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Grève SNCF : Guillaume Pepy doit-il démissionner ?

REPLAY - Après les propos du ministre Alain Vidalies, la légitimité du patron de la SCNF est remise en question.

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Grève SNCF : Guillaume Pepy doit-il démissionner ? Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Bernard Poirette | Durée : | Date : La page de l'émission
Bernard Poirette
Bernard Poirette Journaliste RTL

On refait le monde avec :
- Clémentine Autain, directrice du trimestriel Regards
- Philippe Bailly, conseiller en communication
- Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro

Guillaume Pepy, le directeur de la SNCF s'est fait tirer les oreilles par Alain Vidalies, le secrétaire d'État aux transports. Notamment lorsque le ministère des transports a décidé de reprendre la main dans les négociations sur l'encadrement du temps des repos de la compagnie ferroviaire. Invité de RTL ce vendredi 3 juin, le secrétaire d'État aux transports s'est agacé : "C'est toujours le ministre qui porte la responsabilité. Et c'est bien normal, la SNCF est une entreprise publique, elle n'appartient ni aux syndicats, ni à la direction, elle appartient aux Français (...) ce n'est pas lui qui peut décider à la place des syndicats." Cela veut-il dire qu'il est temps pour Guillaume Pepy de démissionner ?

Pour Clémentine Autain, "le sujet pour le gouvernement aujourd'hui n'est pas la réforme interne de la SNCF, le problème c'est que dans le pays, il y a une contestation qui grandit, qu'évidemment la question des transports est un moyen de blocage important, et donc il s'agit d'éteindre l'incendie. Donc on a demandé à Guillaume Pepy, non pas de savoir si sa réforme est juste, mais d'éteindre l'incendie". Ce n'est pas vraiment flatteur pou le gouvernement, mais au moins, "cela rappelle que la SNCF reste une institution publique".

La survie de la SNCF remise en question

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Jean-Christophe Buisson le constate lui aussi, mais critique cette stratégie. Car sous prétexte d'éteindre l'incendie, "on continue de creuser le déficit qui est déjà de 50 milliards d'euros et on ne touche pas aux privilèges des cheminots". Des propos qui font bondir Clémentine Autain : "J'aimerais vous entendre utiliser ce même terme quand on parle des stock options et des retraites chapeau", interpelle-t-elle le directeur adjoint du Figaro qui répond : "Oui, mais ils sont plus nombreux les cheminots que les patrons". 

Et Clémentine Autain de rebondir : "Sauf qu'ils travaillent et qu'ils gagnent leur dû. C'est une grande différence. Dès qu'on a un statut un peu protégé aujourd'hui, on a un statut privilégié, tout simplement parce que tous les autres statuts sont cassés et donc on tire tout le monde vers le bas." Des arguments qui ne convainquent pas Jean-Christophe Buisson : "Si elle ne se réforme pas de manière structurelle, la SNCF va mourir. Ce sont les Allemands, les Italiens, les Anglais qui vont bénéficier de cette ouverture. Si vous préférez que tout le monde soit au chômage dans vingt ans, restons comme ça."

Une mauvaise gestion politique compensée avec des cadeaux

Pour Philippe Bailly, la situation de la démission de Guillaume Pepy ne se poserait pas, si le gouvernement agissait correctement. "On sait depuis un moment que le gouvernement est souvent un mauvais actionnaire", rappelle le conseiller en communication en prenant l'exemple des négociations de rapprochement entre Orange et les autres opérateurs téléphoniques. "Et là, je dirais qu'Alain Vidalies ajoute l'inélégance au fait d'être mauvais actionnaire. Ça veut dire simplement que le n'importe quoi se poursuit."

Et le n'importe quoi, c'est notamment la Loi El Khomri, qui a abouti à une situation intenable : "On a une réforme qui est extrêmement mal préparée, dans laquelle le gouvernement s'est enferré et a ouvert une brèche à Philippe Martinez pour remobiliser et remettre la CGT devant, moyennant quoi tout a été cédé ou à peu près - il reste l'article 2 auquel le gouvernement s'accroche comme une moule à son rocher - et là on a l'Euro qui s'approche, la contestation qui continue, les intempéries et le gouvernement qui cherche à déminer." 

Le problème, c'est que pour sortir de la situation,le gouvernement fait des cadeaux aux uns et aux autres. Depuis le début de la crise, François Hollande et ses ministres ont fait des promesses aux jeunes, aux enseignants, aux chercheurs, aux maires, aux cheminots... "Ça va coûter 4 milliards en 2016", préviens Philippe Bailly et "10 milliards en 2017", d'après Gilles Carrez, sénateur LR président de la commission des Finances. "On est en train de multiplier les cadeaux, au motif simplement qu'on a mal gouverné et mal fait de la politique en évaluant mal les forces, en allant se cogner face à la CGT et en essayant de gérer à la petite semaine."

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