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Dissonance au RN sur la taxe des superprofits : une mesure de "justice sociale" pour Marine Le Pen, "pas la priorité" pour Jordan Bardella

Les bénéfices exceptionnels de TotalEnergies ont relancé le débat sur la taxation des superprofits, révélant une divergence au sein du Rassemblement national.

Jordan Bardella et Marine Le Pen à Châlons-en-Champagne, le 18 mars 2026

Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP

Juliette Vignaud

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Faut-il taxer les superprofits pétroliers ? Le débat est relancé après la révélation, mercredi 29 avril, des bénéfices en très forte hausse au premier trimestre de TotalEnergies en pleine guerre au Moyen-Orient, dopés par la flambée des prix des hydrocarbures. C'est la "plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières", s'est félicité le groupe français. 

Des résultats qui ont suscité un vif accueil à gauche. Plusieurs responsables politiques ont accusé le géant de "profiter de la guerre". Sur RTL ce jeudi matin, Olivier Faure a évoqué une "forme d'indécence". De l'autre côté de l'échiquier politique, les réactions sont plus nuancées, voire même contradictoires au sein du Rassemblement national (RN).

La cheffe de file des députés RN est claire : le parti à la flamme est favorable à la taxation des superprofits. Selon elle, il est "normal" qu'une entreprise qui fait des "bénéfices supplémentaires liés à une crise internationale ou à une conjoncture extraordinaire, comme c’est le cas actuellement avec la guerre en Iran [...] puisse contribuer à l'effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits qu'elle a réalisés". 

C'est une "mesure de justice sociale" qu'elle dit "défendre depuis des années", a-t-elle justifié sur X.

"Pourquoi pas", estime Bardella

Le président du Rassemblement national est pourtant plus modéré sur le sujet. Interrogé sur BFMTV, mercredi soir, Jordan Bardella a botté en touche, répondant un laconique "pourquoi pas". "Il ne faut rien s'interdire par principe", a-t-il dit, mais "je ne crois pas que la priorité, dans un pays qui a 46% de prélèvements obligatoires, soit encore une fois d'inventer des taxes et des impôts". "Je pense que ça peut se regarder, mais il ne faut pas que ça soit l'arbre qui cache la forêt."

"Ces grands groupes ne sont pas dans une entreprise philanthropique", a déclaré, de son côté, le député Rassemblement national Thomas Ménagé, sur franceinfo. "Il faut que ces actionnaires touchent des dividendes, mais il ne faut pas que ces dividendes soient disproportionnés au détriment des Français", nuance-t-il. Et d'ajouter que le RN saura "aller les chercher avec la taxation des superprofits". 

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