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"Il s’impose comme le numéro un" : Jean-Luc Mélenchon améliore sa popularité auprès des sympathisants de gauche pour la présidentielle 2027

Selon un sondage Odoxa-Mascaret publié par Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique la plus populaire auprès des sympathisants de gauche. Malgré un fort rejet dans l’ensemble de l’opinion, le leader de La France insoumise profite des divisions à gauche en vue de la présidentielle 2027.

Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting à Saint-Denis le 7 juin 2026

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Jean-Luc Mélenchon est-il en passe de réussir la première partie de son pari pour la présidentielle de 2027 ? Selon un baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat publié le 30 juin, le candidat insoumis arrive en tête du classement des personnalités politiques les plus populaires, auprès des sympathisants de gauche, avec 49% de cote d’adhésion. Jean-Luc Mélenchon dispose ainsi de sept points d'avance sur François Hollande et François Ruffin, et dix points sur Raphaël Glucksmann.

Cependant, cette tendance ne se vérifie pas pour le reste des Français. Près de sept Français sur dix ont déclaré éprouver du rejet à l'égard du chef de file de la France insoumise. Cela représente 69% des personnes interrogées, soit la 18e place du classement. 

Auprès de Public Sénat, le président d'Odoxa Gaël Sliman souligne que "la présidentielle se rapproche et les champions de chaque camp commencent à s’affirmer. À gauche, Jean-Luc Mélenchon s’impose nettement". "Le leader insoumis a beau être toujours la personnalité la plus rejetée par l’ensemble des Français, il s’impose comme le numéro un auprès des sympathisants de tous les partis de gauche avec 49 % de cote d’adhésion", analyse-t-il.

Sandrine Rousseau appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon

Cette tendance est une nouveauté pour Jean-Luc Mélenchon. Le dernier scrutin en date, les élections municipales, avaient été le théâtre de divisions à gauche. Certains défendant la nécessité d'un ralliement à la France insoumise, d'autres préférant conserver leur indépendance. 

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L'élection présidentielle de 2027 pourrait marquer un tournant pour le triple candidat qui bénéficie bien en amont du premier tour du soutien de plusieurs personnalités à gauche. Notamment du côté des écologistes. Sandrine Rousseau a vivement critiqué la stratégie de son parti, consistant à présenter un candidat pour 2027. "J’appelle les militants écologistes à ne pas voter pour que Marine Tondelier soit notre candidate. Il y a trop de candidatures à gauche, il faut qu’on arrête de les multiplier", a déclaré la députée le 30 juin sur Sud Radio.

Elle en appelle ainsi au vote utile envers Jean-Luc Mélenchon. "Il faut qu’on arrête avec ce délire à se dire qu’on est tous légitimes. Qu’on devienne un petit peu sérieux", a-t-elle insisté assurant qu'il est "le mieux placé à gauche".

Dans un mail interne révélé par La Tribune Dimanche, la présidente du groupe écologiste à l'Assemblée Cyrielle Chatelain observe que la gauche "est asphyxiée par les querelles intestine du PS". La députée et douze parlementaires verts militent pour "rouvrir les discussions" avec la France insoumise.

Autre signal allant dans le sens d'un ralliement au candidat de la France insoumise : Philippe Poutou a confirmé qu'il ne se présente pas en 2027 et que le NPA-l'Anticapitaliste soutiendra la candidature du leader LFI. Le NPA-A est né après la scission du Nouveau Parti anticapitaliste en 2022 en deux partis. Le choix de Philippe Poutou parait être un acte isolé dans les urnes - en 2022, Philippe Poutou avait obtenu 1% des suffrages - mais qui traduit une interrogation à gauche et à l'extrême gauche.

"Nous, c'est carré"

La France insoumise cherche aussi à profiter de la confusion au Parti socialiste et des divisions chez Les Écologistes. "Nous, c'est carré", répète Jean-Luc Mélenchon. Le député LFI Éric Coquerel constate : "Nous, on est déjà partis, quand les autres se demandent encore : 'Avec quel candidat ? Quelles forces ? Et sur quel projet ?'". 

Un message qui pourrait concerner deux anciens insoumis lancés dans la course à la présidentielle, Clémentine Autain et François Ruffin. "On peut pas nier la capacité de Jean-Luc Mélenchon à mobiliser sa fanbase. Mais LFI a construit un plafond de béton", souligne-t-on auprès de RTLfr, dans l'entourage du député de la Somme. 

Ces derniers se sont dits prêts à participer à une primaire de la gauche unie, hors LFI. Mais son organisation patine. "Plein de gens viennent nous voir dans les couloirs de l'Assemblée pour dire 'Il faut qu'on fasse ensemble.' Tout le monde réfléchit à l'après, car plus personne ne croit à la primaire", lâche un député insoumis à Franceinfo. "Plus longtemps ils restent dans leur truc, plus ça va nous laisser du temps pour dérouler", a-t-il ajouté. 

Convaincre une partie plus importante de l'électorat de gauche

La route reste longue pour LFI car la confusion suscitée à gauche est aussi perceptible au sein de l'électorat de gauche. Selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès, si l'ensemble de l'électorat de gauche partage les mêmes priorités - santé, pouvoir d'achat, éducation et inégalités sociales - il s'oppose néanmoins sur "le rapport à la radicalité, au compromis et surtout à La France insoumise. 

Le rejet du mouvement de Jean-Luc Mélenchon apparaît désormais comme un facteur structurant", indique le think tank dans une analyse le 25 juin. Dans cette "radiographie", la Fondation Jean-Jaurès divise les électeurs de gauche en quatre familles : le noyau Insoumis (20% des électeurs de gauche), la rupture de ban avec Jean-Luc Mélenchon (25%), le centre gauche en quête d'offre (23%) et le vote utile à gauche (32%). 

Malgré une base électorale solide, Jean-Luc Mélenchon devra convaincre une partie importante de l'électorat de gauche afin d'espérer accéder au second tour. 

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