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Congrès du PS : "Le match de tennis, la gaufre et l'avion", analyse Élizabeth Martichoux

REPLAY / ÉDITO - La journaliste tire les leçons du congrès socialiste qui s'est tenu ce week-end à Poitiers.

Elisabeth Martichoux
Elisabeth Martichoux
Congrès du PS : "Le match de tennis, la gaufre et l'avion", analyse Élizabeth Martichoux
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Congrès du PS : "Le match de tennis, la gaufre et l'avion", analyse Élizabeth Martichoux
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Le congrès socialiste s'est achevé dimanche 7 juin par un discours sans passion de Jean-Christophe Cambadélis. Que reste-t-il de ce grand rassemblement ? Un résultat paradoxal. Ce congrès n'a pas franchement déchaîné les foules, et pourtant il pourrait rester dans l'histoire.

Il n'a pas passionné, parce qu'il n'y a pas eu de guerre homérique pour la direction du parti. Il n'y a pas eu de bataille idéologique spectaculaire. Certes, Arnaud Montebourg s'est invité via une tribune au bazooka contre le gouvernement. Cela prouve au moins une chose, c'est qu'il ne pense qu'à ça (à la politique). Certes, les "frondeurs" ont refusé de faire la photo de famille finale. Mais cela n'a rien à voir avec les déchirements traumatisants de certains congrès pas si anciens.

La maestria politique de Hollande

Tout était réglé depuis le vote qui a porté Cambadélis au poste de premier secrétaire et donné la majorité à la motion A. Savez-vous qui a déminé le terrain pour en arriver là ? François Hollande lui-même, avec un match de tennis et une gaufre.

Le congrès du PS s'est passé sans drame parce que le chef de l'État, en décembre dernier, est allé à Lille déjeuner avec Martine Aubry. Il s'est plié de bonne grâce au rituel de la gaufre du Nord (un peu étouffe-chrétien, mais elle fait renommée de la maison Meert). Martine Aubry en offre à tous ses visiteurs, y compris au président de la République. Le même jour, ils sont allés à Villeneuve d'Ascq voir ensemble la finale de la Coupe Davis.

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Quelques semaines plus tard, le Président a rendu l'invitation. Son ancienne rivale a déjeuné à l'Elysée avec un troisième convive : Jean-Marc Ayrault. Un déjeuner capital pendant lequel François Hollande a annoncé qu'un effort serait porté sur l'investissement.

Ce congrès montre une fois de plus que les partis sont à côté de la plaque

Élizabeth Martichoux

On a là un résumé de la maestria politique du Président. Considération accordée à la maire de Lille, coups de fil réguliers à l'ancien premier ministre, apéro avec les "frondeurs". Vous y ajoutez l'habileté de Cambadélis et ses lieutenants. On arrive à ce texte majoritaire qui réunit Valls et Aubry. Dimanche, les militants sont repartis soulagés en se disant : "Ouf, ça n'a pas été un jeu de massacre".

Le PS peut afficher une relative unité, mais on ne sent pas un formidable enthousiasme. Surtout pas d'enthousiasme populaire. Ce congrès montre une fois de plus que les partis sont à côté de la plaque. Trois jours, c'est beaucoup trop long. Un défilé de discours, comme chez Les Républicains il y a dix jours d'ailleurs.

À part Nicolas Sarkozy et Manuel Valls qui ont fait le plein devant leur public respectif, personne n'écoute personne dans ces congrès. D'ailleurs, la plupart du temps, la salle était à moitié vide à Poitiers. Cela dit, même s'ils dansaient nus sur une table, ça passerait inaperçu. On exagère, mais ces grand-messes ne sont plus attractives.

Valls, vainqueur à tous les coups

Ce sera malgré tout un congrès marquant, même si ce n'est pas évident aujourd'hui. On en prendra la mesure en 2017. Si les socialistes perdent la présidentielle, le parti risque bien d'exploser. Ce congrès de Poitiers aura été le dernier du genre. Les militants présents pourront dire : "J'y étais !".

S'ils gagnent (ce qui n'est pas le plus probable pour l'instant), il restera comme un tournant, comme l'acte fondateur du nouveau PS. Ce sera le congrès au cours duquel une majorité de socialistes a dit : "Oui, on assume la politique du redressement", celle du CICE, du pacte de compétitivité, de l'aide aux entreprises et de la réforme du dialogue social.

Le Premier ministre a été d'une prudence de sioux à Poitiers

Élizabeth Martichoux

Dans les deux cas, le vainqueur s'appelle Manuel Valls. Si le PS meurt, il sera le seul à pouvoir reprendre le leadership. S'il survit, il sera celui qui a inspiré la ligne de la victoire.

En attendant, il a été d'une prudence de sioux à Poitiers. Ni provocation, ni transgression dans le discours. Petite erreur d'appréciation tout de même, cet aller-retour entre Paris et Berlin. C'est de bonne guerre :  la droite en fait ses choux gras. Mais à Poitiers, certains militants socialistes aussi avaient du mal à digérer.

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