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Gattaz demande à Parisot de se taire, elle le juge "misogyne"

L'ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est vue priée de se taire par son successeur, Pierre Gattaz. "Un superbe exemple de misogynie" selon elle.

Laurence Parisot, ex-patronne du Medef, ici le 24 avril 2013 à Paris.
Laurence Parisot, ex-patronne du Medef, ici le 24 avril 2013 à Paris. Crédit : AFP PHOTO PIERRE VERDY
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L'actuel président du Medef, Pierre Gattaz, a envoyé une lettre à Laurence Parisot, qui l'a précédé à cette fonction, pour lui demander d'observer "une obligation de réserve" dans les médias. Une incitation au silence qualifiée de "superbe exemple de misogynie" par l'intéressée.

"Que tous ceux et celles qui ont envie de lire la lettre la lisent, parce que c'est aussi, franchement, un superbe exemple de misogynie : 'Femmes, taisez-vous!'", a déclaré Laurence Parisot ce mercredi 7 mai sur RMC-BFMTV. Elle était interrogée sur la missive que lui a adressée lundi son successeur à la tête de l'organisation patronale et que Le Monde s'est procurée mardi soir.

Gattaz invoque une "obligation de réserve"

"Votre statut d'ancienne présidente du Medef et de présidente d'honneur, vous impose plus qu'à quiconque, et comme à vos prédécesseurs, une obligation de réserve dans votre commentaire sur l'action de notre institution", écrit Pierre Gattaz. L'actuel patron des patrons l'appelle à l'"unité patronale", se disant "choqué" de "certaines" des positions récentes de sa prédécesseure sur des sujets qu'il portait.

"C'est une façon stupéfiante et même choquante de réécrire l'histoire, c'est comme s'il souhaitait que, de Gattaz à Gattaz, il ne se soit jamais rien passé", s'est exclamée Laurence Parisot, en référence à Yvon Gattaz, père de Pierre, qui a également été président du CNPF (nom du Medef de l'époque) de 1981 à 1986.

Selon Parisot, Gattaz veut l'effacer de l'histoire

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"D'abord je n'ai pas reçu cette lettre, celle-ci a été adressée plus rapidement au Monde (...) que mise dans une boîte aux lettres et, ensuite quand on lit ce que reproduit Le Monde, on constate que mon successeur me demande de ne plus m'exprimer et surtout de ne plus faire état du fait que j'ai été présidente du Medef", a-t-elle dit. Elle fait référence à l'avant-dernier paragraphe de la lettre, l'enjoignant : "A tout le moins, il nous semble important que vous puissiez veiller, quand vous intervenez dans les médias, à ce que la mention 'ancienne présidente du Medef' ne soit pas mentionnée".

Plusieurs fois, notamment sur la question de la modération salariale et sur les intermittents du spectacle, Laurence Parisot s'est ouvertement opposée aux positions de l'exécutif du Medef.

"Je ne sais pas ce qu'il n'a pas apprécié puisque dans la lettre qui est reproduite, encore une fois dans Le Monde, il n'évoque pas de sujets précis ou particulier", a-t-elle observé. "Et si certains dans le patronat ne sont pas d'accord sur certaines positions que j'ai pu prendre, débattons-en", a-t-elle lancé.

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