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"En Corse, Emmanuel Macron a tenu un discours d'autorité", explique Alba Ventura

ÉDITO - Pour sa première visite sur l'île de Beauté, le Président Macron a affiché sa fermeté en rejetant mercredi 7 février plusieurs revendications des nationalistes, qui ont dénoncé une "occasion perdue".

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"En Corse, Emmanuel Macron a tenu un discours d'autorité", explique Alba Ventura Crédit Image : AFP / HAMILTON DE OLIVEIRA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Emmanuel Macron n'a pas concédé grand-chose aux nationalistes corses : pas de statut fiscal, pas de langue corse officielle, pas de rapprochement des prisonniers, et encore moins d'amnistie. En revanche, le chef de l'État a accédé à leur demande de reconnaissance du peuple corse dans la Constitution. 

C'est ce qu'on appelle un discours d'autorité, un discours républicain. Vous savez, Emmanuel Macron est venu en Corse faire une démonstration. Depuis des semaines, les nationalistes expliquent que, parce qu'ils ont été élus à la majorité absolue début décembre, la France doit changer ses règles pour s'adapter à eux, à leurs demandes. De leur point de vue c'est légitime. Mais du point de vue du Président, ça ne l'est pas.

Emmanuel Macron a très savamment orchestré sa visite pour dire que les revendications des nationalistes ne sont pas acceptables en l'état. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas dialoguer, que l'on ne peut pas négocier. Cela veut dire que l'on ne discute pas avec un pistolet sur la tempe

Pas une "occasion manquée"

Emmanuel Macron y est allé un peu fort. On verra à l'avenir si c'était trop fort. C'est vrai que choisir la date du vingtième anniversaire de la mort du préfet Erignac pour se rendre en Corse, être accompagné de Jean-Pierre Chevènement - l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin, que les nationalistes détestent - et expliquer devant la veuve Erignac que l'amnistie ne se plaide pas, je peux vous dire que les nationalistes n'ont pas eu besoin d'un dessin. Tout le monde a compris tout de suite.

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Les nationalistes parlent d'une "occasion manquée", et même d'une "humiliation". Mais ce n'est pas une occasion manquée, parce qu'il y a tout un volet sur le développement économique de l'île qui est crucial et que les nationalistes ont toujours revendiqué. Il faut rappeler que le chômage est élevé en Corse et que l'emploi public est fort.

Alors bien sûr les nationalistes ont le sentiment d'avoir perdu la main parce qu'ils ont considéré que leur élection leur donnait le pouvoir d'imposer un agenda au Président et d'imposer des revendications.

Pour Macron, la Corse c'est la France

Mais en venant en Corse, Emmanuel Macron a choisi l'opinion française contre les revendications. Ce qu'il est venu dire c'est 'la Corse fait partie de la République'. Vous vous souvenez, Raymond Barre avait dit : "Si les Corses veulent l'indépendance, qu’ils la prennent". Emmanuel Macron dit : "Les corses font partie de la République, que ça leur plaise ou non".  

Ca ne convaincra pas tout le monde en Corse. Et sans doute cela agacera une partie des électeurs nationalistes. Mais cela plaira sûrement à une large partie de Français qui considèrent que la Corse c'est la France.

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