2 min de lecture

"Il n'y a plus de pilote dans l'avion" : la tournée d'Emmanuel Macron dans le Golfe après les violences crispe jusque dans son camp

Emmanuel Macron a maintenu sa tournée dans le Golfe malgré les violences en France, au risque d'alimenter les critiques sur son absence et son impuissance. Entre procès en déconnexion, gestion de crise déléguée aux acteurs locaux et doutes jusque dans son camp, le chef de l'État apparaît fragilisé.

Le président français Emmanuel Macron participe à une rencontre avec le président des Émirats arabes unis au palais présidentiel de Qasr al-Watan, à Abou Dhabi, le 19 octobre 2026.

Crédit : Benoit Tessier / POOL / AFP

Emmanuel Macron en tournée dans le Golfe en plein chaos : au sein du gouvernement les critiques fusent

00:01:46

Macron inaudible : y a-t-il encore un pilote dans l'avion ?

00:11:30

Eléonore Aparicio & Pauline Théveniaud

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

La France s'embrase, Emmanuel Macron regarde vers le Moyen-Orient. Le président s'est envolé juste après son allocution télévisée de dimanche soir pour une tournée de trois jours dans le Golfe, après un week-end de violences en marge des manifestations. Le chef de l'Etat est attendu au Koweït, aux Émirats arabes unis, puis à Bahreïn et au Qatar d'ici mercredi. Selon l'exécutif, ce déplacement vise à sécuriser des volumes de carburant pour tenter de faire baisser les prix à la pompe.

Une priorité économique légitime mais une question politique s'impose : Emmanuel Macron est-il encore aux commandes, ou est-il en train d'abandonner le navire ? Sur RTL, lundi 19 octobre, l'éditorialiste Christophe Barbier ne prend pas de gants : "Il n'y a plus de pilote dans l'avion, globalement, depuis la dissolution ratée. On se demande même s'il y a un avion", lance-t-il. 

Pour lui, le problème dépasse largement la communication présidentielle. Emmanuel Macron serait désormais privé des principaux instruments qui lui permettraient autrefois d'imposer ses décisions. "Il ne peut pas passer par la loi, il n'y a plus de parlement avec une majorité pour lui. Il ne peut pas passer par l'arrosoir financier en disant 'je débloque de l'argent pour calmer les colères', il n'y a plus d'argent. Donc c'est un président qui est impuissant", assure l'éditorialiste. 

Un président qui délègue la gestion de crise

Emmanuel Macron renvoie désormais une partie des décisions aux autorités locales. Face aux violences, il confie aux préfets et aux maires le soin d'adapter les mesures de maintien de l'ordre à la situation sur le terrain plutôt que d'imposer une réponse nationale uniforme. Les préfets ont notamment été chargés d'identifier les zones à risques qui méritaient l'instauration de couvre-feux. 

À écouter aussi

Pour Christophe Barbier, cette évolution comporte une double lecture. D'un côté, elle pourrait révéler un État central qui ne parvient plus à maîtriser la situation "donc il se défausse sur le préfet et les maires". De l'autre, l'éditorialiste reconnaît que les responsables locaux connaissent mieux les réalités du terrain et peuvent prendre des décisions plus adaptées. 

Des ministres dépassés

Même au sein de la majorité et du gouvernement la méthode du président fait grincer des dents. Plusieurs ministres décrivent une équipe dirigeante dépassée par les événements. "Ils ont été totalement à la rue, abasourdis", confie un ministre à propos du président, du chef du gouvernement et du ministre de l'Intérieur. "On a été dépassés, les gens se disent que rien n'est tenu, c'est létal", ajoute un autre ministre. 

Dans les rangs de la majorité, l'allocution télévisée du président et sa décision de maintenir son déplacement dans le Golfe sont particulièrement critiquées. Le mot "crépusculaire" circule jusque chez les soutiens du chef de l'État.  

Un cadre Renaissance, lui, fustige l'extrême discrétion du Premier ministre. "Il faut sortir, répondre aux questions", assure-t-il. "Nous avons failli", a fini par concéder le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lundi matin sur France 2. L'entourage d'Emmanuel Macron confesse un défaut d'anticipation et de renseignement mais le mea culpa s'arrête là. "Il faudra comprendre ce qui a dysfonctionné", ressasse néanmoins un ministre qui ajoute "avant, il faut rétablir l'ordre et voir comment on tient la semaine".

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée