagayoko a invité Emmanuel Macron à se joindre à cette manifestation. L'élu dyonisien n'avait pas manqué de relever l'absence de membres du gouvernement sur le parvis de son hôtel de ville lors de ce premier rassemblement.

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