4 min de lecture Les Républicains

Comment Les Républicains retournent aux sources

ÉCLAIRAGE - Conscients de la nécessité de rebâtir leur parti, Les Républicains ont dévoilé, ce mardi 7 novembre, un rapport visant à refonder la droite et le centre. Un projet fondé sur le clivage droite-gauche.

Bernard Accoyer au siège des Républicains, le 5 juillet 2017
Bernard Accoyer au siège des Républicains, le 5 juillet 2017 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Non, Les Républicains ne sont pas morts. C'est le mot d'ordre répété par Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, ce mardi 7 novembre, lors de la présentation du rapport sur la refondation de la droite et du centre. Cette reconstruction des Républicains après une "double déflagration" électorale, comme le dit le secrétaire général, était cependant indispensable pour la survie du parti.

Depuis le siège du parti, rue de Vaugirard à Paris, Bernard Accoyer annonce que "pour l'année en cours, le nombre d'adhérents à jour de cotisations est de 145.000 personnes. Cela représente un retard de 24% par rapport à la même période l'année précédente. Ce n'est pas beaucoup, mais pour nous c'est déjà trop". "À l'évidence, nous avons ensemble commis un certain nombre d'erreurs depuis plusieurs décennies. La droite et le centre n'ont pas suffisamment été fidèles à leurs convictions, parfois même à nos engagements de campagnes", ajoute-t-il.

Des trentenaires pour refonder la droite

Pour mettre en place sa refondation, le parti a travaillé avec "des indépendants, trentenaires, des experts et des élus" pendant quatre mois (de juillet à novembre). Ainsi, ce sont 40.912 réponses reçues aux questionnaires envoyés aux militants et 450 contributions écrites qui ont été recensées. L'objectif "n'est pas de faire un programme mais une base et une boîte à outils dont les candidats à la présidence des Républicains pourront se saisir". Le secrétaire général des Républicains revendique la nécessité de "tout réinventer" au sein de son parti, à savoir "la gouvernance, la désignation des candidats aux élections, les investitures, l'ouverture aux sympathisants, la réorganisation totale du mouvement". 

Les Républicains reviennent à leur base en présentant une refondation de la droite mais aussi du centre. Selon Bernard Accoyer, "nos militants croient encore, dans leur grande majorité, au clivage droite-gauche. L'élection présidentielle de 2017 a mis fin à la schizophrénie dans laquelle le Parti socialiste s'était enferré et ce dernier a explosé au profit d'une recomposition de la gauche autour de deux courants clairement identifiés : celui de la France insoumise, également porté par Benoit Hamon, (...) et celui d'En Marche !". Le secrétaire général des Républicains ajoute qu'il est "probable que si Dominique Strauss-Kahn n'avait pas été empêché de se présenter à l'élection présidentielle de 2012, cette recomposition serait survenue cinq ans plus tôt". 

La droite au pouvoir doit ressembler à la droite en campagne

Damien Abad, député Les Républicains
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Le parti de droite fait aussi son introspection. Selon Bernard Accoyer, la droite de 2017 "s'est construite par rapport au discours de la gauche". Constat appuyé par le député Damien Abad, qui assure que "la droite ne reviendra pas par le consensus. L'avertissement se résume en une phrase : la droite au pouvoir doit ressembler à la droite en campagne. Il y a une déperdition de l'électorat de droite vers l'extrême droite et Emmanuel Macron. La droite doit retrouver ses marqueurs politiques. Ce n'est pas une 'non-gauche'". 

Primaire, culture française et racines chrétiennes

Le Figaro a dévoilé les pistes des Républicains pour mettre en place leur refondation. Ainsi, "la primaire ouverte est massivement rejetée par les militants. Deux critiques majeures sont faites à l'encontre de ce mode de désignation. Tout d'abord, la participation à la primaire de personnes qui n'étaient pas des sympathisants LR et qui ont pu contribuer à en fausser le résultat. Ensuite, une primaire mobilise une part des sympathisants qui ne correspond pas à l'ensemble de l'électorat considéré". 

Sur la "culture française", "les électeurs la valorisent. Cette approche moins restrictive que l'identité embrasse des valeurs telles que le patrimoine, l'histoire, au sein desquelles s'ajoute un fonds culturel catholique. Qui plus est, elle apparaît - tout du moins à leurs yeux - comme généralisante, non excluante et intégratrice", analyse Jean-Daniel Levy, sondeur pour le journal. Les militants estiment également que "cette identité doit être définie, sûrement au-delà des seules racines chrétiennes, mais en distinguant ce qui fait la singularité de l'Europe par rapport aux autres continents".

Les Bâtisseurs contre les Constructifs

D'après les divers "ateliers de la refondation" de LR, les militants continuent à croire au clivage droite-gauche, mais sous une autre forme. Il "se reconstituera probablement autour d'une fracture majeure qu'Emmanuel Macron a lui-même mise au grand jour, lorsqu'il a prononcé cette phrase : 'Il n'y a pas de culture française'. Il subsiste en effet une pensée de gauche qui nous porte d'abord vers l'universel (...) Pour autant, si le clivage droite-gauche n'est pas mort, il apparient à la droite française de se repenser et de se moderniser, car il y a beaucoup de raisons de penser que nous avons quitté un monde que nous ne retrouverons plus".

Damien Abad en profite pour glisser un tacle aux Constructifs : "Les Bâtisseurs ont plus d'avenir que les Constructifs à droite". Quant à la participation de Laurent Wauquiez à ces ateliers, Jean Spiri, adjoint au maire de Courbevoie qui a l'élaboration de ce rapport assure que le "final cut du rapport ne s'est fait qu'avec ceux qui ont participé au rapport". Nelly Garnier, la directrice des études, précise que "chacun des candidats a participé de près ou de loin à un atelier". Quant à Bernard Accoyer, il "pressent" qu'ils "vont se saisir du rapport".

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