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Finistère : ce maire continue d'exercer son métier et nous explique pourquoi

INTERVIEW - Maire d'une ville dans le Finistère, Yohann Nédélec continue d'exercer son métier de marin. "Je suis libre de faire, de penser et de dire les choses sans avoir les yeux rivés sur les prochaines élections", explique-t-il.

Yohann Nédélec, maire PS Le Relecq-Kerhuon (Finistère)
Yohann Nédélec, maire PS Le Relecq-Kerhuon (Finistère)
Marie-Pierre Haddad

L'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée a été synonyme de l'arrivée d'un "nouveau monde" en politique. Censé être ancré dans le réel et loin de toute politique politicienne, des nouveaux députés ont fait leur entrée à l'Assemblée nationale lors des élections législatives. 

Mais La République En Marche n'est pas le seul mouvement politique à revendiquer cette particularité. De plus en plus d'élus souhaitent mettre en avant leur action sur le terrain, loin du cliché du "cumulard". 

C'est notamment le cas de Yohann Nédélec, maire socialiste du Relecq-Kerhuon. Élu depuis 2008 dans sa ville, il a choisi de continuer à exercer son métier : marin. "Mon métier consiste à envoyer des passagers d'un point A à un point B, notamment vers l'Angleterre, l'Irlande et l'Espagne, à bord des ferry qui partent de France", explique-t-il à RTL.fr

Une "liberté" en dehors de la politique

Pourquoi ce choix ? Pour la "liberté, nous répond-t-il. C'est une vraie volonté de garder un métier. Vivre de la politique à 100% ce n'est pas mon ADN. Je pense que c'est dangereux : quand les électeurs ne votent plus pour des élus, ils se retrouvent dans une situation matérielle très compliquée parce qu'ils n'ont plus d'indemnités pour vivre". 

Les habitants veulent avoir des responsables politiques qui collent à la réalité

Yohann Nédélec, maire socialiste du Relecq-Kerhuon
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En travaillant tout en étant maire, Yohann Nédélec n'est donc "pas tributaire" de ses mandats pour vivre. "Je suis libre de faire, de penser et de dire les choses sans avoir les yeux rivés sur les prochaines élections", ajoute-t-il. Quand il est en mer, pas de réseau, pas d'appel, pas d'échange de SMS. "À bord, ma tâche, c'est le travail et pas la politique. Aux escales, je me trouve du temps pour pouvoir me connecter et lire mes mails et les SMS, et répondre s'il y a des urgences". 

Le maire de Relecq-Kerhuon revendique ainsi être en prise concrète avec la réalité : "Lorsque je suis sur mon bateau. J'ai des responsables hiérarchiques, ce n'est pas moi le chef. Je ne suis pas cadre. J'ai des horaires à respecter. On a tous des uniformes, donc on est tous ensemble. C'est important, parce que c'est la réalité. Des collègues de travail expriment des difficultés et on écoute. C'est la pulsation du quotidien. J'attache beaucoup d'importance à cette réalité là". 

Coupé de l'activité politique à bord

Comment articuler ces deux rôles ? "Volontairement j'aime bien couper quand je prends le large, indique Yohann Nédélec. Le jour de l’embarquement, je laisse, dans ma tête, mon costume d'élu local à terre. Quand j'embarque, je suis un marin. Si on ne vient pas m'en parler, je n'en parle pas. À bord, certains savent que je suis élu, d'autres ne le savent pas". Le maire explique s'être organisé avec son entreprise et partir pendant les périodes de vacances scolaires : "Tout est prévu à l'avance, je donne mes disponibilités trois mois à l'avance au service qui s'occupe de la planification. Au mois de juillet et août, ils ont carte blanche pour me faire naviguer comme ils le souhaitent. Puis, je fais une semaine pendant les fêtes de fin d'année".

L'envie d'être marin est "un rêve de gosse. À 14 ans, j'ai fait un voyage scolaire en Grande-Bretagne. Au retour, nous sommes un navire qui est beau, tout neuf. Et là, c'est un déclic et je me dis qu'un jour je travaillerais là", raconte le maire socialiste. Pour l'engagement politique, "un jour on se rend compte que l'association a ses limites et que les décisions se prennent à la mairie. Il y a une culture politique qui arrive toute seule ensuite".

Je pense que je peux mieux représenter les habitants parce que je travaille

Yohann Nédélec, maire socialiste du Relecq-Kerhuon

Et d'ajouter : "Autant il y a 20 ans, c'était un argument des équipes municipales de dire aux habitants qu'ils auront un maire à temps plein, retraité. Les temps ont changé, les habitants veulent avoir des responsables politiques qui collent à la réalité et qui éprouvent les mêmes difficultés au niveau professionnel. C'est mon choix. Je m'arrête très rarement mais c'est par passion et envie. C'est une richesse. Je pense que je peux mieux représenter les habitants parce que je travaille". 

Cette philosophie de travail doit aussi s'appliquer plus généralement au Parti socialiste : Yohann Nédélec estime qu'il faut "changer la façon de faire de la politique. Le Parti socialiste s'est encroûté sur des acquis en pensant qu'ils étaient surpuissants. Il faut tout remettre à plat".

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