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Jean-François Copé : les ambitions contrariées de l'homme qui rêvait de l'Elysée

PORTRAIT - L'affaire Bygmalion vient de plomber les ambitions futures et la carrière actuelle du président démissionnaire de l'UMP.

Jean-François Copé
Jean-François Copé Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Romain Renner
Journaliste RTL

Si Jean-François Copé avait dû écrire le film du quinquennat en cours, nul doute qu'il n'aurait pas inclus autant de péripéties et d'embûches à son scénario. Surtout, le dénouement de l'histoire ne ressemblerait pas à la mise à mort politique qu'il est en train de subir.

Voilà deux ans que le plan élaboré par l'ancien chiraquien ne tourne plus rond. Tout allait pourtant dans le sens désiré par l'ambitieux maire de Meaux. Celui qui se rêve depuis toujours en président de la République avait obtenu les responsabilités qu'il souhaitait au moment où il le désirait et rien ne semblait, de son point de vue, pouvoir l'arrêter.

La route vers l'Élysée passe par l'UMP

D'abord indésirable de la Sarkozie, Jean-François Copé accède en 2007 à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Une aubaine. Suffisamment proche du Président pour s'attirer à lui les faveurs de ses partisans, il sait marquer sa différence lorsqu'il en ressent le besoin. Les députés apprécient le charisme d'un leader qui leur donne l'impression d'exister et qui porte leur voix jusque dans les bureaux de l'Élysée, quitte à fâcher (un peu) le grand patron.

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Crédible, doté d'un solide réseau et d'un groupe de fidèles, le député-maire de Meaux passera cinq ans à consolider ses bases avant de se lancer, un jour, à l'assaut de l'Élysée. Pour ce faire, il en est convaincu : il lui faudra la présidence de l'UMP. Comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avant lui, Jean-François Copé voit en ce poste stratégique une manière de poser son empreinte sur les élus, militants et sympathisants.

En guerre contre François Fillon

La relation ambiguë qu'il entretient avec Nicolas Sarkozy, faite d'admiration et de répulsion réciproques, ne sert toutefois pas ses intérêts. Aussi se lance-t-il sans réserve aux côtés du chef de l'État dans la bataille pour conserver l'Élysée en 2012. Fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé pourra alors bénéficier de son appui pour prendre la tête du parti.

Las, Nicolas Sarkozy s'incline, aiguisant ainsi l'appétit des autres ambitieux de son camp. Un premier accroc qui oblige Jean-François Copé à s'adapter et improviser. Démarre alors un combat féroce qui l'opposera à François Fillon. "Ça a généré des haines", déplorera Rachida Dati. L'imbroglio autour du résultat de l'élection pour la présidence de l'UMP ravage un parti encore fragile et décrédibilise ses protagonistes. Copé en deviendra le chef mais sa popularité tombe au plus bas.

La défaite de Nicolas Sarkozy change tout

Un détail pour celui qui a toujours vu la politique comme un combat. Le nouveau président de l'UMP, cinquante ans, sait que ses illustres prédécesseurs ont tous connu des moments difficiles. Le moment venu, se dit-il, il saura convaincre les Français. Mais la défaite de Nicolas Sarkozy et la possibilité d'un retour repoussent de facto "son heure".

S'il avait été élu, l'ex-président n'aurait pas pu se représenter. Défait, il devient un candidat probable pour 2017. "Quelle que soit sa décision, je serai aux côtés de Nicolas Sarkozy"annonce-t-il alors. Difficile de toute manière de s'opposer au favori des Français de droite.

Trop de polémiques

Aux sorties hasardeuses - le fameux "pain au chocolat" - succéderont les casseroles de l'UMP. S'il n'est pas lié aux écoutes de Patrick Buisson, aux ennuis judiciaires des Balkany ou aux accusations de violation du secret de l'instruction et de trafic d'influence qui pèsent sur Nicolas Sarkozy, ces polémiques sont un fardeau pour la formation qu'il dirige. Donc pour lui.

Les victoires acquises dans les urnes au cours des deux premières années de l'ère Hollande - législatives partielles, municipales - servent sa crédibilité de président de parti mais ne lui permettent pas de remonter dans l'estime des FrançaisL'affaire Bygmalion et sa démission, réclamée par les hauts dignitaires de l'UMP, achèvent de l'écarter du chemin présidentiel qu'il s'était tracé.

Se battre pour un retour ?

Mis au ban des responsables politiques et sali par les soupçons qui pèsent sur lui, Jean-François Copé refuse toutefois de lâcher prise. S'il a été contraint de quitter son poste - auquel il a vainement tenté de s'accrocher avant de renoncer -, le futur ex-président de l'UMP n'exclut pas de tenter un retour lors du congrès de son parti, en octobre.

Un come-back parfaitement improbable qui n'empêchera pas l'élu de rêver. Après tout, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'ont-ils pas, avant lui, connu une longue et délicate traversée du désert ? Celle de Jean-François Copé démarrera le 15 juin prochain, date où il quittera son bureau de la rue de Vaugirard.

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2014-05-28 15:15:58
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