3 min de lecture Présidentielle 2017

Front national : ces liens particuliers qu'il entretient avec le Liban

ÉCLAIRAGE - Marine Le Pen est en visite à Beyrouth pour deux jours pour asseoir sa stature internationale dans un pays avec lequel son parti a eu des relations étroites.

Marine Le Pen et le président libanais Michel Aoun à Beyrouth, le 20 février 2017
Marine Le Pen et le président libanais Michel Aoun à Beyrouth, le 20 février 2017 Crédit : Hussein Malla/AP/SIPA
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Après Emmanuel Macron, c'est au tour de Marine Le Pen de se rendre au Liban. La candidate à l'élection présidentielle y a rencontré ce lundi 20 février - pour la première fois - un chef d'État étranger, en l'occurrence le président Michel Aoun, seul président chrétien du Moyen-Orient, soutenu par le mouvement musulman chiite Hezbollah. 

Si la présidente du Front national s'est déplacée au Liban, c'est d'abord pour gagner en crédibilité à l'international. Il faut rappeler que Marine Le Pen n'a rencontré depuis 2011 et son arrivée à la tête du parti que deux dirigeants étrangers en exercice : le premier ministre égyptien en 2015, Ibrahim Mahlab, ainsi que le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski la même année. La présidente du Front national se frotte à la réticence de plusieurs chefs d'État ou de gouvernement européens, à l'image d'Angela Merkel, qui refuse de s'entretenir avec elle, ou encore de l'Espagnol Mariano Rajoy, qui prédit même une "catastrophe" si jamais Marine Le Pen arrivait au pouvoir. Lors de sa visite aux États-Unis en janvier dernier, elle n'avait pas non plus été reçue par l'administration Trump

Les ressortissants français prêts à voter Marine Le Pen ?

Sa visite au Liban est également une manière de retrouver un électorat qui lui est favorable. 9% des ressortissants français du pays avaient opté pour le vote frontiste en 2012, soit trois points de plus que la moyenne observée sur le vote des Français de l'étranger. Mais si Marine Le Pen a choisi le Liban, c'est aussi parce que le Front national y a tissé des liens, notamment lors de la guerre civile qui a frappé le pays entre 1975 et 1990.

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"Nous avons une tendresse particulière pour le Liban, et c’est réciproque, je pense", explique Jean-Marie Le Pen au Monde, évoquant des "parallélismes idéologiques et politiques" avec les chrétiens du pays. Plusieurs militants frontistes se sont engagés durant la guerre du Liban aux côtés des milices chrétiennes. C'est le cas notamment de Thibault de la Tocnaye, membre de la direction de campagne de Marine Le Pen et conseiller régional en PACA. Entre 1983 et 1984, il a participé à la bataille du Chouf, au cour de laquelle les milices chrétiennes et druzes se sont affrontées. 

Je crois qu’il n’y a pas de lien plus fort que le lien du sang versé et ensemble nous avons ce lien

Marine Le Pen
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"J’ai souvent entendu parler des malheurs du Liban, de ses tristesses, des moments difficiles de son histoire et des moments communs difficiles. Je crois qu’il n’y a pas de lien plus fort que le lien du sang versé et, ensemble, nous avons ce lien", a déclaré Marine Le Pen, en visite dans l'ancienne cité de Byblos. 

Pour des proches de la candidate, ce combat commun avec les chrétiens ne doit pas être oublié. Thierry Légier, longtemps au service de Jean-Marie Le Pen avant de devenir garde du corps de sa fille (aujourd'hui soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif d'assistant parlementaire, ndlr), raconte à France 24 que, dans les années 1980, il rêvait de "combattre avec les parachutistes au Liban", se sentant proche de la bataille menée des chrétiens phalangistes (une des principales formations politiques chrétiennes libanaises, ndlr), pour lequel certains de ses amis s'étaient engagés. 

L'actuel président a rencontré plusieurs fois Jean-Marie Le Pen

Les liens entre le pays et le FN se s'arrêtent pas là. Dans les années 1990, après la défaite des forces chrétiennes, le général Michel Aoun, qui était alors président du Conseil des ministres libanais, s'exile en France, où il restera 15 ans. Il y rencontrera Jean-Marie Le Pen à plusieurs reprises. 

Le trésorier du Front national et actuel président de son groupe au Conseil régional d’île-de-France, Walleyrand de Saint-Just, a été l'avocat de l'homme politique Samir Geagea, emprisonné pendant 10 ans au lendemain de la guerre civile. Aujourd'hui à la tête du parti des Forces libanaises, il rencontrera Marine Le Pen mardi 21 février.

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2017-02-21 06:54:00
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