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"Il se peut que ce soit exact" : Laurent Nuñez soupçonné d'avoir évoqué des éléments couverts par le secret de l'enquête sur la garde à vue de Rima Hassan

Les révélations de "Complément d'enquête" relancent la polémique autour de la garde à vue de Rima Hassan. Laurent Nuñez est soupçonné d'avoir évoqué, devant des journalistes, des éléments potentiellement couverts par le secret de l'enquête.

L'eurodéputée LFI Rima Hassan le 14 juin 2025

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Jérémy Descours & AFP

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Laurent Nuñez a-t-il divulgué des informations couvertes par le secret de l'enquête sur Rima Hassan ? Les révélations de Complément d'enquête, diffusée ce jeudi 17 septembre sur France 2, relancent les questions sur le rôle du ministre de l'Intérieur après la diffusion d'informations inexactes sur de supposés stupéfiants retrouvés dans le sac de l'eurodéputée insoumise, lors de sa garde à vue du 2 avril dernier.

Ce jour-là, Rima Hassan est convoquée puis placée en garde à vue pour apologie de terrorisme, en raison de l'un de ses messages publiés sur X. Dans la foulée, plusieurs médias, dont RTL, avaient rapporté la découverte d'une petite quantité de drogue de synthèse dans ses affaires. Mais l'enquête ouverte pour une éventuelle détention de stupéfiants a ensuite été classée sans suite par le parquet de Paris, après analyse des deux contenants retrouvés.

"Un truc de synthèse"

Selon FranceInfo, qui rapporte des témoignages de journalistes présents lors d'un déplacement de Laurent Nuñez à Bordeaux avec Sébastien Lecornu le 2 avril, le ministre a été interrogé dans un wagon-bar, hors micros et caméras, sur la présence de drogue dans le sac de l'eurodéputée. "Il se peut que ce soit exact", a répondu le ministre, en évoquant "un truc de synthèse" pour un premier produit et "un dérivé de la cocaïne" pour le second, tout en ajoutant "qu'il ne s'y connaît pas trop".

Un autre journaliste cité par FranceInfo affirme que le ministre a également livré "le point de vue de Rima Hassan", en expliquant que l'eurodéputée avait dit en garde à vue avoir acheté ces substances en Belgique, pensant que cela était autorisé. Ce témoin dit avoir été frappé par le caractère potentiellement confidentiel de ces informations, évoquées "au milieu d'un wagon-bar". Un troisième journaliste, toujours selon FranceInfo, avait ensuite confirmé à sa rédaction que "de la drogue de synthèse dérivée de la cocaïne" avait bien été retrouvée dans les affaires de l'élue.

Pour rappel, le ministre de l'Intérieur assurait, au lendemain de la garde à vue de Rima Hassan sur le plateau de BFMTV, ne pas vouloir faire de "commentaires" sur cette procédure. "Je regrette d'ailleurs qu'il y ait eu des fuites, je comprends qu'il y a eu quelques fuites avant que le parquet ne s'exprime", ajoutait-il.

Une "exceptionnelle gravité"

Interrogé ce jeudi lors d'une commission spéciale sur la loi intégrale sur les violences sexuelles par des députées de La France insoumise, qui demandent sa démission, Laurent Nuñez a assuré n'avoir "organisé aucune fuite" dans la presse. Ce jour-là, "je suis interrogé en off par des journalistes qui ont toutes les informations [...] Je ne sais pas comment ils les ont eues" sur la garde à vue en cours de Rima Hassan, a-t-il affirmé. "Et dans cette conversation, j'incite à la prudence", a-t-il assuré.

L'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, estime lui que de tels faits, s'ils étaient confirmés, seraient d'une "exceptionnelle gravité" et "caractériseraient une atteinte supplémentaire au secret de l'enquête ainsi qu'à la présomption d'innocence". 

Il demande l'ouverture d'une information judiciaire pour "identifier sans délai les personnes à l'origine de ces fuites et d'en comprendre les motivations" et souhaite que Laurent Nuñez soit entendu "dans les meilleurs délais" par un juge.

Dès le lendemain de sa garde à vue, Rima Hassan avait dénoncé des informations "fausses" relayées, selon elle, "dans le seul but de [lui] nuire". "Un ministre manipulateur manipule des journalistes sans scrupules ni conscience professionnelle. Des heures de calomnies. Tout ça sous l'influence d'une drogue bien connue des milieux suprémacistes : la haine des Palestiniens et le soutien au génocide", a réagi sur X le chef des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.

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