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"Il arrive à accroître son emprise" : un premier tour des élections municipales en forme de victoire du RN ?

Arrivé en tête dans 58 communes au soir du premier tour des élections municipales, le Rassemblement national a réussi à se maintenir dans ses terres du nord et du sud-est mais aussi à s'implanter dans d'autres régions. Les grandes métropoles lui résistent encore.

Jordan Bardella, le 15 mars 2026

Crédit : Gabriel BOUYS / AFP

Marie-Pierre Haddad

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En position de vainqueur ou de challenger. Certain d'obtenir un score non négligeable lors de ce premier tour des élections municipales, Jordan Bardella a été le premier responsable politique à prendre la parole, dimanche 15 mars. À 20h05 précises, le président du Rassemblement national a revendiqué la victoire de son parti dans plusieurs villes. Tout en tendant la main à la droite et aussi aux listes indépendantes pour d'éventuelles alliances en vue du second tour. 

C'est donc sur un ton conquérant que Jordan Bardella a assuré : "Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons", a affirmé le président du RN. L'objectif est clairement affiché : faire barrage à l'extrême gauche et empêcher "la dilution dans le macronisme"

Au total, le RN était en tête ce dimanche 15 mars dans 58 communes - dont 7 listes d'alliance avec les ciottistes de l'UDR -, selon les résultats communiqués par le ministère de l'Intérieur. "C'est une immense victoire pour notre mouvement", a claironné Marine Le Pen, faisant miroiter à ses électeurs d'autres "réelles chances de victoire le 22 mars lors du second tour". 

En tête dans 58 communes

Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive France, constate une évolution électorale pour le Rassemblement national lors de ces élections municipales. Lors des précédentes scrutins, le parti de Jordan Bardella avait émergé dans des communes périurbaines. "Désormais, il arrive à pénétrer le centre urbain et accroitre son emprise dans un certain nombre de territoires", a-t-il analysé au micro de RTL. À cela s'ajoute "la capacité du RN à pouvoir avoir une croissance géographique dans le sud-ouest et l'ouest de la France."

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Ainsi, le RN a été réélu dans ses bastions qui lui sont désormais acquis, comme à Beaucaire "avec près de 60% des voix", comme l'a indiqué Jordan Bardella. À Perpignan, Louis Aliot a été réélu à 50,61%. Invité de RTL, l'édile a revendiqué une victoire du RN "dans le Sud", même si sa réélection est cependant hypothéquée par la décision de la cour d'appel le 7 juillet, qui pourrait le contraindre à démissionner s'il était condamné dans l'affaire des assistants des eurodéputés du FN. "Répéter cette affaire des assistants, ça ne change rien dans les urnes, les gens ont des préoccupations réelles pour eux", a balayé le maire. 

À Fréjus, David Rachline, ancien poids lourd du Rassemblement national handicapé par une série d'affaires judiciaires, a été réélu pour un troisième mandat, avec 51,33% des voix. 

Au Nord, Steeve Briois a été réélu à Hénin-Beaumont avec 78% des voix et Ludovic Pajot à Bruay-la-Buissière, à 81%. Parmi les nouveaux territoires conquis, le Rassemblement national a remporté dès le premier tour trois nouvelles villes de l'ancien bassin minier : Drocourt (3.000 habitants), Harnes (12.000 habitants) et Loison-sous-Lens (5.000 habitants). 

"S'implanter partout dans le bassin minier"

Parmi ses nouvelles conquêtes, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella est en bonne position dans plusieurs autres villes historiquement minières, dont Oignies et Courcelles-les-Lens, où il est arrivé en tête au premier tour. Sans oublier Liévin (30.000 habitants), l'une des deux grandes communes du bassin minier du Pas-de-Calais. "Ce sont nos fiefs, maintenant personne ne pourra le contester", a martelé Steeve Briois. "J'appelle donc les forces de gauche à être un peu plus humbles à notre égard", a-t-il dit. Et d'ajouter : "C'est une belle chose pour nous de pouvoir s'implanter partout dans le bassin minier". 

Le deuxième tour des municipales à Toulon verra un duel entre la députée RN Laure Lavalette, arrivée très largement en tête, et la maire sortante, Josée Massi, qui avait succédé en 2023 à Hubert Falco, démis de ses fonctions après 22 ans de règne. À Nîmes, le député européen Julien Sanchez (30,39%) est arrivé en tête avec 163 voix d'avance sur le candidat de gauche Vincent Bouget (30,05%), selon les chiffres communiqués par la préfecture. Le RN a ainsi battu le candidat Les Républicains Franck Proust, premier adjoint dans l'équipe sortante (19,55%). 

Les regards se tournent aussi vers Aurélien Lopez-Liguori à Agde ou Christophe Barthès à Carcassonne. Dans cette dernière ville, le candidat RN devance de près de 10 points une liste DVD et une liste d'union de la gauche. Le maire sortant , en position de se maintenir, s'est retiré. Sans oublier à Marseille où Franck Allisio est au coude-à-coude avec la gauche. 

Les métropoles, la dernière barrière ?

Ce premier tour des municipales a cependant confirmé certaines limites du vote RN. Sèchement battu à Calais, défait d'une courte tête à Lens, le mouvement a surtout de nouveau démontré ses faiblesses dans les plus grandes villes. A BordeauxToulouseMontpellierRennes et Strasbourg, le choix d'eurodéputés proches de Jordan Bardella pour franchir un palier s'est avéré perdant: aucun ne sera présent au second tour.


L'échec le plus retentissant étant sans conteste celui de Thierry Mariani à Paris, balayé avec à peine 1,5% des voix, siphonné par sa rivale Reconquête Sarah Knafo. Un fiasco dans les métropoles, qui n'est pas de meilleure augure à un an de la présidentielle, à laquelle Marine Le Pen pourrait ne pas concourir.

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