5 min de lecture La France insoumise

Dans les coulisses du premier cours de l’école de formation de la France insoumise

REPORTAGE - Samedi 3 février, la France insoumise a tenu son premier cours, dans le cadre du lancement de son école de formation. Deux heures axées sur la parole insoumise et l'éducation devant une quinzaine de personnes présentes dans la salle et 20.000 via les réseaux sociaux.

Le premier cours de l'école de formations de la France insousmise
Le premier cours de l'école de formations de la France insousmise Crédit : Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un cours pour devenir un meilleur Insoumis. Quelques jours après le lancement officiel de l'école de formation du parti, le premier cours, gratuit et ouvert à tous, s'est tenu le samedi 3 février. Peu avant 10 heures, des courageux ont bravé la pluie et le réveil matinal pour y assister. Au programme : la lutte contre la marchandisation de l'éducation.

Comme s'ils étaient à nouveau des élèves, plusieurs d'entre eux attendent patiemment que les portes des locaux de la France insoumise, situés rue de Dunkerque à Paris, s'ouvrent. Au total, ils seront une quinzaine à faire le déplacement

Dans ce cours, pas de trousses ou de plan de classe, juste des chaises alignées et un bureau qui leur fait face. Et... des caméras ! Trois exactement. La France insoumise retransmet en direct sur YouTube, Facebook et Periscope ce premier atelier. 

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Comme dans une classe "normale", il y a ceux qui sont venus en groupe, comme Soraya accompagnée de deux amis, mais aussi Raphaël qui a fait le déplacement tout seul. Il y a aussi les studieux, comme Sami, qui à peine assis sortent leur cahier et leur stylo pour prendre des notes. Et ceux qui s'assoient au dernier rang de la classe, discrets, en gardant leur manteau. 

Une quinzaine de personnes étaient présentes pour assister au premier cours de l'école de formation de la France insoumise
Une quinzaine de personnes étaient présentes pour assister au premier cours de l'école de formation de la France insoumise Crédit : Marie-Pierre Haddad

10h10 : le cours débute et c'est parti pour deux heures de formation, très politiques et très "insoumises". Thomas Guénolé, politologue insoumis, rappelle en quelques mots que cette école de formation a pour "première vocation, d'être une école de formation militante. C'est assumé (...) Le but est d'aider les militants insoumis à développer leur argumentation militante (...) et mieux comprendre et s'approprier la pensée, le projet, l'argumentaire de l'adversaire".

Le professeur du jour est Paul Vannier, auteur du volet éducation de L'Avenir En Commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon et ancien candidat de la France insoumise aux élections législatives. Il déroule le programme des deux prochaines heures : "Je vais m'asseoir parce que c'est un cours et qu'il va durer un peu (...) Nous sommes, la France insoumise, le clan de l'humanisme émancipateur et de ce fait l'école occupe une place absolument centrale dans nos réflexions". 

Je vais vous montrer pourquoi la France insoumise est la première force d'opposition au gouvernement

Paul Vannier, professeur de l'école de formation de la France insoumise
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Il ajoute : "Je voudrais vous montrer en quoi se joue, en ce moment-même, une bataille qui vient de commencer avec des milliers de lycéens et étudiants qui ont manifesté parce qu'ils refusent la politique mise en oeuvre. Je vais commencer par ça : pourquoi cette bataille est-elle engagée ? Contre qui ? Contre quoi ? (...) Je vais vous montrer pourquoi la France insoumise est la première force d'opposition au gouvernement. Puis, dans un deuxième temps, je vous présenterai nos propositions".

Dès les premières minutes, le ton est donc donné. Emmanuel MacronJean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, Pierre Mathiot, auteur du rapport visant à réformer le bac et Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sont dans le viseur de Paul Vannier. Studieux, les "élèves insoumis" notent religieusement les mots et les exemples donnés, ils hochent la tête à la fin de chaque démonstration avancée par le professeur. Pas de bavardages entre eux, ou de chuchotement, ils sont captivés, les yeux rivés sur Paul Vannier... comme hypnotisés. 

Studieux, les étudiants de l'école de formation de la France insoumise prennent des notes
Studieux, les étudiants de l'école de formation de la France insoumise prennent des notes Crédit : Marie-Pierre Haddad

Nous avons dépassé les 20.000 vues en direct

Thomas Guénolé, politologue insoumis
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Cette séance se conclut par des questions prises depuis la salle de cours, mais aussi sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, dix bénévoles de la France insoumise étaient mobilisés ce samedi matin : "Deux pour la vidéo, une personne pour le son et deux personnes, chargées de les scruter en temps réel les questions", nous explique Arthur en charge de faire remonter les commentaires en direct. À la fin du cours, Thomas Guénolé annonce que "sur l'ensemble des réseaux sociaux de la France insoumise, nous avons dépassé les 20.000 vues en direct".

Raphaël, 30 ans, à la recherche d'informations

Ces militants-élèves sont conquis. Raphaël, professeur principal d'une classe de terminal nous explique : "C'était clair et complet, bien utile pour enseigner à mes camarades à Saint-Denis où je milite. En tant qu'enseignant dans mon groupe militant, je vais être appelé à parler de ce sujet qui marque l'actualité. C'était très précieux".

Raphaël détaille : "J'ai été particulièrement attentif à l'analyse de Parcoursup. Sur les critères des universités pour sélectionner les étudiants, il y a une réelle opacité. J'avais regardé dans la presse et je n'avais pas trouvé de réponses claires. Là, ça l'était. Il y a des choses qui étaient à l'état de rumeurs et là qui sont confirmées, détaille Raphaël, encore très concentré sur le cours qui vient de se dérouler. L'école insoumise, je la vois comme la possibilité d'informer de façon un peu magistral".

Viendra-t-il au prochain cours ? "Je ne sais pas, répond Raphaël. Là, c'était le thème de l'éducation qui m’intéressait. Le prochain cours (prévu le 10 mars, sur le thème du nucléaire ndlr) m’intéresse aussi et j'aurais beaucoup à y apprendre, mais il faudra que je retrouve la motivation de me lever un samedi, donc peut-être que je ferai l'expérience sur les réseaux sociaux", dit-il en souriant.

Soraya, 44 ans, "plus armée pour résister"

Soraya, 44 ans, était assise au premier rang et dès la fin du cours, elle débriefe avec ses amis. "J'étais dans le flou avant. C'était très bien. Il y avait plein de choses que je ne connaissais pas, on était au cœur de l'info. C'est génial. Ça m'a ouvert les yeux. J'ai des enfants et des neveux et nièces donc je m'inquiète pour eux. J'étais venue chercher des informations et je les ai eues", raconte-t-elle. 

Militante de la France insoumise "depuis que Jean-Luc Mélenchon s'est présenté à la présidentielle", elle ajoute ne pas avoir participé aux manifestations quelques jours auparavant mais que désormais : "Je vais aller chercher plein de monde et je serai de toutes les batailles. Je suis plus armée pour résister". Pas de doute donc pour elle, Soraya sera présente aux prochains cours "ici ou sur les réseaux sociaux".

Sami, 52 ans, n'est engagée dans aucun parti. Elle est venue assister à ce cours "pour la connaissance". "Ça me donne la possibilité de ne pas rester ignorante et d'être toujours éveillée. Au départ, je pensais que le gouvernement avait raison de restructurer l'université parce que maintenant on est dans la période du robotisme et de l'innovation. Donc, il faut créer de nouveaux modèles pour s'y adapter", nous confie-t-elle. Mais ça c'était avant... "Je ne savais pas que la restructuration voulait dire, faire la sélection. Le gouvernement a raison dans la forme mais pas dans le fond", défend-t-elle. 

C'est donc un succès complet, se vante Thomas Guénolé et Manon Le Breton, en charges de cette école. Mais le politologue reconnaît néanmoins avoir sous-estimé le facteur "panne de réveil" chez ceux qui s'étaient inscrits pour assister au cours et qui ne sont finalement pas venus.

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2018-02-05 15:32:00
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