3 min de lecture 14 juillet

14 juillet : des élus FN s'opposent à la présence de militaires algériens au défilé

Des élus du Front national sont en train de créer un collectif pour s'opposer à la présence de troupes algériennes aux célébrations de la fête nationale lundi 14 juillet.

La dernière répétition des militaires pour le défilé du 14 juillet.
La dernière répétition des militaires pour le défilé du 14 juillet. Crédit : RTL / Pierre Julien
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et AFP

Les créateurs du collectif "Non au défilé des troupes algériennes le 14 juillet 2014" dénoncent une présence "honteuse" et une "provocation indigne". Pour la première fois cette année, l'Algérie participera aux cérémonies du 14 juillet. Trois militaires algériens seront présents lors d'une animation initiale sur la place de la Concorde, mais "il n'y aura pas de défilé", précise-t-on au ministère de l'Intérieur. 

Un collectif est en cours de création, avec le député FN Gilbert Collard et le vice-président du parti, Louis Aliot, afin de s'opposer à cette présence de l'armée algérienne le 14 juillet, a-t-on appris vendredi 13 juin.

"80 autres pays ayant participé à la première guerre mondiale ont également été invités cette année par le président de la République", ajoute-t-on dans l'entourage du secrétaire d'État aux anciens combattants, Kader Arif.

Un problème politique et un problème moral

"Cette présence militaire honteuse sur le sol français est une provocation indigne et le signe d'un très grand mépris pour tous les morts, disparus ou suppliciés victimes de cette armée", déplorent dans un communiqué les deux responsables frontistes ainsi que Mohammed Bellebou, conseiller municipal FN de Perpignan et président d'une association "France Harkis".

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D'après eux, "la présence de l'armée nationale algérienne pose un problème politique et un problème moral grave". "Nous appelons donc à la création d'un collectif du +Non au défilé des troupes algériennes le 14 juillet 2014+ qui rassemblera des organisations patriotiques, d'anciens combattants, de harkis et de rapatriés afin d'organiser la contestation face à cette infamie !", écrivent-ils.

De son côté, le ministère de la Défense se "réjouit" de la participation de l'armée algérienne le 14 juillet. "C'est une preuve que nous sommes rentrés dans une phase pacifiée avec l'Algérie", y indique-t-on. Jean-Yves Le Drian, qui s'est rendu en Algérie le 20 mai, "s'est fait confirmer par les autorités algériennes leur volonté historique d'y participer", dit-on également.

Il ne faut pas mélanger les conflits, il ne s'agit pas de la guerre d'Algérie

Kader Arif
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Pour l'entourage de Kader Arif, on souligne qu'il est important de rappeler le contexte historique : "173.000 combattants qui habitaient l'Algérie sans distinction de confession sont venus combattre (pendant la guerre 14-18), 23.000 ont été tués (...) la France reconnaît le sacrifice de leurs pères et de leurs grands-pères". Par ailleurs, "il ne faut pas mélanger les conflits, il ne s'agit pas de la guerre d'Algérie", a-t-on ajouté.

Plusieurs mouvements harkis ont manifesté leur opposition à ce collectif. Pour Mohamed Otsmani, délégué de la liaison nationale des harkis pour la région PACA - l'association qui compte la plus grande communauté de harkis en France -, "c'est une grande fierté que les Algériens défilent le 14 juillet, pour la France et pour les harkis". "Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il (Gilbert Collard) fait, on est dans un souci d'apaisement entre la France et l'Algérie", a-t-il dit. Pour la présidente de l'association "Harkis et droits de l'Homme", Fatima Besnaci-Lancou, "les deux pays doivent travailler ensemble".

Depuis plusieurs mois, d'autres collectifs se créent pour protester contre cette invitation de militaires algériens. Bernard Coll secrétaire général de l'association "Jeune pieds noirs" a lancé le 6 juin le groupe "unité d'action le 14 juillet 2014" pour que "le chef d'État renonce à cette grotesque farce historique".

Pour Hervé Cuesta, le président national du collectif "non au 19 mars 1962", mouvement essentiellement composé de pieds noirs, "trois militaires c'est déjà trop, car il y aura leur drapeau". "Ces gens (les militaires algériens) présents au défilé sont des ennemis de la France". "On va essayer de s'organiser en un seul et même mouvement avant le 14 juillet", a-t-il poursuivi. 

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