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ÉDITO - "Mais qu’est-il allé faire dans cette galère ?" : pour Étienne Gernelle, Raphaël Glucksmann se piège en passant par la primaire socialiste

Raphaël Glucksmann est candidat à l’élection présidentielle mais passera par la primaire socialiste. Dans son analyse, Étienne Gernelle estime que ce choix est une erreur stratégique majeure, alors même que l’eurodéputé disposait déjà, selon lui, d’une légitimité politique à gauche après les européennes de 2024.

Raphaël Glucksmann, à Jonquières le 12 août 2026

Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP

Etienne Gernelle - édité par La rédaction numérique de RTL

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Raphaël Glucksmann est donc candidat à l’élection présidentielle. Mais qu’est-il allé faire dans cette galère socialiste ? Il avait déjà la légitimité pour aller à la présidentielle sans primaire. Il a obtenu 14% sur son nom lors des élections européennes de 2024, soit quatre points de plus que la liste LFI. Raphaël Glucksmann est déjà, et depuis très longtemps, testé dans les sondages présidentiels. Combien de candidats potentiels, et même déclarés, donneraient pour être testés dans les sondages ? Lui l’est déjà.

Et pourtant, il va se plonger dans ce marigot d’une primaire dont il est certes favori, mais qui est piégeuse. Il devrait retrouver en face de lui Olivier Faure, qui connaît toutes les ficelles et les attrapes des élections partisanes ; Jérôme Guedj, qui ne manque pas de talent et qui est positionné plus à gauche que lui ; Philippe Brun, qui voudra se faire un nom ; ou encore peut-être Ségolène Royal qui, elle, comme on sait, n’a peur de rien.

Une erreur déjà commise après les européennes

Il devait faire autrement. C’est le point essentiel. Il a déjà commis cette erreur qui consiste à être trop poli, trop respectueux. Et c’était précisément après les européennes. Il devance LFI, donc logiquement c’est lui le patron à gauche. Sauf que le soir de la dissolution, c’est Jean-Luc Mélenchon qui prend les choses en main. Et le NFP, le Nouveau Front populaire, s’articule autour de lui.

Cette absence affaiblit Raphaël Glucksmann, mais elle affaiblit aussi le courant de pensée qu’il représente, c’est-à-dire la social-démocratie laïque et pro-européenne. Une erreur, c’est une erreur. Mais la répétition de la même erreur, c’est assez embêtant. S’il donne l’impression de ne pas assez le vouloir, il lui sera très difficile de convaincre les autres. 

Le pari du Parti socialiste

On dit aussi qu’il avait besoin du Parti socialiste pour des raisons de financement de campagne et pour ses fameuses 500 signatures. Là encore, il se trompe. Emmanuel Macron a prouvé en 2017 qu’on pouvait y arriver sans le soutien initial d’un grand parti installé. C’est difficile, mais c’est possible. En Marche n’existait que depuis quelques mois quand il s’est déclaré.

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Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, est une petite organisation, certes, mais elle existe depuis 2018 et elle a déjà des élus. Sans compter que, évidemment, tout le monde l’a compris, le Parti socialiste aurait sans doute fini par le suivre. Bref, Raphaël Glucksmann doit apprendre à forcer le destin s’il veut être président. C’est Marcel Pagnol qui le disait le mieux : "Si vous voulez aller sur la mer sans aucun risque de chavirer, n’achetez pas un bateau, achetez une île."

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