- 02m58s
3 min de lecture
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 9 mars 2026
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Mettre RTL en favori sur Google
À huit mois de la présidentielle, la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’effacer une partie de la dette publique relance le débat économique et politique. L’annuler, la geler, la racheter : Jean-Luc Mélenchon a adouci son vocabulaire. En juin dernier, il était plus radical. "Où se trouvent les 18% de titres de dettes ? Dans les caisses de la banque centrale de chaque pays. Donc il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu, il n'y en a plus", déclarait-il.
L’idée reste la même : Jean-Luc Mélenchon veut effacer une partie de la dette qui, au global, s’élève, on le rappelle, à 3.540 milliards d’euros. Le candidat insoumis estime que, par un jeu d’écriture, il est possible d’enlever de l’ardoise 630 milliards. Cette somme, on le rappelle, est détenue par la Banque de France pour le compte de la Banque centrale européenne, les 18 % dont il parle. Objectif : desserrer l'étau, redonner une bouffée d’oxygène aux comptes publics.
Mathieu Pigasse, banquier et homme d’affaires, dit lui aussi que c’est possible. Alors effectivement, sur un plan purement technique, pourquoi pas ? Sauf que c’est risqué. La France fait partie de l’Union européenne et surtout de la zone euro. Vous savez, ce club de 21 membres qui a un cadre, des règles.
Gaulois ou pas, on voit mal comment on pourrait dire à nos partenaires que, d’un coup d’un seul, nous décidons, parce que ça nous arrange, de changer les règles du jeu. Sans parler des conséquences : inflation, hausse des taux d’intérêt, qui sont déjà très très hauts, et perte de crédibilité. Qui aurait envie, dans le futur, de prêter de l’argent à un mauvais payeur ?
Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que cette promesse fait bondir les autres candidats. On a pu le voir jeudi, à la rentrée du Medef, lors du débat entre candidats et patrons. Édouard Philippe, le candidat Horizons, a été le premier à dégainer. "Je pense que ce que vous venez de dire, M. Mélenchon, c'est extrêmement dangereux. Vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire. Je ne veux pas de ça", a-t-il déclaré.
Idem pour Gabriel Attal. "Si vous considérez, M. Mélenchon, qu'il suffit d'annuler la dette, pourquoi vous proposez en même temps d'augmenter les impôts ? C'est par pur sadisme ?", le questionne-t-il. Si c’était si simple, a renchéri Bruno Retailleau, pourquoi personne ne l’a fait avant ?
Marine Le Pen, elle, veut rétablir une discipline budgétaire, rembourser cette dette. À gauche, c’est plus délicat pour Raphaël Glucksmann, qui lui-même, en 2020, dans une tribune, plaidait pour l’annulation d’une partie de la dette. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le candidat à la primaire socialiste explique qu’il n’est plus sur la même ligne, car le contexte économique a changé.
En cette rentrée, le candidat insoumis oblige les autres candidats à se positionner sur le sujet. On l’a vu jeudi : impossible de ne pas réagir. Sa proposition est clivante, mais cela lui permet justement de se placer au centre du jeu. À 231 jours de la présidentielle, c’est toujours bon à prendre.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte